CHAPITRE III
sent quelque sensation lumineuse. C’est là cette lumière idio-rétinienne dont il vient d’être parlé. Cette lumière joue un rôle dans la production de toutes les images consécutives que nous avons les yeux fermés. Tout excitant lumineux doit, sous peine de passer inaperçu, avoir une intensité assez forte pour ajouter à la lumière idio-rétinienne un accroissement perceptible de sensation. A mesure que croît l’excitant nous percevons une luminosité plus intense ; mais, nous l’avons vu page 21, la perception croît plus lentement que 1 excitation. Les dernières déterminations numériques faites par Kônig et Brodhun, s’appliquaient à six couleurs différentes ; elles allaient d’une intensité arbitrairement appelée 1 jusqu’à une autre 100.000 fois plus grande. De 2.000 jusqu’à 20.000 la loi de Weber restait exacte ; en deçà et au delà de ces nombres, la délicatesse de la sensibilité diminuait. L’accroissement relatif perceptible était le même pour toutes les couleurs, entre 1/100 et 2/100 de l’excitation, selon les tables. — Ces résultats diffèrent de ceux obtenus par des observateurs antérieurs.
Pour que nous puissons distinguer la Couleur d’un objet, il faut qu’il ait une certaine intensité lumineuse. « La nuit tous les chats sont gris ». Plus la lumière croit, plus les couleurs deviennent discernables; nous distinguons d’abord les bleus, et en dernier lieu les rouges et les jaunes. Au delà d’une certaine intensité toutes les couleurs redeviennent indistinctes et t^ournent au blanc. Quand la lumière atteint sa plus haute intensité supportable, elles se fondent en un blanc qui éblouit et aveugle. Naturellement on reparle ICI d un « mélange » de - la sensation de blanc avec la sensation de la couleur donnée : il n’y a pas mélange de deux sensations ; il n’y a que le remplacement d’une sensation par une autre grâce à un changement de processus nerveux.