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CHAPITRE VIII

caractères des fonctions cérébrales ; leur importance générale et le rôle qu’ils jouent dans la production de

ments ? Et de quel droit localiser ces images dans les sortes de greniers annexes que seraient les centres mémoriels par rapport aux centres vraiments sensoriels et moteurs ? Thaï is îhe queslim. -- Et tout de suite une question préjudicielle se pose : qu’est-ce qu’une image? Cette question ne se pose pas évidemment pour le psychologue, auquel l’introspection, mais l’introspection seule, donne la sensation, puis le souvenir de la sensation ou image (l’image n’est, en effet, qu’une sensation revenant sans son excitant externe), puis enfin les fonctions intellectuelles, compréhension, etc., qui utilisent les sensations et les images comme malériaux de la pensée. Mais le physiologiste doit ignorer l’introspection en physiologie : tant doric qu’il n’aura pas déterminé l’équivalent physiologique de l’image, il n’aura pas le droit d’en parler, ni surtout de la localiser. Il ne saurait introduire cet ingrédient psychologique en physiologie. La localisation physiologique de l’image psychologique ne peut être qu’un faux problème, menant nécessairement à de fausses solutions. On ne saurait localiser physiologiquement que des phénomènes physiologiques. — Aussi longtemps donc qu’on n’aura pas déterminé l’équivalent physiologique de l’image, la physiologie de la mémoire se réduira à cette simple phrase : « Il y a des conditions cérébrales indéterminées pour toute conscience de souvenir. » C’est peu.

3) Cela n’empêchera pas la psychologie de la mémoire de continuer à exister et à progresser. Elle se fera toujours avec des images (avec quoi se ferait-elle?), avec des images qui n’ont pas besoin d’être localisées pour exister, et pour être traitées selon des méthodes et des principes exclusivement psychologiques. C’est ainsi, en particulier, que la psychologie du langage restera toujours indépendante de la physiologie du langage, et qu’elle aura toujours le droit et le devoir de se faire avec les images verbales. W. James a tout à fait raison de le remarquer ; ce sont les découvertes de la psychologie du langage que les physiologistes ont introduites et utilisées dans leurs laboratoires. Et il n’y aurait pas autrement à s’émouvoir si « le plus brillant joyau de la physiologie moderne », la doctrine des aphasies, était un joyau mal serti, précisément parce qu’il serait un joyau dérobé.

LES FONCTIONS DU CERVEAU

tous nos phénomènes psychiques leur méritent un chapitre spécial.

4) Ce serait donc une grosse erreur de penser que la psychologie de W. James pourrait être compromise par l’honneur qu’il fait à la doctrine classique des localisations de la citer. Quelle autre eût-il bien pu citer alors ? Et à quelle autre eût-il pu demander les illustrations physiologiques de son postulat du conditionnement de la conscience par l’activité cérébrale ? Mais pour le psychologue, ces sortes d’illustrations physiologiques ne seront jamais que des illustrations, et n’auront jamais qu’une valeur pédagogique. Combien W. James a raison de nous en avertir en ce chapitre même (P 134), et de nous dire qu’il leur accorde un rôle d’utilité, mais non pas un rôle de vérité. Lui qui remarque ici avec détachement le parallélisme curieux de l’analyse des fonctions cérébrales par les physiologistes et de l’analyse des fonctions mentales par les associationnistes, ne saurait s’étonner outre mesure des mésaventures qui peuvent survenir à ce parallélisme manié par des mains inexpertes. L’associationnisme, i l’a remarqué cent fois, a l’hahitude de traiter les états de conscience comme des choses ; qu’y aurait-il de surprenant a ce que les physiologistes, qui ont reçu de lui les do^n^ psychologiques du langage, les aient traitées selon une “etho Lalogue, qu’ils aient matérialisé à même les images, manie les schémas comme des choses, et plus malheureusemen encore comme des choses physiologiques, et que leu ^

« centres « enfin ne soient que des schémas psychologiques imprudemment réalisés '?

5) La« théorie nouvelle » et la « théorie classique » peuve donc vider librement leur querelle dans le champ clos de a Dhvsiologie ; que l’une ou l’autre triomphe, ou meme qu une Smf survienne et triomphe des deux, cela ne saurai intéresser directement la psychologie. Il ne saurait y avo.r que des doctrines physiologiques à succomber dans ces rencontres. Et si quelque psychologie devait en souffrir par con tre coup, ce seraff peut-être celle de l’associationnisme : a coup sûr, ce ne serait pas celle de W. James. Celle-ci, au con ■traffe v^rra toujours sortir fortifié de ces discussions son

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