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PHOTOGRAPHIE DES PRÉPARATIONS

MICROSCOPIQUES

La photographie des préparations microscopiques peut rendre de grands services, bien qu’on ne puisse songer à la substituer au dessin à la chambre claire, pour la représenta-

PRFCIS DF TECHNIQUE 1USTOFOGIQUF.

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tion des objets. En effet, tandis que le dessin permet de représenter les détails en les mettant au point et en leur donnant par suite leur forme exacte et nette, la photographie reproduit fidèlement tout ce qui se trouve dans l'épaisseur de la préparation, et les images seules des parties qui sont au point sont nettes : celles des parties qui sont en dessous ou en dessus sont indécises, mal limitées et contribuent par leur présence

à donner à l’ensemble de la figure un caractère d’indétermination assez désagréable. Ces inconvénients n’existent pas pour les préparations très minces, dont tous les points sont pour ainsi dire au foyer en même temps; il en est de même si l’on emploie seulement de faibles grossissements avec lesquels toute l’épaisseur de la préparation est au point.

En ce cas, on peut obtenir des images très suffisantés et qui rendent de réels services, soit pour l'étude des séries de coupes, soit pour la démonstration. Telles sont les photographies reproduites ici ou dans la troisième partie. Il faut ajouter cependant que la reproduction par la gravure a un peu nui à ces photographies en diminuant leur netteté.

Dans les travaux pratiques, on peut faire examiner aux élèves des préparations d’embryons, et leur indiquer en même temps sur les photographies de ces préparations les détails importants. On obtient ainsi une compréhension beaucoup plus rapide des choses; une grande perte de temps en explications souvent mal comprises est évitée, et je crois qu’en étendant cette méthode on arriverait à des résultats très heureux. Enfin, la possession d'une série de photographies peut rendre de rands services au cours de recherches embryologiques.

Fig. 65.

Cellul es pigmentaires de la choroïde de l'homme (photographie).

PHOTOGRAPHIE DES PREPARATIONS MFCROSCOPIQ T ES

1° Appareils photographiques. — Il existe divers appareils pour la photographie microscopique. Les uns, très compliqués et très coûteux sont destinés à photographier des préparations à un très fort grossissement, je n'en parlerai pas, et je décrirai seulement un des appareils simples, et peu coûteux, qui permettent d'obtenir des clichés répondant aux besoins énumérés plus haut.

Je prendrai pour exemple celui de Nachet représenté dans la figure (58. Il consiste en une chambre noire à soufflet, portée sur deux tiges métalliques fixées elles-mêmes sur une planchette quadrangulaire.

Les tiges métalliques portent à une certaine hauteur une articulation à genouillère qui permet d'incliner la chambre noire et de la disposer horizontalement. C’est là une manœuvre inutile que je ne conseille pas pour beaucoup de raisons, et notamment parce qu’il est plus difficile de parcourir ensuite la préparation, le microscope étant lui-

même incliné horizontalement, lorsqu'on veut au cours des opérations chercher un point nouveau de la coupe, ou diverses coupes faisant partie d'une série placée sur la même lame.

Le microscope repose sur la planche qui supporte l'appareil. Pour lui donner plus de stabilité, M. Combres, chef des travaux à la Faculté de Montpellier, a imaginé de faire disposer sur cette planche une planchette creusée de façon à recevoir le pied du microscope qui y pénètre à frottement, de telle manière qu'une fois entré il ne peut plus être déplacé en aucun sens. Cette planchette placée exactement au centre de l’appareil, est mobile d’avant en arrière entre deux règles métalliques, de sorte que l’on peut avancer ou reculer le microscope.

Fig. G6.

Embryon de poulet de iO heures (photographie)

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Ami 1 <W

La chambre noire est maintenue par deux supports, l'un supérieur, l’autre glissant le long des deux montants verticaux et qui permettent de l’abaisser ou de l’élever pour la mise au point. On peut aussi la faire tourner autour du montant de droite, de manière à l'écarter de l’axe de l'appareil et à en débarrasser le microscope pour examiner la préparation. Pour cela on élève le support supérieur qui porte le châssis de

Fig. 67.

Embryon de poulet de 48 heures (coupe transversale de la région

dorsale ; photographie).

la chambre noire, puis le support inférieur qui vient embrasser le manchon extérieur, à l’extrémité du soufllet, et le. soutient, et l’on fait tourner la chambre autour du montant.

L'union entre la chambre noire et le microscope est obtenue à l’aide d’un manchon représenté dans la figure 69. Ce manchon se compose d’une pièce A destinée à être vissée sur le tube extérieur du microscope et qui porte un tube de laiton C, lequel s'emboîte dans un tube un peu plus large B, rattaché à l’extrémité du soufflet et qui se fixe à la partie inférieure du manchon par une articulation en baïonnette. En dedans de ces deux tubes est placé un troisième tube en carton D doublé intérieurement de velours noir, et destiné à absorber tous les rayons lumineux qui pourraient arriver dans l’intérieur du manchon.

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La figure représente en outre sur l’axe même du manchon un tube muni d'un oculaire. G est une pièce qui n est pas livrée d’habitude avec l’appareil et qui a été imaginée par Combres

Fig. 68.

App ar e i 1 m i cr o -pho t ogr ap h i qu e .

