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CHAPITRE

TISSU OSSEUX

Le tissu osseux est absolument caractéristique des vertébrés. Il présente un grand nombre de variétés : tissu compact, tissu spongieux, cément, ivoire, écailles des poissons. Quelle que soit la variété à laquelle il appartient, le tissu osseux est toujours essentiellement formé de cellnles ramifiées, anastomosées entre elles et plongées dans une substance fondamentale dure. Dans les cas les plus simples, il constitue des lames minces, placées au sein du tissu fibreux et dépourvues de vaisseaux. Dans les pièces plus volumineuses, les cellules et la substance fondamentale se développent autour de vaisseaux propres, et enfin on voit apparaître des cavités remplies d’une substance molle, la moelle osseuse.

Un os complet comprend donc toujours une gaine fibreuse (périoste), du tissu osseux, de la moelle osseuse.

Ua dureté du tissu osseux oblige à employer pour son étude des moyens particuliers. Ce sont: la décalcification qui, en dissolvant les sels calcaires, laisse simplement la trame organique et les parties molles que l’on peut couper avec les procédés habituels, et la préparation par usure de lames minces qui permettent d’étudier la disposition des parties dures de l’os. Nous exposerons d’abord ces deux méthodes, puis nous indiquerons un certain nombre de préparations nécessaires pour connaître la structure de l’os.

lu Décalcification. — La décalcification repose sur le prin-

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cipe que certains acides (acides chlorhydrique, nitrique, cliromique, picrique, etc.) forment avec les sels de chaux qui entrent dans la constitution des os, des composés solubles qui abandonnent l'os et se dissolvent dans le liquide décalcifiant.

Celte dernière condition est absolument indispensable. En effet, si l’on attaque la substance des os par l’acide sulfurique, elle se ramollit bien, mais il se forme dans l'intérieur du I issu des cristaux de sulfate de chaux insolubles que l'on ne peut enlever et qui gâtent les préparations.

On peut faire avec chacun des quatre acides que nous avons indiqués des solutions ti fiées qui serviront à la décalcification; nous ne signalerons que les suivantes :

a. Acide chlorhydrique. — L'acide chlorhydrique en solution dans l’eau, de 1 à 10 p. 100 suivant la dureté et la compacité des pièces que l’on traite, décalcifie rapidement, mais il gonfle le tissu et l'altère, aussi faut-il avant de le faire agir fixer les parties molles et les cellules par l'alcool. A 50 p. 100 il agit très rapidement, et permet de décalcifier un os en quelques heures (au détriment de sa bonne conservation bien entendu). La décalcification achevée, et on le reconnaît à ce que l’os se laisse aisément couper avec un scalpel ou percer à l’aide d'une aiguille, on lave soigneusement la pièce dans l'eau, puis on la passe dans l’alcool à 90° pour la durcir ensuite à la gomme ou l'inclure dans la paraffine.

b. Aciie nitrique. — L'acide nitrique pur en solution de 3 à 7 p. 100 dans l'alcool à 70° forme un bon liquide décalcifiant qui agit assez vite, et décalcifie un os en quelques jours, à la condition d’être fréquemment renouvelé. Les pièces sont jaunes, on les lave à l'alcool à 90° de manière à enlever toute trace d’acide, puis dans l’alcool pur.

c. Acide chromique. — L’acide chromique en solution à 1 p. 100 décalcifie bien, mais assez lentement. On ne l’emploie guère seul, mais il donne à quelques-uns de ses composés cetfe propriété décalcifiante. Ainsi la liqueur de Flemming décalcifie suffisamment les os très minces, comme le labyrinthe osseux de petits mammifères. L’acide chromique a l'avantage énorme de lixer en même temps qu’il décalcifie.

d. Acide picrique . — Ou l’emploie en solution saturée dans l'eau. C'est le décalcifiant par excellence : son action est très lente mais très sûre, on devra l’employer toutes les fois que l'on 11e sera pas pressé par le temps. Les fragments à décalcifier doivent être petits, et l’opération dure des semaines et meme des mois.

