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FIXATION

O11 a vu que les éléments anatomiques, enlevés àforganisme auquel ils appartiennent, se déforment par la production de boules sarcodiques, par gonflement ou par rétraction, et disparaissent enfin par la putréfaction ordinaire. On a vu aussi que les cellules examinées à l’état vivant ne permettent pas toujours une étude suffisante de leur structure intime, et ne peuvent donner des préparations permanentes.

Pour remédier à ces inconvénients, on a imaginé des réactifs

dits fixateurs, qui tuent instantanément les éléments anatomiques, tout en leur conservant la forme qu’ils avaient pendant la vie et en leur donnant une résistance suffisante pour subir, sans être déformés, les manipulations que nécessitent les préparations histologiques.

Les réactifs fixateurs sont excessivement nombreux, et leur action fixatrice repose sur différentes propriétés qu’il peut être bon de connaître, et d’indiquer ici, au moins superliciel-

lement. Les uns fixent les cellules en coagulant les matières albuminoïdes qui forment la masse principale du protoplasma, tels sont l’alcool, l’alcool iodé, l’acide picrique, la liqueur de Kleinenberg, l’acide azotique, la chaleur, etc. Le protoplasma, ainsi coagulé forme un bloc qui résiste bien à la décomposition et aux actions mécaniques. Il est fixé.

Parmi ces réactifs, l’acide picrique et l'iode donnent aux tissus une couleur jaune d’or (acide picrique) ou brune (iode), qui s’en va par le lavage à l'alcool, preuve que ces corps ne se sont pas combinés avec les éléments qu'ils ont servi à fixer.

Il est au contraire une série de corps, acide chromique et ses sels (bichromate de potasse, d’ammoniaque,) qui forment avec la substance des tissus une vraie combinaison chimique, en suite de laquelle les cellules acquièrent une impuf rescibilité absolue et une grande résistance aux actions mécaniques telles que le gonflement qui accompagne une hydratation succédant à une déshydratation préalable, comme cela se rencontre souvent dans le cours des manipulations histologiques. La couleur communiquée aux pièces par ces réactifs est permanente et ne disparaît pas meme après des lavages prolongés, ce qui s’explique aisément du reste par la combinaison chimique dont il a été parlé plus haut.

D’autres fixateurs enfin, l'acide osmique, le bichlorure de mercure, le chlorure d'or, etc., se réduisent au contact des substances organiques et forment un précipité très fin, tellement délié même, que pour l’acide osmique et d’autres, il n’est pas résolu en grains ou en cristaux avec les plus forts grossissements employés et paraît continu.

Ainsi, coagulation des albumines, combinaison avec le tissu ou réduction en son sein, telles sont les principales manières d'agir des fixateurs en face des tissus (Garbini). Mais il ne faut pas accorder une importance excessive à tel ou tel mode d’action d’un réactif donné, car la tendance actuelle est de rejeter dans la fixation l'emploi d’un seul réactif et de se servir de solutions complexes renfermant plusieurs agents de pouvoir différent. Ainsi le liquide de Flemming comprend de

M K T TI 0 T) E S fi E N K H A L E S

l'acide chromique qui se combine et de l'acide osmique qui se réduit; certains mélanges picro-chromiques renferment un agent coagulant (acide picrique) et un agent se combinant (acide chromique), etc., etc.

Bien que le nombre des réactifs employés pour la fixation soit considérable, il n’y a pas de fixateur parfait, pouvant s’appliquer avec le même succès à tous les cas, et cela se conçoit aisément si l'on réfléchit à la différence de composition chimique, de texture, de pénétrabilité des différentes pièces que l'on peut avoir à étudier. Aussi faut-il toujours employer successivement plusieurs fixateurs pour faire des préparations d'un même organe, et lorsque le volume de ce dernier le permet, le diviser en plusieurs fragments que l'on traite chacun par un des principaux réactifs. De cette façon, en comparant les résultats obtenus avec les différents agents, on arrive à voir ce qui esl le fait de chacun d’eux, à l’éliminer et à déterminer ce qui appartient en propre à la pièce.

On sait depuis longtemps déjà que toute préparation est fonction des réactifs employés à la faire, la connaissance des actions produites par les fixateurs est donc d'une importance capitale. Nous y reviendrons à plusieurs reprises, mais nous invitons dès maintenant les débutants à se rendre compte de faction des divers fixateurs en étudiant successivement les éléments vivants ou dans un liquide indifférent et après l’action des réactifs.

Les fixateurs sont en même temps durcissants, et c'est même par là qu’ils donnent aux cellules leur résistance aux manipulations. Cette propriété durcissante était fort recherchée il y a quelques années pour la confection des coupes qu’elle seule permettait de mener à bien. Elle a perdu beaucoup de son importance depuis que les inclusions à la celloïdine ou à la paraffine ont permis de donner aux tissus les plus délicats la dureté voulue pour y faire des coupes très minces. Nous n’en parlerons donc pas ici, nous réservant d’y revenir à propos des cas où elle peut être encore utilisée couramment (durcissement du système nerveux central par l’acide chromique).

Les fixateurs étudiés ci-dessous suffisent aux besoins de l’histologie des vertébrés.

L’ordre dans lequel ils sont étudiés n’indique aucune prééminence des uns sur les autres. Tous sont utiles et doivent être employés concurremment d’une manière journalière.

§ I. — Alcool

L’alcool dont on se sert pour les fixations est l’alcool éthylique (alcool bon goût). Il doit être absolu, ou titrer au moins 90°; de plus il doit être absolument incolore (voy. p. 54-).

1" Mode d’emploi. — Pour fixer un organe avec de l'alcool absolu, il convient de le diviser en fragments assez petits (1 centimètre cube au maximum) que l’on plonge dans un flacon contenant une quantité du réactif égale au moins à 50 fois le volume de la pièce. Il importe d’éviter de laisser tomber la pièce au fond du flacon, car sous faction de son propre poids elle peut se comprimer contre le fond du vase et s’y déformer, surtout si elle est délicate (embryons) ; de plus, l’eau qu’elle contient, se mélangeant à l’alcool, forme autour d’elle un milieu fortement hydraté et qui n’a plus guère de propriétés tixatrices. Pour éviter ces inconvénients, il faut ou bien suspendre la pièce par un fil dans les couches supérieures de l’alcool (et la partie hydratée de ce dernier tombe au fond, loin de la pièce), ou bien garnir le fond du vase d’une couche de colon hydrophile qui élève la pièce au sein du lixateur. Si l’on suspend la pièce par un fil, il faut fermer le flacon avec un bouchon de liège qui se moulera autour du lîl contre le goulot en l’obturant parfaitement, tandis qu’un bouchon de verre serait plus ou moins soulevé, ce qui permettrait l’évaporation de l’alcool et son hydratation par la vapeur d’eau contenue dans l'air.

Au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures au plus, la fixation est achevée. Si l’on ne peut mettre la pièce en coupes dès ce moment, il ne faut pas la laisser dans l'alcool absolu, qui la rendrait cassante, mais la porter dans de l'alcool à 90°

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