Sur la gauclic de la figure on voil la chambre noire dans la position quelle occupe lorsqu'elle est rejetée de côté pour permettre l'observation microscopique.

pour permettre d’observer la préparation. Le manchon étant en place et vissé sur le tube du microscope, le tube l> étant enlevé et rejeté avec la chambre, on place alors ce tube porte-

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oculaire qui s’emboîte clans l’ouverture de la pièce, et permet d’examiner la préparation sans enlever le manchon. Lorsqu'on veut opérer, on enlève ce tube porte-oculaire et on le remplace par un tube porte-diaphragme, lequel admet des

diaphragmes de diamètres différents interchangeables qui permettent d’obtenir des images beaucoup plus nettes. Ce tube de même que le précédent n’est pas livré avec l’appareil, mais on peut se les procurer aisément tous les deux. Il importe absolument qu'aucun rayon lumineux ne puisse pénétrer dans le manchon, et que la face interne du tube à diaphragme soit absolument noire, sous peine de voir se produire des reflets de lumière qui altéreraient les clichés.

Pour fixer le manchon sur le microscope, on commence par dévisser et par enlever le tube interne de ce dernier (ce tube n'est pas représenté enlevé dans la figure 69), puis on visse la pièce A sur le tube extérieur du microscope.

2° Mode d’éclairage. — Une des questions les plus importantes en photographie microscopique, c’est celle de l'éclairage. Il est inutile de chercher à employer la lumière du jour qui est trop variable, et il vaut mieux s’adresser à une source lumineuse constante. J’ai obtenu de très bons résultats à l'aide d'une lampe à gaz munie du bec Auer et pouvant être mise en veilleuse. Cette lampe portée sur un support peut être élevée ou abaissée à volonté. Elle est placée au-devant du microscope à une distance qui varie suivant l'intensité de la lumière dont on a besoin; pour apprécier cette distance on peut placer la lampe sur une large règle graduée fixée en avant du support de l’appareil photographique et le

Fig. 69.

Manchon pour l'appareil microphotographique.

A, pièce basale. — B, tube externe. — C, tube interne. — 1), tube de carton . — Tr,0 , tube porte-oculaire.

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long de laquelle on la promènera, l'arrêtant à tel ou tel point suivant la quantité de lumière nécessaire.

3° Manière d’opérer. — Ces détails connus, voici comment on procède à la photographie. On a choisi une pièce obscure, rendue telle par exemple par un épais rideau noir. 11 n’est pas besoin d’une obscurité absolue comme celle de la chambre noire du photographe, mais il faut seulement éviter l’arrivée de la lumière directe sur l’appareil. Ce dernier est placé sur une table peu élevée, de façon à ce que l’opérateur debout puisse facilement mettre au point sans être obligé de monter sur un tabouret. On a préalablement choisi la préparation à photographier; elle est fixée par les valets et maintenue par eux. Le manchon est mis en place ainsi que le tube porte-diaphragme. L’opérateur cherche sur la plaque dépolie du châssis l’image de l’objet. Au centre de cette plaque se trouve un petit cercle au niveau duquel le verre n’est pas dépoli, et sur lequel l’image se projette avec un peu plus de finesse. C'est en ce point surtout que l’on cherche à voir si l’image est nette et la mise au point suffisante. Pour cela on peut s’aider d'un oculaire ordinaire que l’on pose sur le verre dépoli. La mise au point s’obtient en faisant varier la vis micrométrique, et surtout en tirant ou en refermant le soulllet de la chambre noire. Il faut veiller autant que possible à une mise au point irréprochable.

Ceci fait, on enlève la plaque dépolie et on la remplace par le châssis contenant la plaque photographique. On met alors le bec Auer en veilleuse et on ouvre le châssis. La faible lueur donnée par la veilleuse est impuissante â voiler la plaque. On prend alors en main une montre à secondes et on ouvre le bec de façon à donner la pleine lumière. Au bout de quelques secondes on remet le bec en veilleuse, puis on ferme le châssis, on l’enlève et on va développer la plaque dans la chambre noire. La durée du temps de pose est de trente secondes environ, pour des photographies telles que celles représentées ici ; elle peut d’ailleurs varier et chacun la fixera par sa propre pratique.

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Il y a lieu de remarquer combien l’éclairage indiqué est commode surtout à cause de la possibilité de le réduire d’une manière considérable (mise en veilleuse), de sorte que l’ouverture et la fermeture du châssis peuvent s’opérer sans inconvénient, malgré les faibles mouvements qui se produisent alors inévitablement et qui auraient un retentissement fâcheux sans cela. Si l’on veut photographier une autre coupe située sur la même lame, ou une autre préparation, on se contente de relever la chambre noire et le manchon externe B, puis mettant le tube porte-oculaire dans le manchon G, comme il est représenté dans la figure, on cherche le point, on fixe la lame avec les valets au point convenable, on enlève le tube et on remet le manchon en place, puis on recommence les opérations. Il n’est pas besoin de dévisser le manchon et de remettre le tube du microscope, on évite ainsi une grande perte de temps.

Le développement des clichés, le virage des épreuves, leur fixage se font suivant les méthodes photographiques ordinaires. Un développateur excellent est le diamidophénol,

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