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CHAPITRE V

nules formés de tissu conjonctif, dans lesquels ou autour desquels se terminent une ou plusieurs fibres nerveuses sensorielles. Il est probable qu’ils amplifient les impressions, à l’instar d’un grain de sable dans une chaussure, ou d’une mie de pain dans un doigt de gant.

Le toucher ou sens des pressions. — « La peau est le, siège de différentes espèces de sensations, celles du toucher proprement dit, et d’autres qui nous font percevoir soit la chaleur et le froid, soit la douleur; nous pouvons les localiser toutes avec plus ou moins de précision sur la surface du corps. L’intérieur de la bouche possède également ces trois sortes de sensibilité. Par le toucher proprement dit nous percevons les pressions ou tractions exercées sur la peau, avec leur force ; les qualités de dureté ou de mollesse, de rugosité ou de douceur des corps ; et enfin la forme de ces corps, quand leur surface ne dépasse pas celle de l’organe. Quand nous passons la main sur un objet pour connaître sa forme, il se produit une combinaison de sensations tactiles et de sensations musculaires : combinaison très fréquente d’ailleurs. De plus, il est difficile que nous touchions un objet sans éprouver une sensation de température : les pures sensations tactiles sont donc rares. Au point de vue de l’évolution, le toucher est probablement le premier sens nettement différencié, et actuellement il garde encore une situation toute privilégiée dans notre vie mentale (1). »

G est quand ils sont en contact direct avec notre toucher que les objets sont le plus importants pour nous. La principale fonction de nos yeux et de nos oreilles est de nous préparer au contact des corps qui s approchent de nous, ou de nous le faire éviter.

(1) Martin, op. cil.

LE TOUCHER

Cette propriété caractéristique leur a valu le nom d’organes du toucher anticipateur.

« La délicatesse du sens tactile varie avec les différentes parties de la peau ; elle est plus grande sur le front, les tempes et sur le dessus de l’avant-bras, où nous pouvons sentir une pression de' deux milligrammes sur une surface de 9 millimètres carrés.

« Pour que le toucher soit excité, il faut que deux surfaces voisines de la peau aient à supporter des pressions différentes. Si, par exemple, on plonge la main dans un liquide comme le mercure, qui s’adapte à toutes les inégalités de la peau et qui exerce une pression pratiquement égale sur toutes les parties voisines immergées, la sensation de pression n’existe qu’à la limite d’immersion.

Les localisations tactiles. — « Quand nous fermons les yeux et qu’on touche un point de notre corps, nous pouvons situer l’excitation avec une certaine exactitude. Malgré leur similitude générale, les sensations tactiles ne se distinguent donc pas que par leur plus ou moins grande intensité ; elles portent encore en elles certain caractère subconscient et obscur, analogue aux harmoniques qui déterminent le timbre d’un son, et qui est comme leur timbre tactile et permet de les identifier. La précision des localisations varie beaucoup avec les différentes régions cutanées : on la mesure en déterminant (par exemple, avec les pointes mousses d’un compas) la distance minimum nécessaire entre deux objets pour qu’ils soient perçus comme deux. Le tableau suivant donne quelques-unes des différences observées :

Bout de la langue .

Intérieur de la dernière phalange du doigt

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