‹ Précis de technique histologique et embryologiqueChapitre 80 sur 133 · C II A PT THE IV · texte numérisé non relu

C II A PT THE IV

SANG

Le sang est le principal liquide nourricier de l’organisme des vertébrés. Chez ces animaux il partage cette fonction nutritive avec la lymphe; de plus il est spécialement chargé de transporter les gaz de la respiration (oxygène, acide carbonique), et les produits d’excrétion (urée).

On peut le considérer comme un tissu dont les globules représenteraient les éléments cellulaires, et le plasma dans lequel ils nagent, la substance fondamentale.

Pour prendre une connaissance suffisante du sang il faut faire la série de préparations indiquées ci-dessous.

§ 1. — Examen du sang vivant

Cet examen doit être fait au moment même où le sang vient d'être tiré d'un vaisseau, car il s’altère presque instantanément.

On peut le pratiquer directement, en observant le sang tel qu’il est au sortir du vaisseau, ou bien en le diluant dans un sérum. Nous examinerons à part quelques cas.

lu Examen direct du sang de mammifère. — O11 se procure une goutte de sang soit en se piquant légèrement la pulpe

du doigt avec une aiguille préalablement flambée, soit en faisant une très légère entaille à l’oreille d’un rat blanc ou bien encore en piquant la pulpe de la patte d'un cobaye, après l’avoir bien lavée. On dépose le sang sur une lame, on recouvre d’une lamelle, on lute très rapidement à la paraffine, et on observe immédiatement à un grossissement de 300 fois au moins. La préparation est absolument remplie de corps rougeâtres ou mieux orangé pâle, qui se touchent tous, et peuvent être nombreux au point de gêner l’examen si la couche de sang est un peu épaisse, ce qu’il faut éviter. Ces corps sont les globules rouges. Çà et là au milieu d’eux se voient d’autres corps sphériques un peu plus gros et absolument incolores, ce sont les globules blancs. Les globules rouges, qui se montrent tantôt de face et tantôt de profil dans la préparation, et (pii roulent sur euxmêmes au moindre mouvement imprimé à la lamelle, laissent voir leur forme en disque excavé au centre sur ses deux faces. Lorsqu’il est vu de profil, un globule rouge se montre avec la forme d’un biscuit légèrement renllé à ses deux extrémités. S’il est vu de face, le renflement de ses bords se reconnaît aux différences d’aspect qu’il présente suivant la position de l’objectif. Après que l’on a bien mis au point, lorsqu’on éloigne l’objectif, le bord du globule devient brillant et son centre obscur ; lorsqu’on rapproche l’objectif, le centre devient brillant et le bord obscur (Ranvier).

Pendant les mouvements du liquide, on peut aussi juger de la souplesse et de l’élasticité des globules qui, s'ils viennent à être pliés ou comprimés, reprennent d’eux-mêmes leur aspect normal dès que la cause de leur déformation a disparu.

Beaucoup de ces globules sont empilés comme des pièces de monnaie, et les piles qui se défont par suite des mouvements imprimés à la lamelle se reforment bien vite avec les mêmes globules ou avec leurs voisins.

Au bout de quelques instants on voit déjà certains globules présenter des altérations notables. Beaucoup offrent sur leur bord des échancrures plus ou moins profondes ( globules crénelés]), puis les échancrures se prononçant davantage et la substance intermédiaire entre elles s’effilant en pointe, ils de-

Page 1