‹ Précis de technique histologique et embryologiqueChapitre 112 sur 133 · T E C II N I Q U E A 1> P L I Q U E E · texte numérisé non relu

T E C II N I Q U E A 1> P L I Q U E E

par le tronc artériel important le plus voisin, tout en le laissant en place.

Pour le foie on l’injecte soit par la veine porte, soit par la veine cave inférieure.

soit par l'alcool, soit par la liqueur de Muller, on y pratique des coupes pas très minces afin de pouvoir suivre dans leur épaisseur les inflexions des vaisseaux. On les déshydrate et on les monte dans une résine. Les vaisseaux seuls, remplis par l'injection colorée, sont bien apparents. Les autres éléments de l’organe, incolores ou à peine teintés en jaune après la liqueur de Millier, sont peu visibles. La distribution des vaisseaux est très facile à suivre lorsque l’injection est bien réussie. On peut compléter les notions que donnent ces préparations en colorant quelques coupes très minces par l'hématéine et l’éosine, on saisit alors aisément les rapports des vaisseaux avec le tissu propre de l’organe.

Ces dernières coupes ne renfermant que des tronçons de vaisseaux très courts à cause de leur faible épaisseur, ne peuvent pas servir à étudier la répartition des vaisseaux et le mode caractéristique de leur distribution.

3° Méthode de Golgi. — La méthode de Golgi appliquée aux glandes digestives donne des résultats très variables et très incomplets, mais néanmoins fort précieux. On traite de petits morceaux de glandes salivaires, de foie, etc.; tantôt les nerfs sont colorés et on peut les suivre dans leurs terminaisons ; tantôt ce sont les tins canaux excréteurs intercellulaires tels que les canaux biliaires intra-lobulaires qui sont imprégnés et marqués en noir.

Comme il est très difficile d’injecter ces canaux par un liquide (bleu de Prusse, etc.) poussé par le canal excréteur principal, on a grand avantage à essayer de les déceler par la méthode de Golgi. Les résultats ne sont pas toujours satisfaisants du premier coup, mais on arrive toujours à réussir quelques préparations. A cause de l'irrégularité des résultats, l'interprétation de ces dernières demande beaucoup de prudence

et exige des connaissances histologiques préalables très sérieuses.

Glandes salivaires

On les étudiera à l’aide de coupes minces faites après fixalion et coloration. Parmi les différentes méthodes on choisira d'abord les suivantes :

1° Fixation par les vapeurs osmiques. — On coupe une tranche mince (un demi-centimètre d’épaisseur environ) dans une glande salivaire fraîche, et on la suspend dans les vapeurs osmiques. Au bout de sept à huit heures on la lave à l’eau, puis on achève le durcissement dans l'alcool à 90°. Sans autre durcissement on fait des coupes aussi minces que possible à l’aide du microtome. On les reçoit dans l’alcool, puis on les hydrate et on les colore à l’hématéine et à l’éosine, on les déshydrate par l’alcool, on les éclaircit à l’essence de girolle et on les monte au baume. Les vapeurs d’acide osmique pénètrent mal le tissu de la glande et la fixation est très inégale au centre et

à la périphérie du morceau.

On peut, après l’hématéine, colorer à l'éosine en solution aqueuse et monter dans de la glycérine légèrement éosinée-. Quelques fins détails de structure (réticulum des cellules mucipares, stries des cellules des conduits excréteurs) se voient mieux n’étant pas dans un milieu aussi réfringent que le baume.

2° Autres modes de fixation. — Le sublimé donne aussi de bons résultats, il pénètre mieux que les vapeurs osmiques. On aura soin d'enlever l'excès du sublimé par des lavages dans l'alcool iodé.

Le liquide de Millier employé après les vapeurs osmiques permet aussi d’avoir des pièces bien fixées.

3° Préparation des cellules en paniers de Boll. — Pour

mettre en évidence les cellules ramifiées qui existent sur la paroi des alvéoles glandulaires, Renaut conseille de traiter par

TECHNIQUE APPLIQUEE

le pinceau des coupes minces de glandes faites après fixation par l’acide osmique. Après balayage au pinceau, on dissocie un peu la préparation avec des aiguilles. On colore à l’hématéine et à l'éosine et on monte dans le baume. On trouve toujours quelques points dans lesquels toutes les cellules glandulaires ayant été enlevées par le pinceau, la paroi des acini montre les cellules ramifiées étalées à sa face interne. D’après Renaut, cette préparation est surtout facile à exécuter sur une glande qui n* appartient pas au système digestif : sur la glande lacrymale.

§ o. — Estomac et intestin

Pour préparer l’estomac il faut sans attendre, l’enlever sur un animal que l’on vient de sacrifier, parce que, après la mort des cellules, il se produit une auto-digestion par les sucs digestifs.

