CHAPITRE V
COLORATIONS
On a déjà vu que les colorations sont rendues nécessaires par la transparence des tissus, qui ne permettrait pas de distinguer suffisamment leur structure ; cependant leur utilité ne
MÉTHODES (i É N K R A L E S
consiste pas seulement dans le fait de donner une teinte appréciable à des objets trop transparents pour être bien visibles, mais elle réside surtout dans cette propriété qu'ont certaines matières colorantes de teindre différemment les différentes parties de la cellule, et par suite de mettre en relief la structure de celle-ci.
Bien que cela n’ait rien d’absolu, on peut dire que certaines couleurs se fixent exclusivement sur les noyaux : ce sont les colorants nucléaires , tandis que d’autres teignent diffusément tout ce qui entre dans la composition des tissus, noyaux, protoplasma, libres, etc. : ce sont les colorants diffus. Comme après l’action des colorants nucléaires on peut encore employer les colorants diffus pour teindre les corps protoplasmiques, on appelle ces colorants, par opposition aux premiers, colorants plasmatiques ou colorants du fond de la préparation.
En dehors de ces propriétés générales, tous les colorants, qu’ils soient nucléaires ou plasmatiques, présentent des affinités spéciales pour certains éléments des tissus, qu’ils colorent de préférence ou auxquels ils donnent un ton spécial. C'est ce que l'on appelle l’action élective d'une couleur. Les colorants nucléaires ont une électivité très marquée pour les noyaux, et plus exactement pour la chromatine de ces derniers ; les colorants diffus, bien qu’ils colorent tout, teignent cependant avec élection certains éléments, ainsi l'éosine colore d’une manière particulière les fibres élastiques. Il ne faut donc pas croire, lorsqu’on emploie l’expression de colorants diffus ou de colorants de fond, que ces réactifs donnent au fond des préparations une coloration absolument uniforme, on veut simplement dire que leur électivité est moins précise et moins limitée que celle des colorants nucléaires.
On trouve ces deux sortes de colorants aussi bien parmi les couleurs fournies par les êtres organisés, telles que le carmin et l’hématoxyline, que parmi les couleurs d’aniline. Le carmin aluné, l’hématéine, la safranine, le violet de gentiane sont des colorants nucléaires. L’éosine, l’orange G., l’acide picrique sont des colorants diffus.
Pour faire une bonne analyse histologique des pièces que