De tous les liquides que nous venons de citer, et en dehors du liquide de Flemming qui ne peut s’appliquer comme décalcifiant qu'à quelques cas très particuliers, c'est l’acide picrique que l’on doit choisir de préférence. La lenteur de son action est compensée par ce fait qu'il altère moins que tout autre les parties molles du tissu. Nous conseillons donc de procéder ainsi pour la décalcification :

La pièce osseuse est fixée au préalable pendant trois jours dans l'alcool à 90° puis suspendue dans une quantité d'acide picrique appropriée à sa taille (d’un volume oO fois plus grand) et fréquemment renouvelée. L'action du réactif peut être accélérée en maintenant le flacon qui renferme la pièce dans une étuve à 45°. Lorsque la décalcification est achevée, 011 durcit à la gomme et à l'alcool ou bien on lave dans l’alcool à 70° jusqu'à disparition de l'acide picrique et on inclut à la paraffine.

2° Préparation de lames minces par usure. — Cette préparation ne peut se faire que sur des os secs parfaitement dépouillés de parties molles et de graisse. Pour préparer soi-même des os convenant bien à cet usage, 011 enlèvera l'os aussitôt après la mort de l’animal, 011 le dépouillera sous l'eau de ses parties molles, et on le portera dans un bain d’eau toujours maintenue en quantité suffisante pour qu’aucune partie de l'os ne soit exposée à l'air, parce qu’alors la graisse diffuse dans la substance fondamentale et 11e peut plus être enlevée. O11 reconnaît qu'un os est propre à faire ces préparations à sa teinte opaque et d'un blanc parfait ; les os imprégnés de graisse et qui ont un aspect jaunâtre, translucide, doivent être rejetés.

O11 choisit la diaphyse d’un os bien sec et bien blanc et, à l’aide d'une scie fine, on y découpe des tranches aussi minces que possible (i à 2 millimètres). On doit faire ainsi des coupes

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transversales et longitudinales, ces dernières dans deux directions, radiale et tangentielle.

Ces lamelles d’os présentent sur leurs surfaces des stries dues aux dents de la scie, il n'y a pas à s’en préoccuper, elles vont disparaître dans les manipulations suivantes. On maintient ces lamelles appliquées contre une meule fine, en appuyant sur elles la pulpe du doigt; on commence à les user sur les deux faces, puis lorsqu’elles deviennent assez minces pour risquer d’être brisées, on les porte entre deux pierres ponces mouillées à section bien plane, que l’on frotte l'une contre l’autre de manière à amincir encore la lamelle osseuse. Lorsqu’on trouve qu'elle est assez mince, on la lave et on la passe doucement sur une pierre très fine ou sur un cuir à rasoir frotté de craie pour enlever les stries faites par la pierre ponce, et on la lave soigneusement dans l’eau avec un pinceau pour bien débarrasser sa surface de la poussière et des débris qu’elle pourrait présenter. On la passe ensuite dans de l'alcool, on la sèche sur du papier tiltre et une fois bien sèche elle est prête à être montée en préparation.

3° Etude des parties dures du tissu osseux. — Cette étude faite sur des tranches minces d'os sec nous montrera la disposition de la substance fondamentale et la distribution des cavités formées soit par les canaux de Havers, soit par les corpuscules osseux (loges des cellules osseuses) et leurs prolongements (canalicules primitifs), qui la parcourent dans tous les sens. Dans l’os sec, ces cavités communiquent toutes entre elles; pendant la vie elles étaient occupées par les cellules osseuses et par leurs prolongements ou par des vaisseaux sanguins. L'étude de l’os sec donne le moule en creux des parties molles. 11 ne s’agit ici que du tissu compact, nous laissons de

côté les cavités médullaires. L’étude des cavités creusées dans

la substance osseuse, et celle de la structure de la substance fondamentale exigent des préparations spéciales que nous allons indiquer.

a. Etude des cavités de tissu osseux remplies d'air. — Une lamelle d'os sec a été préparée comme il a été dit ci-dessus, et

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parfaitement séchée. On prend un fragment de baume de Canada sec, bien pur et bien transparent, on le met sur une lame et on le fond à la flamme d’une lampe ou sur une plaque chauffante. Lorsqu'il est fondu on y plonge la lamelle osseuse, on recouvre d'une lamelle et on refroidit le tout rapidement sur une plaque de marbre. Le baume se durcit alors assez vite pour ne pas avoir le temps d’envahir les cavités creusées dans l’os, et ces dernières remplies d’air apparaissent en noir sur le fond transparent de la préparation.

Ces préparations montrent admirablement la charpente du tissu osseux et font voir qu’elle est constituée par des lamelles de substance fondamentale entremêlées de corpuscules osseux, qui, colorés en noir et entourés de leurs fins prolongements, ressemblent à de petites araignées. C’est sous cet aspect que le tissu osseux est généralement représenté dans les livres.

