‹ Précis de psychologieChapitre 83 sur 348 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

l’écorce et les portions supérieures et inférieures de la rétine. Si nos deux lobes occipitaux étaient détruits, nous devrions avoir une double héniiopie, autrement

Fig. 45. — Schéma du mécanisme de la vision, d’après Seguin. — Une lésion du lobe occipital droit en Cu (cuneus) paralyse tous les organes nerveux qui s’y rapportent (= parties ombrées de la figure). — FO, fibres optiques intra-hémisphériques ; POC, région des centres optiques inférieurs (corps géniculés et tubercules quadrijumeaux); TOD, nerf optique droit; C, chiasma ; FLD, fibres allant à la moitié temporale T de la rétine droite ; FCS, fibres allant à la moitié nasale A^de la rétine gauche ; OD, œil droit ; OS, œil gauche. — Les deux yeux sont donc aveugles pour la moitié droite de leurs champs visuels respectifs RNF et LTF, par suite de la lésion siégeant en Ca.

LES FONCTIONS DU CERVEAU

dit une cécité complète. Dans la cécité hémiopique de l’homme, l’insensibilité à la lumière dans une moitié du champ visuel n’exclut pas la conservation des images mentales des objets vus. Il y a tout lieu de croire que dans l’hémiopie double il y a disparition, non seulement de la sensation de lumière, mais encore de toute image et de tout souvenir d’ordre visuel. Le malade perd ses « idées » visuelles, ce qui ne peut avoir lieu que dans le cas de « cécité corticale». La destruction des rétines, ou des nerfs optiques en un point quelconque de leur trajet entre l’écorce et les yeux, abolit la sensibilité rétinienne, mais laisse intacte la faculté d’imagination visuelle.

Cécité mentale. — Un des plus intéressants effets des désordres corticaux est la cécité mentale. Ce n’est pas tant une insensibilité aux impressions optiques que V inaptitude à les comprendre. Psychologiquement, on peut l’interpréter comme la perle des associations entre les sensations optiques et les objets qu’elles signifient; et toute solution de continuité dans les voies qui relient les centres visuels aux centres des autres idées paraît devoir la provoquer. Ainsi, des lettres et des mots imprimés représentent, à la fois certains sons et certains mouvements d’articulation. Mais si l’union est brisée entre les centres d’articulation ou d’audition et les centres de vision, il faut a priori nous attendre à ce que la vue des mots ne parvienne plus à éveiller l’idée de leur son, ou l’idée du mouvement à faire pour les prononcer. Nous devons, en un mot, avoir l'alexie, c’est-à-dire l’incapacité de lire, et c’est précisément la complication qui suit souvent V aphasie, quand s’élargit la lésion des régions fronto-temporales.

Il arrive souvent que, n’ayant pu reconnaître un objet par la vue, le malade le reconnaisse et le nomme aussitôt qu’il l’a touché de sa main. Nous voyons ici.

Page 1