1" Etude topographique des tuniques en place. — On

prélève un fragment de la paroi stomacale dans un point déterminé; on b1 lave légèrement avec la solution physiologique de sel; on le tend modérément avec des épingles sur un cadre de liège en le disposant de façon à pouvoir ensuite orienter les coupes convenablement, soit suivant le grand axe de l'organe, soit transversalement. Pour cela on se sert d’un cadre rectangulaire dont la longueur répond à l'axe longitudinal de l’estomac. Il faut tendre modérément, car par une tension forte on écrase les culs-de-sac glandulaires. On plonge le tout dans du liquide de Müller fréquemment renouvelé pendant les deux premiers jours, moins souvent dans la suite. Il faut immerger entièrement le cadre de liège qui tend à. surnager.

Au bout d'une quinzaine de jours, le fragment est lavé à l’eau, puis passé dans la gomme et dans l'alcool, enfin coupé au microtome. Les coupes, après dégommage, sont colorées à l’hématéine, à l’éosine et montées au baume.

Ces coupes donnent une bonne idée des rapports des parties. Elle ne sont pas suffisamment minces dans toute leur étendue

pour permettre un examen à de très forts grossissements, mais elles sont parfaites pour l'étude topographique. D'autre part il n’est pas indiqué de chercher à avoir des coupes plus minces par une inclusion dans la paralline, car l’estomac, fixé comme on vient de le dire, supporte mal ce mode d'inclusion qui disloque un peu les couches et surtout la sousmuqueuse.

On procéderait exactement de même avec un fragment d'intestin. Lorsqu'on a affaire à un intestin peu volumineux , comme celui du lapin, on peut, après en avoir retranché une certaine longueur dont on balaye le contenu par la solution d'eau salée, poser une ligature à une de ses extrémités, le remplir de liquide de Müller sous pression, à l’aide d'une seringue, mettre une seconde ligature à l’extrémité encore ouverte et porter le tout dans de la liqueur de Müller où s'achève la fixation. Celle-ci est généralement très bonne et permet de faire des coupes très instructives.

2° Fixation de la muqueuse gastrique ou intestinale seule. — Pour avoir une bonne fixation des glandes, il est préférable d'isoler la muqueuse des autres tuniques, ce qu’on peut arriver à faire à l'aide de pinces et de ciseaux. Faisant un pli comprenant la muqueuse seule, on le coupe, puis glissant les ciseaux dans la sous-muqueuse on détache la tunique interne en la découpant en lanières étroites, demi centimètre de largeur environ. On étend ces lanières sur des cadres de liège où on les maintient à l'aide d’épingles et on fixe par le liquide de Flemming ou bien par le sublimé. Dans ce dernier cas il faut éviter de se servir d'épingles métalliques qui provoqueraient un précipité, et employer des piquants de hérisson ou des bouts d’allumettes taillés en pointes aiguës.

Après fixation les pièces seront incluses dans la paraffine avec beaucoup de soin et en réduisant au minimum la durée du bain de paraffine fondue (un • quart d’heure suffît en général). Après fixation parle sublimé on colorera àl’hématéine et à l’éosine, Après le liquide de Flemming on colorera soif

au violet de gentiane et à l'orange, soit à l'aide de la méthode de Bènda ou au bleu polychrome.

§ 4. — Pancréas

Le pancréas doit être enlevé immédiatement après la mort parce qu’il subit très vite des phénomènes d’auto-digestion. On en fixera de petits fragments soit par le liquidé de Flemming, soit par le sublimé, soit par la liqueur de Kleinenberg. Prendre les précautions indiquées plus haut pour avoir un pancréas au repos ou épuisé.

11 est avantageux, pour les démonstrations aux élèves, de choisir le pancréas de la salamandre dont les éléments très volumineux se prêtent aisément à l’examen de détails très délicats à l’aide des seuls objectifs à sec. Le pancréas fixé par la liqueur de Kleinenberg, puis déshydraté, est inclus dans la paraffine ; un séjour très court (un quart d’heure) dans le bain de parailine fondue est suffisant. Les coupes sont ensuite colorées par l’héinatéine et l’éosine puis montées au baume : les grains de zymogène sont colorés en rouge, le noyau et le nebenkern en violet. Le nucléole présente une enveloppe colorée en violet et une masse centrale rouge.

Foie

On soumettra le foie aussi frais que possible aux différentes méthodes générales déjà indiquées, telles que l’injection intravasculaire par la gélatine colorée et la méthode de Golgi pour la recherche des nerfs et des canalicules biliaires. Il importe de faire des coupes orientées dans deux sens : les unes parallèles, les autres perpendiculaires à la surface de l’organe. De cette façon les coupes sont pour la plupart perpendiculaires ou parallèles à la veine centrale dans chaque lobule et sont plus faciles à interpréter. Ces remarques faites, voici quelques indications particulières.