Si l’on a une coupe transversale portant sur toute l’épaisseur de l’os, on peut voir des lamelles périphériques qui font tout le tour de l'os (lamelles périostiques), d’autres centrales qui entourent la moelle (lamelles périmédullaires), puis, entre ces deux sortes de lamelles, une série de systèmes distincts formés de lamelles concentriques autour d’une cavité centrale (canal de llavers) et qui constituent les systèmes de Havers. Enfin, entre les systèmes de Havers, et comblant les vides qui existent entre eux, il existe des systèmes intermédiaires , formés d'un certain nombre de lamelles et comparables à des secteurs découpés dans des systèmes de Havers de manière à remplir exactement les espaces qui existent entre ces derniers. Les coupes longitudinales montrent les anastomoses des canaux de Havers.

b. Coloration des cavités de Vos. — La méthode ci-dessus peut être insuffisante pour établir le mode de terminaison des canalicules primitifs. En effet, le baume peut envahir une partie de ces derniers et par suite interrompre leur continuité. Aussi Ranvier a-t-il indiqué un procédé de coloration qui, en teignant exactement les cavités osseuses, permet de les suivre dans toute leur étendue. Le voici : On découpe une lame d’os sec et, on l’amincit sans pousser à bout l’opération. Avec un

scalpel à trempe dure on racle chacune de ses faces pour ouvrir les cavités qui ont été comblées et fermées par la poussière et les débris provenant du frottement. Cela fait, on place la lamelle dans une solution alcoolique de bleu d’aniline qui envahit les canaux de Havers et les corpuscules osseux et se dépose à leur intérieur. Au bout de deux ou trois heures toutes ces cavités sont remplies de bleu. On évapore au bain-marie, on laisse sécher la lame, puis on l'use sur la pierre ponce suivant le procédé ordinaire, en ayant bien soin de mouiller la pierre avec de l'eau salée à 2 p. 100 qui ne dissout pas le bleu. Lorsque la lamelle est suffisamment mince on la monte dans la glycérine salée.

Les images données par ce procédé sont les mêmes que les précédentes, mais elles sont plus complètes, et on peut suivre

les canalicules sur tout leur trajet. On voit que ceux d'un même système s’anastomosent entre eux. Les plus internes vont s’ouvrir dans le canal de Havers. Les plus externes ont un trajet récurrent, se recourbent en anse et reviennent sur euxmêmes ou vont s’unir à d’autres canalicules du même système.

c. Elude des lamelles osseuses. — On prépare une lamelle mince d os sec, on la sèche bien complètement, et on la place dans du baume fondu, que l’on maintient quelque temps en fusion au lieu de le refroidir brusquement comme dans la préparation destinée à montrer les cavités de l’os. Une partie de celles-ci et un grand nombre de leurs canalicules sont oblitérés par le baume qui les a envahis et par suite rendus invisibles, mais par contre les lamelles de substance osseuse se voient très bien. Quelle que soit la direction des coupes (longitudinale ou transversale) la substance osseuse se montre toujours formée de lamelles alternativement homogènes et striées. Sur les coupes transversales, les stries ont une direction radiée à partir du centre du système de Havers.

d. Fibres de Sharpey. — Les fibres de Sharpey sont des libres de tissu connectif chargées de substance osseuse et que l'on trouve dans la partie des os qui est d’origine périostique, ou dans les os d'origine membraneuse. Dans les préparations

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faites par le procédé précédent et montées dans du baume qui se refroidit lentement, on voit souvent ces libres sous la forme de cercles, lorsqu’elles sont coupées transversalement, ou bien de courts cylindres lorsqu'elles sont coupées en long ou obliquement.

On peut les voir très aisément dans les os plats du crâne. On prend un os de la voûte, bien sec, on y découpe une mince lamelle que Ton use par le procédé ordinaire, puis que l'on décalcifie rapidement dans l’acide chlorhydrique à 2 p. 100 (Ranvier). L’action décalcifiante est très rapide, et on peut même examiner la préparation dans l’eau acidulée qui a servi à la faire. Les fibres de Sharpey se voient bien à cause du faible indice de réfraction du milieu.

