C 0 L 0 R A T IONS
ment hydratées et on peut commencer la coloration. On enlève l’eau en la faisant couler dans un récipient quelconque, on replace la lame sur le photophore, et ou la recouvre d'une couche de la solution d’hématéine indiquée page Gi. Comme il est bon de filtrer cette dernière, on la tient dans un flacon surmonté d’un petit entonnoir de verre à bec taillé en biseau et garni d’un filtre ; on verse quelques gouttes d’hématéine sur le filtre, et à l’aide de l’extrémité de l’entonnoir formant compte-gouttes on dépose la couleur sur la lame. En quelques minutes, de cinq à quinze, la matière colorante a produit son action. Mais comme on ne peut indiquer une durée fixe pour le temps pendant lequel l’hématéine doit agir, il est bon de ■s’habituer à surveiller la coloration au microscope. Dans ce but, le microscope étant muni d'un objectif faible, à foyer assez long pour qu'il n'y ait pas à craindre de toucher le liquide avec la lentille frontale, on enlève la matière colorante et l’on met à sa place quelques gouttes d’eau distillée. On porte alors la lame sur la platine du microscope, et l’on observe sans recouvrir d'une lamelle. Il est facile de voir si les noyaux sont bien colorés ou s'ils ne le sont pas. Si la coloration est insuffisante, on enlève l'eau, on remet de l’hématéine et on attend ; au bout de quelques minutes on regarde de- nouveau, il est rare que celte fois, la coloration ne soit pas complète. Lorsque celle-ci est reconnue suffisante, on lave soigneusement à l'eau distillée jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de nuages violets d’hématéine dans l’eau de lavage, puis, après l’addition d'une dernière goutte d’eau distillée pour enlever toute trace de matière colorante libre, la coloration par l’hématéine est achevée. Les lavages minutieux à l’eau sont nécessaires pour enlever la matière colorante non fixée sur les tissus, et restée libre dans leurs interstices. Si cette dernière persistait, elle nuirait par sa présence à la transparence de la coupe, elle pourrait en outre être précipitée par les réactifs ultérieurs et détériorer ainsi les préparations. Au contraire, lorsque le lavage a été bien fait, les parties colorées tranchent très nettement sur le fond absolument incolore et montrent bien leurs détails.
La coloration nucléaire est alors terminée, et si l’on s’en contentait, on pourrait monter la préparation dans le baume ou dans la glycérine, comme on le verra à l'article suivant, mais il vaut mieux faire aussi la coloration plasmatique.
On procède alors ainsi : on enlève l’eau qui recouvre le porteobjet que l’on essuie soigneusement tout autour des coupes, en prenant bien garde de toucher à ces dernières, puis, avec le llacon compte-gouttes, on verse un peu d'alcool à 70° qui commence la déshydratation. On ajoute ensuite une petite quantité de la solution alcoolique d’éosine (p. 66) qui colore la préparation et continue en même temps la déshydratation. On laisse agir cette solution pendant un certain temps, un quart d’heure ou davantage, suivant les besoins, en ayant soin de ne pas laisser les coupes se dessécher, ce à quoi l’on arrive facilement en ajoutant de temps à autre une goutte de la solution alcoolique d’éosine. Lorsque la coloration du fond est suffisante, on mêle à l’éosine qui recouvre la lame un peu d'alcool absolu qui achève la déshydratation. On enlève enfin l'éosine et on lave rapidement à l’alcool absolu. Les coupes sont colorées et prêtes à être montées au baume (voy. chapitre suivant). Ce procédé de coloration est excessivement commode et rapide.
On peut aussi, au lieu de colorer rapidement à l’éosine, colorer lentement. Après avoir fait agir l’hématéine, lavé à l’eau et passé à l’alcool à 70u, on porte les lames pendant quelques heures ou même pendant toute une nuit dans une boite de porcelaine à rainures renfermant de l'alcool à 00° additionné de quelques gouttes de la solution alcoolique d’éosine à 1 p. 100. On a ainsi un bain légèrement coloré (couleur fleur de pêcher) qui suffit amplement à teindre les coupes. Le lendemain on lave à l’alcool absolu et on monte au baume. Les préparations ainsi colorées lentement se décolorent moins (voy. plus loin).
L’éosine qui teint le fond des préparations est très soluble dans l’alcool, aussi il arrive que si l’on ne se presse pas un peu dans le dernier lavage à l'alcool absolu, on enlève une grande partie de cette couleur. Cet accident est d’autant plus
fâcheux que certaines essences telles que l’essence de girolle employées au montage des préparations (voy. plus loin) dissolvent énergiquement l’éosine, de sorte que la coloration du fond peut devenir insuffisante. On évitera cet inconvénient en colorant fortement à l’éosine, en lavant très rapidement à l'alcool absolu et en employant de l’essence d'origan à la place d'essence de girolle. Cette double coloration peut servir également pour des coupes non collées sur le porte-objet, comme celles qui proviennent de pièces durcies à la gomme et à l’alcool. Dans ce cas, les coupes bien débarrassées de la gomme et lavées à l’eau, sont placées sur une lame, on les recouvre d’hématéine et on les traite exactement comme il a été dit pour les coupes collées à l'albumine. Il importe seulement de bien faire attention à ne pas les enlever de dessus la lame pendant les lavages successifs ou les substitutions de liquides qui sont nécessaires pour la coloration.
2° Coloration à l’éosine aqueuse. — Pour la double coloration à l’hématéine et à l’éosine on peut encore employer la solution aqueuse d’éosine indiquée page 66, que l'on fera agir d'une manière rapide ou lente. Si l'on veut colorer rapidement, après le lavage à l’eau consécutif à l’emploi de l'hématéine, on arrose la préparation de quelques gouttes de la solution, qui agit en quelques minutes. Si l’on veut au contraire colorer lentement, on met la préparation dans un bain de cette même solution plus ou moins diluée. Une fois la coloration faite, on lave rapidement à l'eau distillée, on déshydrate par l’alcool, et on monte au baume. La coloration du fond ainsi obtenue se laisse moins facilement enlever pendant la déshydratation que celle due à la solution alcoolique, et c’est là un avantage que l’on a quelquefois à rechercher.
3° Propriétés de l’hématéine. — L’hématéine est un colorant nucléaire très net. Elle teint cependant aussi la substance fondamentale du cartilage, celle des os, etc. Elle colore rapidement, il arrive parfois que si on la laisse plusieurs heures