T E G UNIQUE A P P L I Q U E E
samment le tissu réticulé des sinus des ganglions et le revêtement endothélial de ses travées.
Dans un ganglion lymphatique de chien, absolument frais on pousse une injection interstitielle du liquide sus-indiqué, en plaçant la pointe de la seringue immédiatement sous la coque fibreuse du ganglion, qui se gontle. On maintient l'injection pendant quelques minutes en soutenant la pression,
Ganglion lymphatique traité par l'injection interstitielle de liquide de Itenaut (tissu réticulé, photographie).
puis on porte le ganglion dans l'alcool à 90° après y avoir fait quelques incisions destinées à faciliter la pénétration de ce dernier. On change fréquemment l'alcool pour enlever toute trace d'acide picrique, et on fait les coupes dans le microtome de Ranvier soit après simple durcissement par l’alcool, soit après durcissement par la gomme s’il est nécessaire. Les coupes recueillies dans l’eau et soigneusement lavées (si elles ont été gommées) sont colorées à l'hématéine et à l’éosine, et montées dans le baume. Les follicules et les cordons folliculaires restent entièrement encombrés par les globules blancs, mais les sinus sont très bien dégagés par places, et l'on voit admirablement les travées du tissu réticulé, colorées en rose, avec les noyaux violets; sur nombre d’entre elles on peut
TISSU CONJONCTIF
reconnaître les contours des cellules endothéliales imprégnées en noir par l'argent. Je recommande beaucoup ce mode de préparation qui donne des résultats excellents et iaciles à obtenir.
§ 7. — Tissu tendineux
On choisit pour l'étude les tendons très fins et filiformes des muscles spinaux de la queue de la souris, ou bien ceux des fléchisseurs des doigts de la grenouille. Ces tendons sont du reste le modèle simple des tendons plus gros qui consistent eux-mêmes en un groupe de petits tendons filiformes réunis par du tissu fibreux.
lü Préparation des tendons filiformes. -- Pour se les procurer, on coupe à sa base la queue d'une souris récemment tuée, on la dépouille de sa peau, puis saisissant l'extrémité déliée de la queue entre les ongles, au niveau de l'articulation de deux vertèbres, on sectionne les tissus mous, on sépare les deux vertèbres et on écarle les deux fragments. Les tendons, qui ont résisté à la section faite par l'ongle, s’étirent sous forme de longs filaments très fins. On fera avec eux les préparations suivantes :
a. Examen du tendon en extension (Ranvier) . — En maintenant les tendons tendus entre les deux fragments de la queue on les porte sur une lame, on les fixe sur celle-ci par deux gouttes de paraffine placées près de leurs extrémités, puis on les coupe au delà de leurs points de fixation sur la lame de verre. Ils forment alors comme de pelites cordelettes très lines tendues sur le porte-objet. On dépose sur leur milieu quelques gouttes de picro-carmin qui les fixe et les colore à la fois. Au bout de quelques heures on lave à l'eau, puis on monte dans la glycérine formiquée, en ayant soin de laisser en place les goultes de paraffine qui maintiennent les tendons.
On voit les cellules tendineuses rangées en files, colorées en rouge, avec un noyau plus fortement coloré et des stries longitudinales rouge foncé qui répondent aux crêtes d'empreinte.
T E C H N I Q U E APPLIQUE E
Pour rendre la préparation permanente on remplacera la glycérine formiquée par de la glycérine neutre et on lutera en recouvrant avec le lut les filaments qui dépassent les Lords de la lamelle. Lorsque le lut sera suffisamment sec pour maintenir en place les tendons, on coupera les extrémités de ces derniers, et on nettoiera la préparation.
b. Préparation après fixation à V acide osmique. — Les tendons maintenus tendus par un petit poids attaché à leur extrémité ou par tout autre procédé sont fixés pendant vingtquatre heures dans l'acide osmique. Au bout de ce temps ils ne se rétractent plus. On les lave à l’eau, on les colore au picro-carmin pendant vingt-quatre heures, puis on les monte dans la glycérine formiquée. Il n’est pas besoin alors de fixer leurs extrémités. On place sur la même lame quelques tendons dissociés en partie avec des aiguilles et quelques autres intacts. O11 voit alors les cellules tendineuses en place dansles tendons intacts, et plus ou moins isolées dans les dissociations. En imprimant de légers mouvements à la lamelle on peut même en faire rouler quelques-unes dans le liquide pour mieux voir leurs crêtes d’empreinte.
c. Imprégnation au nitrate d’argent. — Les tendons toujours tendus, sont portés dans une solution à 1 p. 300 de nitrate d’argent. On les y laisse quelques instants et on les retire. Ils sont devenus rigides, on les déshydrate et on les monte dans le baume.
Sur ces préparations, on peut voir trois choses : 1° à la surface des tendons, l’imprégnation d’un endothélium régulier qui peut manquer par places; 2° au-dessous de celui-ci ou à des endroits où il manque, l’imprégnation négative de cellules du tissu connectif qui forment des étoiles incolores sur un fond noir ; 3° dans l’épaisseur du tendon, et pas toujours, on peut voir le long des lignes cellulaires des traits transversaux noirs qui répondent aux limites des cellules tendineuses.
2° Étude sur les coupes. — De petits fragments de queue de souris dépouillés de la peau, mais conservant toutes les autres parties en place, sont fixés pendant vingt-quatre heures
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dans de l’acide osmique à 1 p. 100, puis lavés et mis pendant quatre ou cinq jours dans une solution aqueuse saturée d’acide picrique qui décalcifiera les vertèbres. Au bout de ce temps ils sont durcis dans la gomme puis coupés, les préparations bien dégommées sont colorées par le picro-carmin pendant vingtquatre heures et montées dans la glycérine formiquée, ou bien par l’hématéine et l’éosine et montées au baume. Sur ces coupes on voit très bien les rapports des cellules tendineuses avec les faisceaux tendineux et les expansions protoplasmiques des cellules qui se glissent entre les faisceaux (ailes de Grünhagen).
