CHAPITRE V
Talon . 22,0”“
Dos de la main .* . 30,8
Avant-bras ... ; . 39,6
Sternum . 44,0
Nuque . . . . . 52,8
Milieu du dos . 66,0
« La sensibilité localisatrice d’un membre est un peu plus grande en travers de son grand axe que dans le sens de cet axe, et plus fine si la pression est juste suffisante pour causer une sensation tactile distincte que si elle est plus forte. Elle s’affine d’ailleurs rapidement par l’exercice. » Il semble que plus un organe est mobile, plus est naturellement délicat le pouvoir localisateur de la peau qui le revêt.
« On pourrait croire que cette faculté de localiser dépend directement de la distribution des nerfs, et imaginer l’hypothèse suivante : chaque nerf tactile atteindrait, par l’une de ses extrémités, à un centre cérébral spécial (la sensation qui suit l’excitation de ce centre ayant son signe local caractéristique) et, par l’autre extrémité, à une aire déterminée de la peau. Plus cette aire serait grande, plus les deux pointes du compas pourraient être éloignées tout en continuant à ne donner qu’une seule sensation. Mais, s’il en était ainsi, les aires tactiles (déterminées chacune par la distribution d’une fibre nerveuse) devraient avoir des limites définies et invariables ; or, l’expérience montre qu’elles n’en possèdent pas. Supposons que chacun des petits polygones de la figure 25 représente une aire périphérique de distribution nerveuse. Si deux
LE TOUCHER
points quelconques de c sont touchés, nous ne percevrions, d’après l’hypothèse, qu’une seule sensation ; mais si, les pointes du compas étant également distantes ou même plus rapprochées, l’une reposait sur c et l’autre sur un polygone contigu, deux fibres seraient excitées et nous devrions alors avoir deux sensations. Mais il n’en est pas ainsi ; car sur une même région de la peau les pointes doivent être toujours à la même distance, quelle que soit la manière dont elles sont placées, pour que l’on sente deux sensations distinctes.
« Il est probable que les aires nerveuses sont beaucoup plus petites que les aires tactiles, et que deux aires nerveuses excitées doivent, pour donner naissance à deux sensations, être séparées par plusieurs aires non excitées. Si, par exemple, il faut 12 aires nerveuses non excitées entre les deux aires excitées, a et 6 dans la figure 25 seront alors juste sur les limites d’une seule aire tactile, et tant qu’il n’y aura entre eux que onze aires non excitées ou moins de onze, nous n’éprouverons qu’une seule sensation, quelles que soient les positions que l’on donne aux pointes. Nous pouvons expliquer ainsi ce fait que les aires tactiles n’ont pas de limites fixes dans la peau, quoique la distribution nerveuse dans chaque partie soit sans doute constante. Nous voyons aussi pourquoi le dos d’un couteau placé sur la peau produit une sensation linéaire continue, bien qu’il touche un grand nombre d’aires nerveuses distinctes. Si nous pouvions distinguer les excitations d’une aire de celles des aires voisines, nous aurions la sensation d’une série de points, un pour chaque aire nerveuse excitée. Mais, ■ grâce à l’absence d’aires nerveuses non excitées, les sensations se fondent en une seule.
Le sens de la température. Ses organes terminaux.
« C’est lui qui nous donne les sensations de chaud
et de froid et qui nous fait percevoir, à l’aide de ces sen-