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CHAPITRE VIII

centres nerveux, mais doivent préalablement éveiller les images auditives auxquelles est dévolu le rôle d’excitants immédiats de l’articulation. Et lorsque ces excitants ne peuvent plus agir, à cause de la destruction de leur canal ordinaire dans le lobe temporal gauche, l’articulation ne peut qu en souffrir. Dans les cas, très rares, où ce canal est supprimé sans que la parole en souffre, nous devons supposer qu il y a idiosyncrasie : le malade innerve sans doute alors ses organes par le centre droit correspondant, ou encore par les centres de la vision et du toucher, sans 1 intermédiaire des centres auditifs. C’est en analysant minutieusement de semblables particularités individuelles que Charcot a pu porter quelque lumière en ces questions.

Tout objet susceptible de recevoir un nom possède un grand nombre de propriétés, qualités ou aspects ; dans notre esprit, ces propriétés et ce nom s’associent et forment un groupe d’états de conscience. Supposez, maintenant, que les diverses propriétés intéressent autant de régions diverses du cerveau, qu’en outre l’audition du nom en intéresse une autre, et sa prononciation une autre encore : en vertu de la loi d’association (que nous étudierons plus loin) il doit fatalement se produire entre ces différentes régions cérébrales une telle connexion, que l’activité de l’une ou de l’autre d’entre elles doive être capable d’éveiller l’activité de toutes les autres Lorsque la parole accompagne la pensée, l’articulation des mots est le dernier en date des processus engagés. Que donc le centre cérébral de ce processus soit endommagé, et la parole deviendra impossible ou incohérente, malgré l’intégrité de tous les autres centres ses collaborateurs : c’est justement ce qui arrive, comme nous l’avons vu à la page 138, quand est lésée la circonvolution de Broca. Dautre part, les

LES FONCTIONS DU CERVEAU

processus conscientiels qui précèdent l’articulation des mots peuvent s’associer selon des ordres divers. L’ordre ordinaire, ainsi que nous l’avons dit, est le suivant : d’abord les images visuelles, tactiles ou autres des propriétés des choses auxquelles on pense, puis l’image auditive du nom de ces choses, puis enfin la prononciation de ce nom. Mais supposez un ordre différent et également constant ; supposez.

par exemple, que les images visuelles précèdent immédiatement l’articulation du nom : alors la perte du centre auditif n’entraînera plus pour autant la perte de la faculté de parler ou de lire. Le malade aura bien de la surdité verbale, c’est-à-dire qu’il ne pourra plus comprendre les paroles qu’il entendra ; mais il ne sera pas atteint d’aphasie. Cette explication est applicable aux sept cas de surdité verbale sans aphasie motrice qui figurent dans le tableau du docteur Starr.

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