4° Examen des parties molles de l’os. Cellules osseuses. — Les cellules osseuses sont logées dans les cavités étoilées que l'on trouve dans la substance dure et que l'on a appelées bien improprement les corpuscules osseux. Ce sont des cellules délicates qui facilement se rétractent, et dont tous les détails ne se voient pas parfaitement sur les pièces décalcifiées dont on se sert d'habitude. Aussi pour en prendre une bonne idée, faut-il s'adresser à des pièces osseuses très minces, par suite "très facilement pénétrables aux réactifs fixateurs, et qui possèdent de plus des cellules osseuses bien développées et de grande taille. Les diverses pièces minces de l’opercule des Téleostéens répondent bien à ces desiderata. On verra ensuite comment les cellules osseuses se montrent dans les os de l’homme et des mammifères.

a. Elude de la cellule osseuse de l'opercule des Tclèoslèens. — On choisit 1 opercule très mince d’un petit poisson osseux. On enlève ses parties molles, on le fixe par le liquide de Flemming dans lequel il doit séjourner quarante-huit heures environ. Au bout de ce temps, la lame osseuse est décalcifiée et a pris une certaine souplesse. On la lave longuement à l’eau, puis on la colore à l'aide du bleu polychrome suivant les règles indiquées page 181. Mais après le lavage à 41° consécutif à l’action du glycerinœthermischung, au lieu de passer dans

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F alcool, on la porte dans une goutte de glycérine. Si la lame osseuse est un peu épaisse, on peut alors en la raclant avec un scalpel la cliver en lamelles minces assez transparentes pour être soumises à l’examen. On recouvre d'une lamelle, et on lute à la paraüine et à la cire. La substance fondamentale de Los est à peine colorée, les cellules au contraire ont une teinte plus vive et l’on peut suivre aisément les plus fins prolongements, qui sont très nombreux et s’anastomosent.

b. Etude de la cellule osseuse dam l'os décalcifié. — On prend un fragment d'un os quelconque, on fixe ses parties molles par un séjour de trois à quatre jours dans l’acool, puis on le porte dans une solution aqueuse saturée d’acide picrique que l'on renouvelle souvent. Au bout de sept à huit semaines la pièce est décalcifiée. On la durcit dans la gomme et l'alcool. L’inclusion à la paraffine convient mal parce qu’elle est très longue, et que le tissu fixé insuffisamment par l'alcool et l'acide picrique pour supporter l’effet de ce long séjour dans la paraffine, est toujours altéré par elle. Après durcissement on coupe au microtome à plan incliné, on lave les coupes et onles colore au picro-carmin ou bien à l'hématéine et à l’éosine. Dans ce dernier cas on monte au baume.

Les cellules osseuses se montrent comme des corpuscules étoilés, munis de prolongements courts. Elles sont rétractées dans leur loge et n’occupent qu'une partie de cette dernière. La plupart des canalicules osseux sont effacés et ne se voient plus, ce qui tient soit au gonflement de la substance fondamentale par le réactif décalcifiant, soit à leur indice de réfraction peu différent de celui du milieu. Quoi qu’il en soit, on est surpris de voir combien le même os qui, sec et usé en lamelle mince, se montrait admirablement riche en canalicules osseux, en semble maintenant dépourvu. C'est là un bon exemple pour faire saisir aux débutants l'influence de la méthode employée sur les résultats fournis par les préparations.

La substance fondamentale est colorée en violet par l’hématéine, en rouge par le carmin. Les prolongements protoplasmiques sont eux-mêmes courts et se perdent bien vite dans les canalicules incomplet? de la substance fondamentale.

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Nous parlerons ultérieurement du périoste et de la moelle.

Si l’on veut examiner des coupes très minces d’os décalcifiés, et cela ne peut se faire qu’après inclusion à la paraffine, on choisira des os de très petite taille pris à des animaux jeunes (tibia de la souris, etc.), on en fixera de petits fragments dans du liquide de Flemming où ils séjourneront au moins quarante-huit heures ; il faut changer deux ou trois fois le liquide. Au bout de ce temps ils sont suffisamment décalcifiés et fixés. O11 les lave très soigneusement à l’eau, on les déshydrate complètement, on les traite parle xylol (deux jours), et on les inclut à la paraffine, la pénétration de cette dernière est lente. On colore les coupes à la safranine et au vert lumière ou bien à la safranine, au violet de gentiane et à l'orange. Les cellules osseuses se montrent un peu mieux conservées, avec des prolongements plus nombreux et plus longs que dans les préparations précédentes.

5,J Moelle osseuse. — La moelle osseuse est située dans les cavités médullaires, dans les aréoles du tissu spongieux, dans les canaux de Havers. Elle présente trois variétés : la moelle adipeuse ou jaune, que l'on trouve dans les os longs des animaux adultes, la moelle rouge qui existe dans les os longs des animaux jeunes et dans certains os des adultes, enfin la moelle muqueuse qui remplit les aréoles des os de la face. On étudiera de préférence la moelle rouge qui est une moelle en activité. Nous indiquerons ci-dessous plusieurs manières de préparer la moelle osseuse, et nous commencerons par signaler un moyen d’étudier les vaisseaux sanguins.

