‹ Précis de sociologieChapitre 13 sur 49 · IM · texte numérisé non relu

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économique, le travail et le capital à eux seuls n'en produisent pas non plus.

On semble aussi de nos jours tendre à réduire de plus en plus la part d'importance des agents naturels ; on va même jusqu'à caractériser notre développement économique par ce fait que non seulement l'homme devient de plus en plus maître des forces de la nature en ce sens qu'il les dirige dans une mesure croissante, mais qu'à la différence d'autrefois, ce n'est plus la nature qui domine l'homme mais l'homme qui s'est asservi la nature. Il faut mitiger ce point de vue trop absolu : l'homme n'utilise les forces naturelles qu'en reconnaissant leurs lois et en y obéissant. Ensuite, la part d'intervention des forces naturelles en économie ne fait que croître. Un cheval- vapeur calculé à 75 kilog. représente une force supérieure à celle d'un cheval : celle ci représente sept fois celle d'un homme ; un cheval-vapeur vaut donc environ dix fois la force humaine. Celle-ci en tant qu'appliquée au fonctionnement extérieur est discontinue, tant que le fonctionnement du cheval-vapeur peut être relativement continu. Donc le travail d'un cheval-vapeur, dans une machine à feu continu, peut représenter une force vingt à vingt-cinq fois supérieure à celle d'un homme ne travaillant que huit à dix heures par jour.

Toute production dérivant, dans n'importe quel stade social, des forces naturelles, du travail et des forces naturelles combinées, une théorie scientifique de la valeur ne peut doDC dans aucun régime même communiste faire abstraction des forces naturelles ; le communisme est au contraire déjà une espèce de solution du problème de Tattribution et de l'évaluation de ces forces.

Il faut ajouter que tous les facteurs de la production sont originaires y compris le capital lequel, môme là où il n'y a pas de réserves économiques proprement dites en vue de la reproduction, est représenté par les forces i)hysiologiques héritées et acquises et les outils que sont les os, les muscles et les nerfs de notre organisme.

De môme les inégalités sociales et par conséquent aussi les inégalités économiques sont originaires ; il n'y a pas eu, à un certain moment, de cataclysme détruisant une prétendue égalité primitive et naturelle, les inégalités subséquentes

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ont été un développement des inégalités antécédentes. i>e même, si nous progressons, ce n'est pas d'un cataclysme brusque produit par l'excès des inégalités croissantes que surgira l'égalité finale.

Tant que le travail social continuera à se différencier, tant que ses diverses parties continueront à se développer en se coordonnant entre elles, aussi longtemps les inégalités sociales, contre lesquelles la lutte est éternelle, tendront à s'atténuer et nous progresserons. Dans le cas contraire, il y aura regrès de notre civilisation avec une reprise éventuelle comnae antérieurement de sa marche ascendante avec les même matériaux, mais dans une combinaison nouvelle ou, plus exactement, en partie nouvelle, vu que le nombre et la nature des combinaisons sociales possibles, bien que considérables, sont cependant limités.

Il n'y à pas de liberté économique individuelle absolue, la liberté économique, comme toutes les autres libertés, n'est jamais que sociale. La liberté croît parallèlement à la solidarité et celle-ci en proportion de la différenciation qui impose la solidarité. Plus l'organisation économique et sociale est parfaite, plus la liberté individuo-sociale, même économique, est assurée. L'organisme le plus libre est celui qui est le plus apte à correspondre avec le plus grand nombre.de circonstances, l'organisme le mieux organisé ; de même la société la mieux organisée est aussi la plus libre. En Economie, la division et la coordination progressives des travaux accroissent la productivité des facteurs combinés de la production ; dès lors, elles permettent de consacrer une part de chaque vie individuelle d'abord aux exigences professionnelles les plus fondamentales et puis une autre de plus en plus importante à la culture générale ou à d'autres spécialités. C'est dans cette différenciation de l'utilisation de nos forces que réside notre liberté.

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