‹ Précis de technique histologique et embryologiqueChapitre 50 sur 133 · COL O H A T 1 O N S · texte numérisé non relu

COL O H A T 1 O N S

Ton a préparées, il impolie de les colorer à la l'ois par un colorant nucléaire et par un colorant diffus. En effet, si l’on emploie un colorant nucléaire seul, les noyaux sont seuls mis en évidence, des particularités de structure des cellules, telles que la présence de ponts intercellulaires, de réticulums, etc., peuvent passer inaperçues, tandis qu’elles sont nettement marquées après l’emploi d’un colorant diffus. Aussi dans la plupart des cas emploie-t-on des colorations successives, combinées pour teindre les noyaux et le fond des préparations. 11 existe du. reste certaines solutions colorantes composées, qui réalisent d’emblée cette indication : telles sont le picro-carmin et le bleu de méthylène polychrome.

Les solutions colorantes employées dans la technique histologique sont très nombreuses. Mais beaucoup d’entre elles ne répondent à aucune indication particulière et peuvent être remplacées par d’autres sans le moindre inconvénient. Pourvu que l’étudiant possède sur sa table de travail les quelques substances nécessaires pour colorer convenablement les préparations dans tous les cas possibles et quel que soit le fixateur employé , il est suffisamment armé, et il est inutile d’essayer toute la gamme des couleurs connues. Nous ne citerons donc ici que les matières colorantes strictement nécessaires et suffisantes pour toutes les recherches courantes, nous réservant d’en indiquer d’autres à propos de leurs applications à certains cas spéciaux.

Les colorations produites par certains agents (coloration des terminaisons nerveuses par le chlorure d’or, par le bleu de méthylène), sont des phénomènes particuliers, très différents de ceux des colorations ordinaires, et il en est traité ailleurs (vov. Imprégnations et colorations vitales).

Parmi les couleurs indiquées ici, toutes ne répondent pas aux mêmes usages et surtout aux mêmes indications, ainsi les couleurs d’hématoxyline et de carmin ne permettent de colorer aisément que les tissus fixés par l’alcool, le sublimé, le formol, la liqueur de Kleinenberg, la liqueur de Muller, elles conviennent mal aux tissus fixés par le liquide de Flemming qu’elles ne parviennent pas toujours à colorer d’une

METHODES GENERALES

manière suflisaiite même après un temps assez long, tandis que les couleurs d’aniline donnent à ces préparations des teintes magnifiques. Le mode de teinture varie un peu suivant les couleurs, afin de le faire connaître d’une manière suffisante, nous l’étudierons pour chacune des matières colorantes citées plus haut, nous mentionnerons ensuite les propriétés et les indications de cette couleur, puis nous donnerons quelques règles générales pour les colorations, enfin nous exposerons la méthode de coloration en masse et les colorations sous lamelle. En raison de la nécessité démontrée plus haut d’employer à la fois les colorants plasmatiques et les colorants nucléaires, nous donnerons comme exemples des cas de double coloration.

§ 1. — Coloration a l’hématéine et a l'éosine

1° Mode d’emploi. — Supposons que l'on veuille colorer une série de coupes collées sur le porte-objet après inclusion à la paraffine.

On a dissous la paraffine par le xylol, ainsi que cela a été dit dans le chapitre précédent, et l’on a chassé le xylol par l'alcool absolu. Les coupes sont actuellement recouvertes d'alcool à 90°.

Avant de faire agir la matière colorante il faut hydrater les coupes, car la solution aqueuse d’hématéine précipiterait au contact de l’alcool. Pour faire cette hydratation, on remplace l'alcool à 90° par de l'alcool à 70°, puis ce dernier par de l'alcool à 30u ; enfin l’alcool à 30° étant enlevé, on lui substitue de l’eau distillée. Ces passages successifs dans des alcools de titre progressivement décroissant avant d'arriver à l’eau distillée, ont pour but de préparer l’hydratation, c'est-àdire d’éviter les désordres qu’un changement brusque d’état (hydratation succédant sans transition à la déshydratation produite par l'alcool) ne manquerait pas d’amener, à cause des courants de diffusion très forts qui se formeraient au contact de l’eau et de l’alcool à 90°.

Au bout d’une ou deux minutes, les coupes sont suffisam-

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