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FORMATION DBS CLASSES ET HIÉRARCHIE D'AUTORITÉ

mains de la classe moyenne, il faut olTrif des équivalents •pouvant se réduire en travail humaia. Par ce système ia classe moyenne acquiert, elle aussi, sa part de la puissance publique dans l'État. En exerçant cette puissance, elle parti* cipe à Tautorité dans l'État. En augmentant cette même puissance, qui est un résultat du travail, de Tactivité, de l'esprit d'invention, de la spéculation et de réconomie, la classe moyenne peut deyenir un facteur décisif de la vie publique dans l'État.

Il est un point trop évident pour que nous ayons besoin de le signaler : ce n'est que dans l'État que la possession de biens matériels peut devenir une source de puissance^ car en dehors de l'État ou en temps d'anarchie, ces biens, en vertu du droit du plus fort, appartiennent bientôt à la force physique prédominante; ils n'ont donc pas de vertu créatrice de pouvoir. Ce n'est que dans l'Etat que la puissance économique pure et simple, comme nous pouvons la nommer brièvement, s'est fait reconnaître et est arrivée à posséder sa part d'autorité.

Représentons-nous en détail la façon dont la classe moyenne exerce son autorité. Qui est-ce qui rend ces ser-* vices, qui effectue ces travaux auxquels en fin de compte se réduit fatalement toute autorité? Ce n'est point la classe des maîtres ou seigneurs, la classe gouvernante. Il faut, en dernier ressort, que ces services soient rendus, quti ces travaux soient eiïectués — ou par le peuple gouverné... ou par des salariés qu'on a lait venir dailleurs. — Mais que fournit la classe gouvernante en échange des biens qui lui sont abandonnés par la classe moyenne? Elle fournit... ou des trésors du sol, de ce sol dont elle -est suzeraine, ainsi qu'elle est suzeraine des produits de la faune, la faune étant bien seigneurial,... ou encore des productions économiques créées par le travail forcé du peuple asservi; enfin elle impose au bas peuple toutes sortes de prestations en faveur de la classe moyenne : elle acccorde, par exemple, à celle-ci le droit exclusif de faire le commerce des objets nécessaires pour la satisfaction des besoins généraux, le droit exclusif de tenir des marchés^ etc. Donc, puisque la classe des sei-

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gneurs est obligée de consentir à ces compensations et que ses membres peuvent, en verlu de la loi et du droit, se trouver astreints à des espèces de sujétions vis-à-vis de la classe moyenne, on est autorisé à dire que cette classe moyenne n'est pas sans pouvoir sur la classe des seigneurs, bien que celle-ci, jusqu'à un certain point du développement de rÉtat, possède un grand nombre de privilèges et par suite beaucoup de pouvoir sur l'autre.

Mais la puissance et l'autorité de ces deux classes se réduisent finalement aux prestations en travail fournies par le peuple gouverné. C'est celui-ci qui, ne serait-ce qu'en raison du nombre de ses membres, représente la plus grande somme de forces humaines dans TEtat; il forme donc le grand rc^scrvoir de force, à l'aide duquel s'alimente tout l'appareil de l'État, — dans lequel sont puisées ces sommes de services humains qui sont nécessaires aux classes supérieures pour exercer la puissance, pour réaliser la dominatim* En d'autres termes, ce sont les classes inférieures, tes plus nombreuses du reste,... qui dans l'Etat supportent toutes les charges nécessaires pour lu pratique de l'autorité.

Nous examinerons plus loin si ces charges augmentent avec le nombre des classes qui apparaissent successivement, de plus en plus nombreuses, tandis que l^Ëtat poursuit son développement; mais il nous fant auparavant finir d'examiner les progrès de cette formation de classes.

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