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CHAPITRE IX

réactions. (Voyez la figure 49, où la première flèche indique finterruption de cette ligne par le signal, et la seconde flèche sa reprise par la réaction.)

On se sert très souvent ici du chronoscope de Hipp; les aiguilles placées à zéro, se mettent en mouvement par déclanchement électrique au signal, et s’arrêtent à la réaction ; il n’y a plus alors qu à lire sur le cadran la durée du mouvement mesurée à un millième de seconde près.

Réactions simples. — On a trouvé que les temps de réaction diffèrent pour un même sujet selon la direction qu’il donne à son attention pendant la période d’attente. Ils sont plus longs quand il pense aussi peu que possible au mouvement qu’il va faire, et autant que possible au signal qu’il va recevoir ; ils sont au contraire plus courts quand son esprit bandé se concentre exclusivement sur le mouvement. Lange, qui le premier remarqua ce fait lorsqu’il travaillait dans le laboratoire de Wundt, trouva pour son propre temps de réaction « musculaire » une moyenne de Ô"123, et une moyenne de 0"230 pour son temps de réaction « sensorielle ». Naturellement, si l’on veut établir des comparaisons précises, il faut toujours expérimenter sur des «réactions musculaires»; on aura chance ainsi de réduire les temps, et de les trouver plus constants ; en général ils oscillent entre un et deux dixièmes de seconde. En ces conditions, la réaction m’apparaît essentiellement comme un acte réflexe. Le sujet qui, sans songer au signal, prépare ses muscles au mouvement, entretient dans ses voies de décharge une excitation à peine moins énergique que la décharge elle-même. En d’autres termes, il crée dans ses centres un « arc réflexe » provisoire, que le courant afférent pourra parcourir avec le maximum d’instantanéité. Au contraire, quand l’attention expectante est tout entière concentrée sur le signal, l’exci-

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talion des nerfs moteurs attend, pour commencer à se produire, que ce signal ait été perçu, ce qui ne peut qu’allonger le temps de réaction. Avec la méthode « musculaire », la réaction part comme un coup de feu dans un fusil à double détente ; elle part même parfois sur un faux signal, surtout s’il est de même espèce que le signal attendu ; le signal n’est que l’étincelle qui enflamme une traînée de poudre toute prête. En tout ceci pas l’ombre de pensée ; la main part automatiquement.

Ces expériences ne sont donc en aucun sens des mesures de la rapidité de la pensée. Il faut les compliquer pour avoir chance d’y introduire un semblant d’opération intellectuelle. Il y a bien des façons de les compliquer : on peut suspendre et retarder la réaction jusqu’à ce que le signal éveille une idée distincte dans la conscience (temps de discrimination et temps d’association de Wundt) ; ou l’on peut se servir d’un certain nombre de signaux demandant chacun une réponse musculaire différente, en faisant en sorte que le sujet ignore quel signal on va lui donner. La réaction alors semble bien devoir être précédée d’un jugement de reconnaissance et d’un choix. Mais même alors reconnaissance et choix sont extrêmement loin des opérations intellectuelles que nous expérimentons et désignons d’ordinaire sous ces noms. Toujours est-il que le temps de réaction simple reste à la base de toutes ces complications surajoutées; et ce sont ses propres variations qu’il nous faut maintenant passer rapidement en revue.

Le temps de réaction simple varie selon les individus et avec Vâge. 11 dure longtemps chez les enfants (une demi-seconde, selon Herzen) ; de même chez les vieillards et les personnes sans culture (presque une seconde chez un vieux pauvre observé par Exner). V exercice l’abrège et le fait descendre jusqu’à un

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