GG
T E C II N l O U E A 1» J’ L I (J U E E
Les coupes reçues sur le rasoir sec sont portées sur une feuille de papier. On choisit les meilleures et on les met dans Feau où elles se gonflent et deviennent plus épaisses. On les colore au picro-carminate et on les monte dans la glycérine formiquée à 1 p. 100. Le tissu musculaire est rouge sang, le tissu connectif rose et les libres élastiques sont d’un jaune vif.
Dans les coupes d'organes on distinguera les artères de petit calibre des veines de même dimension, aux caractères suivants : les artères ont leurs tuniques musculaire et connective bien nettement distinctes Lune de l'autre et ne se confondant pas; de plus elles possèdent en général une épaisse lame élastique interne, placée à la limite de la couche moyenne et de la couche interne et qui, sur les coupes transversales, forme des festons saillants à l'intérieur de la lumière des vaisseaux. Ces festons repoussent au-devant d'eux les noyaux de l’endothélium et de la couche conjonctive mince qui forme l’endartère. Dans les veines, la lame élastique interne est mince, souvent discontinue, et la couche musculaire est formée de faisceaux de libres lisses quelquefois écartés les uns des autres et entre lesquels peuvent se glisser des lames conjonctives assez épaisses.
5° Développement des vaisseaux sanguins. — Nous indiquerons deux exemples pour l'étude de ce développement :
a. Développement des vaisseaux dans la queue des larves de batraciens. — Sur des queues de tritons ou de têtards, préparées comme il est dit page 231, il est facile de voir les pointes d'accroissement et de suivre à des âges successifs le développement des vaisseaux. Si l'on veut se débarrasser de l'épithélium cutané qui gêne un peu l'observation, on Fixera les larves dans de l’alcool au tiers salé : alcool à 90°, 1 volume ; eau salée à l p. 100, 2 volumes (Hanvier). Ce réactifpermet de balayer l'épithélium et il conserve en même temps l'intégrité des globules rouges, ce que ne fait pas l alcool au tiers ordinaire, lequel dissout l'hémoglobine et fait même disparaître le stroma des globules rouges (Hanvier). On colore ensuite au picrocarminate ou à Fliématéine et l’éosine et on monte à la glycérine ou au baume.
S Y ST EM E V ASC l' E A I UE
b. Développement des vaisseaux dans l'embryon de poulet. — Ce développement peut se suivre très aisément sur des blastodermes de vingt-quatre à quarante-liuit heures fixés par la liqueur de Kleinenberg, colorés au carmin boracique et montés entiers dans la résine dammar (voy. p. 188 pour le mode de préparation). Pour les détails de ce développement, consultez : Yialleton. ( Développement des aortes chez T embryon de poulet , Journal de PAnat., 1892, t. XXMII.)
§ °2. — Système lymphatique
Le système lymphatique est formé de vaisseaux de deux ordres. Les uns, capillaires lymphatiques , irréguliers, formés d’une simple paroi endothéliale, ne présentent pas de valvules. Ils prennent leur origine dans le I issu conjonctif par des tubes en cul-de-sac qui s’anastomosent bientôt entre eux et forment un vaste réseau se continuant dans les tubes de l’autre ordre, lymphatiques vrais (Ranvier). Ceux-ci sont munis de valvules, leur paroi endothéliale se double d’une couche musculaire et ils constituent les canaux isolables que l’on injecte au mercure dans les recherches d'anatomie descriptive. Sur le trajet des lymphatiques sont placés des organes, ganglions lymphatiques, follicules clos, qui interrompent leur cours. On indiquera la manière d'étudier ces organes et, en même temps, celle de préparer la rate et le thymus qui présentent tant d’analogies avec eux.
lu Préparation des capillaires lymphatiques. — 11 y a
deux manières principales de préparer ces vaisseaux : a. par injection de nitrate d’argent ; b. par injection de bleu de Prusse.
a. Injection au nitrate d'aryent . — On emploiera la solution picro-osmio-argentique de Renaut. Celle-ci étant placée dans une seringue de Pravaz munie de son aiguille, on piquera le point dans lequel on voudra injecter les lymphatiques — par exemple le péricarde, le péritoine ou une capsule d'organe quelconque — en tenant la seringue très obliquement de façon à ne pas pénétrer dans la profondeur des parties mais à rester bien dans l’épais-
seur de la séreuse ou de la capsule. On pousse alors doucement l’injection, il se fait une boule d’œdème de laquelle on voit partir des traînées de liquide jaune qui filent en divers sens : ce sont les lymphatiques qui s’injectent. Parfois la boule d’œdème se tend sans qu’il en parte des fusées d’injection, on recommence alors sur un autre point et, après quelques essais semblables, il est rare que l’on n’obtienne pas de capillaires lymphatiques injectés. On place l’organe ou la portion d’organe injecté dans l'alcool à 00°, que l’on renouvelle souvent pour enlever l’acide picrique, on enlève ensuite la membrane dans laquelle on suppose l’injection faite, on la déshydrate complètement par l’acool, on l’éclaircit à l'essence de girofle et on la monte au baume.