§ 8. — Tissu aponévro tique
On peut grouper sous ce nom deux formes de tissu conjonctif qui, morphologiquement, sont très voisines l’une de l’autre, le tissu des aponévroses, et le tissu lamelleux de la cornée.
1° Aponévroses. — On choisira comme objet d'étude une aponévrose assez mince pour qu’on puisse l'examiner en entier par transparence. L’aponévrose fémorale de la grenouille répond parfaitement à ce but (Ranvier).
Pour la préparer on dépouille de sa peau le membre postérieur d’une grenouille, puis on détache la cuisse en enlevant avec elle une partie du bassin et de la jambe afin de maintenir les muscles fémoraux ainsi fixés au niveau de leurs insertions dans un état de tension moyen. On plonge le tout dans une solution à 1 p. 200 d’acide osmique. Au bout de vingtquatre heures on lave soigneusement à l’eau, puis on découpe dans l’aponévrose qui est devenue rigide un petit lambeau que l'on détache aisément des muscles sous-jacents. On le lave de nouveau à l’eau, on le colore par l’hématéine et par l’éosine et on le monte au baume.
On voit qu'il est formé par deux plans de fibres connectives constitués chacun par des faisceaux connectifs tous parallèles entre eux, mais dont la direction est exactement perpendi-
TECHNIQUE APPLIQUÉE
culaire à celle des faisceaux de l'autre plan. Ces faisceaux colorés en rose sont striés longitudinalement (structure fibrillaire).
Çà et là, entre deux faisceaux consécutifs d'un même plan, existent des feules linéaires plus ou moins longues qui se croisent à angle droit avec celles que l'on trouve dans le plan adjacent.
Les cellules placées à la surface des faisceaux, et pour la plupart entre les deux plans de fibres, présentent des noyaux violets, de contours très irréguliers, et en forme de rein, de croix simple ou à deux branches transversales (crête d’empreinte, Ranvier).
2Ù Tissu lamelleux de la cornée. — Ce (issu est essentiellement formé de lames incolores et parfaitement transparentes, formées de faisceaux disposés perpendiculairement entre eux comme ceux des aponévroses et logeant dans leurs intervalles des cellules du tissu conjonctif. On étudiera : a. la structure des lames; b. l'imprégnation négative par l’argent des cellules cornéennes; c. l’imprégnation au chlorure d'or.
a. Structure des lamelles. — Les lames de la cornée paraissent parfaitement homogènes; pour montrer qu'elles sont formées de faisceaux connectifs fibrillaires, Ranvier emploie le procédé suivant : Lue cornée fraîche est fixée par une épingle à la face inférieure d'un bouchon de liège qui ferme un llacon dans lequel on a disposé quelques centimètres cultes de la solution d’acide osmique à 1 p. 100. Elle est ainsi fixée parles vapeurs osmiques.
On la durcit ensuite par de l'alcool et on en fait des coupes passant bien exactement par des méridiens. On examine ces coupes dans l’eau à un grossissement de 500 à 600 fois. On voit alors que le tissu lamelleux est formé par la superposition régulière de lames dont les unes sont sectionnées perpendiculairement et les autres parallèlement à la direction des libres qui les composent. Les premières sont formées de champs polygonaux granuleux correspondant à la coupe de faisceaux, les autres sont striées en long.
TISSU CONJONCTIF
Dans l'épaisseur de ces lames existent des fentes analogues à celles que l'on trouve dans les aponévroses et qui donnent lieu à ce que l’on a décrit sous le nom de cornecil tubes (Bowmann).
b. Imprégnation négative des cellules corncenncs au nitrate d'argent. — Ranvier conseille comme le plus pratique le procédé suivant : On prend de préférence un petit animal (rat, grenouille, triton) dont la cornée n'aura pas besoin d’être clivée ultérieurement. L’œil étant en place, on passe le crayon de nitrate d’argent sur la cornée, puis on enlève l’œil et on le porte dans de l’eau distillée, on détache la cornée et on racle l’épithélium de sa face antérieure avec un scalpel. On fait, s'il est besoin, quelques incisions radiales sur le bord de la cornée, pour lui permettre de bien s’étaler sur la lame, et on la monte dans la glycérine ou mieux dans le baume.
On voit les cellules et leurs prolongements se détacher en blanc sur le fond brun ou noir de la préparation. C'est alors que l'on peut se rendre un compte exact du nombre et de l’importance des prolongements des cellules connectives.
c. Imprégnation positive des cellules cornéenncs au chlorure d'or. Méthode de Ranvier. — On détache la cornée et on la porte dans du jus de citron où on la laisse pendant cinq minutes, puis dans une solution à 1 p. 100 de chlorure double d’or et de potassium où elle reste un quart d’beure, et on laisse réduire à la lumière du jour dans l'eau acétillée. On monte dans la glycérine.
Il ne faut pas laisser séjourner la cornée plus de vingt-cinq minutes dans le chlorure d'or, sans cela ce ne sont plus les cellules qui sont imprégnées, mais les nerfs.
Par cette méthode on distingue bien les cellules dont le corps et les prolongements sont colorés en violet foncé, les noyaux sont généralement réservés en clair. On voit aussi Irès bien les fentes de la cornée.
Les cellules cornéennes présentent le type corpusculaire chez la grenouille, le lézard, le bœuf, le cheval, le pigeon,
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tandis que chez le triton, le rat, le lapin, le chien, l’homme, elles sont du type membraniforme (Ranvier).