Quel que soit le mode de préparation que l'on veuille lui faire ultérieurement subir, pour se procurer de la moelle on fend un os long à l’aide d'un scalpel dur, et d'un maillet, ou en le faisant éclater entre les mors d’un étau. L’os ainsi fendu permet d’arriver directement sur la moelle que l'on fixera in loto ou en partie par les fixateurs indiqués plus loin. Il faut éviter d’employer la scie qui entraîne dans la moelle osseuse des parties qui ne s'y trouvent pas naturellement, a. Elude des vaisseaux sanguins , — Les vaisseaux sanguins

de l‘os sont situés pour la plupart dans la moelle, ceux du tissu compact occupent les canaux de Havers. Pour les étudier on injecte une masse de gélatine au bleu soluble dans l’artère nourricière, puis on fixe par l’alcool et on décalcifie par l'acide picrique.

Sur les lames usées d'os sec on voit facilement la distribution des canaux de Havers qui reproduit celle des vaisseaux.

b. Dissociation de la moelle osseuse. — Un fragment de moelle rouge ayant été dégagé comme il a été dit ci-dessus sur un animal qui vient d’être tué, on en prend sur la pointe d’un scalpel une petite quantité que l’on dissocie avec les aiguilles dans un liquide indifférent (sérum sanguin, eau salée à 7 p. 1000). On recouvre d’une lamelle et on observe. Dans de bonnes conditions on peut voir les mouvements amiboïdes des leucocytes. On distingue à la fois : ces derniers ; de grandes cellules à noyaux bourgeonnants; des globules rouges contenus dans des vaisseaux capillaires ou bien libres; des cellules à noyau et renfermant de f hémoglobine ; des cellules génératrices de l'os (ostéoblastes); enfin, parfois, de grandes cellules à noyaux multiples (myéloplaxes). Ces deux derniers éléments sont parfois un peu ditliciles à trouver, nous indiquerons deux modes de préparations qui en fournissent. Pour plus de facilité, on peut aussi fixer de petits fragments de moelle fraîche dans l’alcool au tiers pendant dix à trente heures (Ranvier), puis les dissocier dans l’eau, les colorer au picro-carmin et les examiner dans la glycérine introduite avec précaution sous la lamelle. On a ainsi des préparations permanentes. I/hémoglobine des cellules qui en renferment a été dissoute par l'alcool au tiers.

c. Coupes de la moelle osseuse. — On tâche de dégager un fragment de moelle osseuse par éclatement d'un os. Lorsqu’il est mis à nu, autant que cela peut se faire sans risquer de le déchirer, on le plonge, au besoin avec quelques fragments d’os qui y adhèrent encore, dans un fixateur, puis on l’inclut à ja paraffine. On peut recommander deux méthodes principales : lu fixation au sublimé; 2° fixation à la liqueur de Flemming.

1° On fixe au sublimé, on lave soigneusement à l’alcool à

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70° iodé, puis à l'alcool à 90°; lorsque la pièce est devenue dure on achève de la dégager entièrement de l'os, on inclut dans la paraffine. On fait des coupes minces que l’on colore ensuite à l’hématéine et à l’éosine. Sur ces coupes on voit très bien les différentes cellules médullaires et le réticulum fin de cellules conjonctives qui existe entre elles.

2Ü On fixe par le liquide de Flemming, on inclut à la paraffine et on fait les coupes que l'on colore à la gentiane et à forante ou au hleu polychrome. Gomme les cellules contiennent de la graisse, il faut monter les coupes dans le baume au

chloroforme .

d. Recherche des ostéoclastes ou myèloplaxes . — Ces cellules ne se rencontrent pas toujours avec la même abondance dansla moelle osseuse. Elles se trouvent surtout au niveau des points où existe une résorption rapide de l’os. Eternod conseille sous ce rapport d’examiner la face interne des côtes qui est en voie de résorption constante. On fixe un fragment de côte de cobaye jeune par la liqueur de Flemming, on le laisse séjourner quarante-huit heures dans la liqueur renouvelée deux ou trois fois, on lave à l'eau, on déshydrate et on inclut dans la paraffine. On colore par les couleurs d’aniline, coloration de Benda, de Flemming, et on monte au baume.

e. Elude delà moelle muqueuse , ostéoblastes. — Les ostéoblastes sont les cellules formatrices de la substance osseuse. Ils existent partout où se forme de l'os, on les trouve aussi dans les dissociations de moelle osseuse, mais on peut les examiner plus facilement que partout ailleurs dans les coupes des os de la face dont les aréoles sont remplies parla moelle muqueuse, formée de tissu connectif muqueux.

