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CHAPITRE IV

même pour le nerf auditif. Une secousse de l’air y détermine un courant allant au centre auditif du cerveau, dont l’excitation produit la sensation d un son sec. Si d’autres secousses, très espacées, suivent la première, le centre cérébral recouvre après chacune d’elles son équilibre, pour le perdre un instant après ; à chaque secousse, nous percevons une sensation distincte de son. Mais si les secousses se suivent trop rapidement, les dernières frappent le cerveau avant que l’effet des premières soit disparu. Dans le centre auditif, les processus se recouvrent, phénomène physiologique analogue au tétanos des muscles : à ces conditions nouvelles répond une nouvelle qualité de sensation, celle de hauteur. Cette dernière sensation est quelque chose d’entièrement nouveau, et non l’aspect subjectif de plusieurs sensations de sonorités sèches qui se composeraient. Ces sensations sont désormais impossibles, car leurs conditions physiologiques ont été remplacées par d’autres. S’il y a ici une « composition », elle se trouve donc dans les cellules cérébrales, antérieurement aux sensations dont le seuil n’est pas encore atteint. C’est ainsi que la lumière rouge et la lumière verte, frappant alternativement et très rapidement la rétine, excitent le processus central auquel correspond immédiatement la sensation de jaune : les sensations de rouge et de vert n’ont, dans ces conditions, aucune chance de naître. De même encore, si les muscles pouvaient sentir, une secousse isolée provoquerait une certaine espèce de sensation, mais la contraction tétanique ferait naître à coup sûr une sensation tout autre, dont on ne pourrait aucunement trouver l’équivalent dans une somme de sensations de contractions isolées. -

Consonance et dissonance. — Plusieurs notes résonnant ensemble peuvent nous procurer des sensations

l’ouïe

agréables, dites de consonance, ou des sensations désagréables, dites de dissonance. C’est avec son octave qu’une note est le plus consonante. Quand, avec l’octave, on fait entendre la « tierce » et la « quinte », par exemple : do, mi, sol, do, on a l’accord parfait, qui est le maximum de consonance. Les rapports des vibrations sont ici comme ceux de 4 : 5 : 6 : 8, de sorte qu’on pourrait penser que les rapports simples sont le fondement de l’harmonie; mais l’intervalle do-ré est dissonant, avec le rapport relativement simple 8 : 9. Helmholtz explique la dissonance par des « battements » simultanés des harmoniques, d’où résulte un grincement aigu et déplaisant. Si ces battements ne se produisent pas ou ^ont trop rapides pour être perceptibles, il y a, d’après Helmholtz, consonance, phénomène donc plutôt négatif que positif. Selon Wundt, au contraire, la consonance est positive et s’explique par la présence d’harmoniques identiques et intenses dans les notes qui s’harmonisent. Ni l’une ni l’autre de ces explications de l’harmonie musicale n’est pleinement satisfaisante ; mais le sujet est trop complexe pour être traité ici à fond.

Délicatesse de l’oreille. — La loi de Weber s’applique avec précision aux mesures de l’intensité des sons. Si , on fait tomber des billes d’ivoire ou de métal sur une plaque d’ébonite ou de fer, elles produisent des sons d’autant plus forts qu’elles sont plus lourdes ou tombent de plus haut. Ces mesures ont donné lieu à diverses expérimentations, entre autres celles de Merkel, qui notait ses résultats sur une échelle arbitraire allant de 20 à 5.000. Il a trouvé que pour toutes les intensités situées entre ces points extrêmes, le’ premier accroissement perceptible de la sensation correspondait à un accroissement de 3/10 de l’excitation. Cette fraction devait être augmentée au-dessous

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