1° Recherche du glycogène dans les cellules hépa-

tiques. — Pour montrer sous quelle forme le glycogène existe dans les cellules hépatiques, Hanvier emploie le procédé suivant : Un chien est nourri pendant plusieurs jours avec des pommes de terre bouillies, puis ou le lue, on prend des fragments de son foie encore chaud, ou les durcit rapidement parla congélation (voy. p. 143) et l’on y fait des coupes aussi minces que possible. Ces coupes sont portées dans du sérum faiblement iodé, recouvertes d'une lamelle et examinées de suite. On voit les cellules uniformément teintes en brun acajou, ce qui indique que la substance glycogène est uniformément répandue dans toute leur étendue. Si l’on poursuit l'observation on voit des gouttelettes de glycogène apparaître à la surface des cellules à la manière des boules sarcodiques et diffuser dans le liquide ambiant, preuve que le glycogène est à l’état liquide ou demi-liquide dans la cellule hépatique et l’abandonne après la mort.

2° Injection des voies biliaires. — On peut injecter les voies biliaires par le canal cholédoque.

On emploie comme masse à injection une solution saturée de bleu de Prusse dans de l’eau distillée.

L'animal doit être tué au moment même où l’on veut faire l'injection, car celle-ci, toujours difficile à réussir, est impossible sur un cadavre refroidi. On place une canule dans le canal cholédoque et on pousse l'injection avec beaucoup de lenteur et sous une très faible pression. Aussi recommandet-on d'employer pour pousser le liquide les appareils, à pression continue. Un modèle très simple de ces appareils indiqué par Ranvier et figuré ici, consiste en deux boules munies chacune de deux tubulures : une inférieure, l’autre supérieure et que l'on peut placer à différentes hauteurs sur un support gradué. Ces deux ballons sont reliés entre eux par un tube de caoutchouc ajusté sur leur tubulure inférieure. La tubulure supérieure de l'un d’eux porte un tube de caoutchouc qui vient s’ouvrir à la partie supérieure du flacon renfermant la masse à injection. Celle-ci sort par un tube de verre plongeant jusqu’au fond du flacon et relié lui-même à la canule par un

tube en caoutchouc sur lequel est fixée une pince de Mohr. Lorsqu’on veut se servir de l’appareil, on enlève d’abordle tube qui réunit le deuxième ballon au flacon contenant la masse. On met ensuite les deux ballons à peu près à la même hauteur et on y verse du mercure qui se met au même niveau dans les deux ballons. On note sur le support gradué le niveau

du mercure. On ajuste alors le tube de caoutchouc sur la tubulure supérieure du second ballon ; on ferme la pince placée sur le trajet de la masse à injection, et on élève le premier ballon de telle façon que le niveau du mercure qui y est contenu soit situé à une hauteur donnée au-dessus du niveau primitif. Cette

^‘8* hauteur donne la pression

Appareil à injection de Ranvier. exercée par le mercure

sur l’air contenu dans l’appareil. Cette pression se transmet régulièrement à la masse à injection qui sort par la canule dès qu'on ouvre la pince. On ne doit guère dépasser une pression de 30 à 40 millimètres de mercure sous peine de ruptures possibles. L’injection n’est jamais entièrement réussie dans toute l’étendue du foie, mais on trouve ça et là des lobules ou des portions de lobules dans lesquel elle est suffisante.

3Ü Fixation du foie. — On peut fixer le foie par tous les fixateurs indiqués au chapitre Fixation. L’alcool, le sublimé, la liqueur de Müller donnent de bons résultats. Après le sublimé il faut enlever soigneusement par l’alcool iodé l’excès du fixateur qui, sans cela, forme des précipités fins et granuleux qui gâtent la préparation.

On durcit les pièces par la gomme et l’alcool et l’on fait des

coupes aussi minces que possible que l’on colore à l’hématéine et à l'éosine et que l'on monte au baume. Pour les inclusions à la paraffine il faut prendre de grandes précautions, car un séjour trop long dans le bain de paraffine fondue nuit beaucoup à la bonne conservation des pièces. 11 sera bon de n’employer pour ces inclusions que des matériaux très bien fixés par la liqueur de Flemming ou par le sublimé.

Chez l’homme, le lapin, le rat, etc., les limites des lobules sont peu marquées, et il est parfois difficile de retrouver sur les coupes la structure et la forme classiques de ces lobules. On cherchera comme types ceux d’entre eux dans lesquels les cellules hépatiques sont régulièrement disposées en rayons autour de la veine centrale béante, et, en se guidant sur eux, on arrivera à distinguer les vaisseaux portes qui sont à la périphérie. Les canaux biliaires extra-lobulaires se reconnaissent à leur épithélium cubique ou cylindrique.

Chez le porc , les lobules sont entourés individuellement d’une lame de tissu connectif qui les isole les uns des autres. On pourra se procurer du foie de cet animal, le fixer par l’alcool ou parla liqueur de Millier et en faire des coupes pour se familiariser avec la forme des lobules.

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