On prend le maxillaire inférieur d’un fœtus avancé, on le fixe par l’alcool, on le décalcifie par l’acide picrique, on le durcit par la gomme et on en fait des coupes transversales par rapport à l'axe de l’os. On colore au picro-carmin et on monte à la glycérine. On voit le tissu muqueux traversé par des vaisseaux capillaires occuper le milieu des mailles formées par les travées de substance osseuse. Les bords de ces travées sont recouverts par les ostéoblastes rangés régulièrement les

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uns à côté (les autres, et ayant pris par suite une forme épithéliale. Les travées osseuses sont colorées en rouge vif par le carmin, les ostéoblastes en rouge-brun.

6° Périoste. — Le périoste est une gaine fibreuse qui entoure l'os. Pour l'étudier on prend un os long dépouillé des muscles qui l’entouraient, en respectant soigneusement le périoste. On le fixe par l’alcool fort, puis on le décalcifie à l’acide picrique, on le durcit par la gomme et on en fait des coupes longitudinales et transversales. On les lave soigneusement à l'eau et on les colore au picro-carmin, puis on les monte dans la glycérine.

Ces coupes montrent le périoste en rapport avec l'os. On voit qu'il est formé de deux couches, une externe constituée par des fibres connectives longitudinales entremêlées de libres élastiques colorées en jaune, une interne rougeâtre, contenant chez l'adulte des fibres plus fines que celles de la périphérie, chez le fœtus ou l'animal en voie de croissance des ostéoblastes serrés les uns contre les autres.

Sur les coupes longitudinales on voit certaines fibres connectives du périoste passer dans l'os et se fondre dans sa substance.

7° Ossification. — Pour étudier l’ossification, comme il se rencontre dans ce stade de l’évolution des éléments très délicats, il importe de faire une fixation très énergique. La liqueur de Flemming réussit très bien, elle décalcifie en même temps assez pour permettre de faire les coupes. On enlève avec précaution un métatarsien ou un métacarpien de fœtus de cobaye, en laissant en place la plupart des parties molles qui l'entourent; on le met pendant deux jours dans le liquide de Flemming renouvelé deux ou trois fois, on lave à l'eau, on déshydrate et on inclut dans la paraffine parce qu'il est bon d'avoir des coupes très minces, et qu'il n’est pas inutile non plus d’avoir des coupes sériées. Mais, comme on a vu chapitre III, page 130, que l’inclusion à la paraffine n’était pas sans altérer un peu les éléments cellulaires, sur une pièce identique pré-

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parée de la même façon, fixée au liquide de Flemming, lavée à l’eau et passée simplement dans l’alcool à 90°, on fera sans autre durcissement des coupes aussi minces que possible qui

serviront en quelque sorte de témoins. Ces coupes, comme celles faites après inclusion dans laparafline, doivenlêtre parai -

co

so

J. Abadie

JTLs

Coupe longitudinale d’un os long en voie d’ossification (fixation an liquide de Flennning, coloration par la méthode du même auteur) .

p , périoste. — o. ostéoblastes à la surface de la substance osseuse. — co, cellules osseuses. — so, substance osseuse. — m , moelle. — v , vaisseaux. Stiassuie, ocul. i , object. 5

lèles à l'axe longitudinal de l’os et au plan vertical médian de l’animal, en d’autres termes doivent passer par le plan dorsoventral du membre.

Quel que soit leur mode de préparation (c’est-à-dire qu’elles soient incluses ou non), ces coupes seront colorées par les couleurs d’aniline (coloration deBenda, de Flemming) et montées au baume, (.es travées cartilagineuses qui servent d’appui aux

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lamelles osseuses sont toujours moins fortement colorées que ces dernières dans l’épaisseur desquelles on verra des ostéoblastes à demi enfouis.

Dans les préparations teintes à l’hématéine les travées du cartilage sont fortement colorées en bleu. On peut, chez un animal nouveau-né, injecter au bleu de Prusse les vaisseaux d'un os long, décalcifier à l'acide picrique et faire des coupes pour voir comment les vaisseaux se comportent sur la ligue d'ossification.

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