ORGANES DE LA DIGESTION
Le principal intérêt histologique de ces organes réside dans l'étude de leurs glandes, car les autres parties qui entrent dans leur constitution, muscles et nerfs, par exemple, n’offrent pas de détails histologiques particuliers et leur étude ne comporte pas d autres méthodes que celles déjà signalées à propos des tissus musculaire et nerveux.
Il y a lieu d'indiquer tout d’abord certaines données générales; on signalera ensuite ce qui est propre à chaque organe en particulier.
^ 1. — Remarques générales
Nous comprendrons sous ce titre ce qui se rapporte à l’état d'activité ou de repos des cellules glandulaires, faits qui dominent l'étude de tout l'appareil digestif; puis les injections intra-vasculaires, enfin la méthode de Golgi.
1° État de repos et d’épuisement des cellules. — Il
importe de se rappeler que les cellules glandulaires ne présentent pas la même structure suivant qu’elles sont au repos ou qu’elles viennent de fonctionner activement. On regarde comme au repos les cellules d'une glande qui n’a pas agi depuis un certain temps; d’une glande salivaire, par exemple, dans l'intervalle de deux digestions, et mieux après un jeûne un peu long. Dans ce cas les cellules sont volumineuses et gonflées des produits de sécrétion qu’elles fournissent ou de substances préparatoires de ces derniers (proferments). Au
contraire, après leur fonctionnement, les cellules ayant expulsé leurs produits de sécrétion, sont plus petites, revenues sur elles-mêmes et plus granuleuses.
Il y a lieu de bien tenir compte de l’état des cellules et de sacrifier les animaux à des moments déterminés avant ou après leurs repas afin d'avoir des cellules au repos ou des cellules épuisées. Le chien se prête très bien à ces expériences. On fait jeûner un chien pendant deux jours au moins (en lui donnant de l'eau pour boire), toutes ses glandes digestives sont au repos. On lui donne alors un repas copieux. Si l'on veut étudier l’estomac on tuera l’animal quatre heures après le repas, si c’est le pancréas, on attendra au moins cinq ou six heures. Pour les glandes salivaires, le mieux est, sans se préoccuper des repas, d’exciter leurs nerfs à l aide d’un courant électrique de façon à leur faire produire une grande quantité de salive. Après une excitation d'une certaine durée, ces glandes peuvent être considérées comme épuisées et leurs cellules donneront des figures caractéristiques de cet état.
On peut aussi agir sur les glandes par l'intermédiaire de certaines substances, telles que la pilocarpine, qui produisent leur fonctionnement et, après une injection sous-cutanée de pilocarpine en quantité convenable (ce qui dépend de l'animal et de son poids), on obtiendra des cellules glandulaires dans le même état qu'après un repas abondant. Chez un lapin on injectera un centimètre cube d’une solution de chlorhydrate de pilocarpine à 5 p. 100. En sens inverse, une injection d’atropine arrêterait le fonctionnement des glandes ; mais cette dernière action est inutile, il suffit de prendre des animaux en repos digestif.
2° Injections intra-vasculaires. — Il est indispensable d’injecter les vaisseaux sanguins des organes que l’on veut étudier. Pour cela on emploiera les injections totales chez les animaux de petite taille tels que le rat, le cobaye ou le lapin.
Pour des animaux plus grands il est mieux d’injecter spécialement l’organe qu’on a en vue pnr son artère propre ou