A un faible Grossissement on distingue aisément le réseau
O cj
lymphatique qui est caractérisé par l'inégalité de calibre de ses vaisseaux dont beaucoup sont renllés en ampoule. A un fort grossissement on voit que les cellules endothéliales ont un contour à grandes sinuosités.
Ce procédé permet de bien voir les vaisseaux lymphatiques et de les reconnaître à leurs caractères principaux (grosseur, inégalité du calibre, endothélium en feuille de chêne); il faudra toujours avoir ces caractères présents à l’esprit pour éviter des confusions, car il peut arriver dans des organes très vasculaires f[ue l’on injecte en même temps par ce procédé une portion du système sanguin. On la reconnaîtra au calibre uniforme ou bien irrégulièrement croissant ou décroissant de ses vaisseaux et à l’endothélium non festonné. Cependant ce dernier caractère n'est pas absolu, car des capillaires sanguins revenus sur eux-mêmes peuvent avoir un endothélium plus ou moins festonné et l’appréciation de la vraie nature de cet endothélium est alors très délicate.
Ce procédé d’injection au nitrate d’argent, très bon pour donner une idée histologique des capillaires lymphatiques, est quelquefois insuffisant pour étudier ces vaisseaux sur de Grandes surfaces comme on doit le faire pour reconnaître leur disposition dans un organe. On emploie alors les injections au bleu de Prusse.
S Y S T E M E VAS G U L A l R E
::go
b. Injections au bleu de Prusse. — On utilise la masse au bleu indiquée à propos clés vaisseaux sanguins, ou même simplement la solution aqueuse du bleu, sans gélatine. On pique comme nous l’avons dit à propos de l’injection à l'argent et on remplit les lymphatiques par l’intermédiaire d'une boule cl’œdème. Lorsque l’injection est faite, on porte les pièces dans le liquide de Müller où elles se durcissent et où le bleu se fonce un peu. On y fait ensuite des coupes ou bien on enlève des lambeaux minces que l’on éclaircit à l’essence de girofle et l’on monte dans le baume.
On voit un réseau bleu présentant des renflements moniliformes sur le trajet des vaisseaux et répondant absolument par sa forme à celui que l’on obtient à l’aide du procédé indiqué plus haut.
L’interprétation de ces préparations est assez délicate, car peut se produire des ruptures et l’injection peut se répandre dans des interstices que l’on décrira ensuite par erreur comme des lymphatiques. Pour arriver à des résultats certains, il faut combiner les deux méthodes : celle au bleu de Prusse, qui permet de mieux préparer l’ensemble du réseau, et celle au nitrate, qui permet, en reconnaissant l'endothélium, de s’assurer de la réalité de l'existence d'un lymphatique au point en question. En effet, l’endothélium fait toujours défaut au niveau des simples interstices qui, du reste, présentent en outre sur la coupe une forme triangulaire ou étoilée et jamais ampullaire.
c. Capillaires lymphatiques des batraciens. — Les capillaires lymphatiques ont chez les batraciens une forme particulière; ils sont constitués par des tubes de calibre régulier, munis de petites pointes latérales.
On les observe aisément dans la queue des têtards. Une queue de têtard étant fixée par du liquide de Flemming faible de la formule suivante :
Acide osmique à 1 p. 100 10 c. cubes
— chromique à 1 p. 100 10 —
— acétique à 1 p. 100 10 —
Eau distillée 70 —
TECHNIQUE APPLIQUEE
puis lavée soigneusement à l’eau, on enlève l’épiderme surune de ses faces, on colore à l’hématéine (la coloration est assez longue à se produire) et à l’éosine, puis on monte dans le
Fi g. 106.
Capillaire lymphatique de la queue du têtard (liquide de Flemming,
hématéine, éosine).
es, capillaire sanguin. — cl , capillaire lymphatique. — cm, cellule du tissu muqueux.
Stiassnie, ocul. 2, object. G.
baume. On voit les lymphatiques sous la forme avec laquelle ils ont été représentés dans la figure 106.
2° Préparation des lymphatiques valvulés. — Il est bon
d’avoir des préparations histologiques montrant les lymphatiques valvulés, mais ces préparations sont assez difficiles à faire parce que ces vaisseaux sont souvent plongés au sein de la graisse dont il n’est pas aisé de les distinguer.
Un bon procédé consiste à employer le mésentère de jeunes animaux maigres ou de fœtus déjà assez développés, et chez