‹ Précis de technique histologique et embryologiqueChapitre 36 sur 133 · M E THODES G E N E R A L E S · texte numérisé non relu

M E THODES G E N E R A L E S

suffisamment macéré, le laisser dans la même solution pendant plusieurs jours, même des semaines, en ayant soin toutefois d'ajouter au liquide qui se décolore, en cédant son iode au tissu, quelques gouttes de sérum fortement iodé chaque lois que cela devient nécessaire ; faute de ce soin la putréfaction apparaîtrait.

Lorsqu’on juge l’action du réactif suffisante, on porte la pièce sur une lame de verre dans du sérum faiblement iodé, on la dissocie avec des aiguilles ou suivant tout autre procédé mécanique (raclage, etc.) indiqué par sa nature même, on recouvre d'une lamelle et on observe.

3° Acide chromique faible. — En solution très étendue, 2 à 3 p. 10 000, l’acide chromique donne de bons résultats pour la dissociation des éléments du système nerveux central.

De même le bichromate de potasse à 1 p. 1000 peut être employé.

Après ces réactifs on lave à l’eau, et on dissocie soit dans de l’eau, soit dans de la glycérine diluée.

4" Acide azotique. — L’acide azotique qui, en solutions de divers titres, a été employé comme fixateur, peut aussi servir comme dissociant à la dose de 20 p. 100. Pour son emploi, (voy. p. 306).

5U Potasse à 40. — La potasse en solution à 40 p. 100 possède la propriété remarquable de dissoudre la substance unissante de certains éléments anatomiques sans altérer trop sensiblement la forme de ces derniers.

Ainsi, un fragment de muscle cardiaque, placé dans un verre de montre renfermant une certaine quantité de la solution de potasse à 40, se résout en une sorte de poussière fine, constituée par les segments musculaires séparés les uns des autres. On prend avec une pipette un peu de cette poussière, on la porte sur une lame de verre, on recouvre d'une lamelle et on peut voir les segments avec leur forme irrégulière.

De même la solution de potasse mise en contact avec une lame mince de tissu conjonctif dissoudra toute la substance de ce dernier, sauf les libres élastiques qui restent seules et sont par là admirablement mises en évidence.

Employée à un titre inférieur à celui que nous indiquons, par exemple à 20 p. 100 et au-dessous, la potasse dissout non seulement les ciments, mais encore les corps cellulaires.

La dissociation par la potasse, très facile et très rapide, ne donne qu'un moyen d’étude imparfait et qu’il importe de compléter par les autres procédés sus-indiqués.

6° Dissociation mécanique. — Lorsque les tissus ont été traités par l'un des réactifs indiqués ci-dessus, il est aisé de les dissocier en leurs éléments constitutifs à l’aide de divers procédés mécaniques..

L’un des plus simples consiste à se servir des aiguilles spéciales dont il a été parlé page 42. Veut-on par exemple dissocier un tissu formé de libres, tel qu'un nerf ou un muscle, après l’avoir retiré du liquide dissociateur, • on le porte sur une lame de verre et on le recouvre d’une goutte d’eau, de matière colorante ou de glycérine, suivant que l’on désirera faire la dissociation dans l’un ou dans l’autre de ces liquides, ainsi que cela est indiqué dans la partie spéciale. On applique alors deux aiguilles tenues chacune dans une main à Lune des extrémités du fragment de muscle ou de nerf, puis on les écarte l’une de l’autre, séparant ce fragment en deux parties. On recommence sur chacune de celles-ci, et on continue ainsi de manière à les diviser en libres de plus en plus fines. Il faut avoir soin d’appliquer toujours les aiguilles sur la même extrémité des libres afin de ne pas multiplier sur toute la longueur de celles-ci les cassures ou les déchirures qu’elles peuvent produire.

De même, en agissant avec précaution à l’aide des aiguilles sur un fragment d’épithélium, on arrive à le dissocier aisément. Mais dans ce cas, comme le tissu est formé d’éléments non fibrillaires, et ne risquant pas par suite de s’embrouiller les

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uns dans les autres, on peut aussi obtenir une bonne dissociation en secouant fortement la pièce dans un tube à essai bouché et renfermant un peu d'eau.

Bovier-Lapierre a proposé pour ces cas un moyen de dissociation très commode et très efficace. On prend un diapason donnant 100 vibrations à la seconde, et disposé horizontalement. Sur l'une des branches on fixe avec de la cire un petit tube à essai contenant un fragment du tissu à dissocier plongé dans de l’eau. A l’aide d'un électro-aimant actionné par une pile, on fait vibrer le diapason pendant tout le temps nécessaire à la dissociation. Le liquide mis en mouvemenl entre en une sorte d’ébullition et le fragment de lissu constamment agité par ce mouvement se dissocie d’une manière parfaite. Pour plus de détails sur le dispositif de cet appareil, voyez Bovier-Lapierre: D'un nouveau mode de dissociation, etc. Comptes rendus Société de Biologie, 1888, p. 797.)

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