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CHAPITRE VIII

TISSU NERVEUX

Le tissu nerveux se compose essentiellement de cellules qui présentent une structure assez compliquée et constituent chacune un petit appareil nerveux élémentaire appelé neurone. Un neurone est composé d'un corps cellulaire (cellule nerveuse) muni de prolongements. Le corps cellulaire est de forme variable : multipolaire, globuleux, etc., mais généralement assez volumineux comparativement aux autres cellules de l’économie. Il est muni d’un noyau sphérique renfermant d'habitude un gros nucléole arrondi.

Les prolongements du corps cellulaire sont en général de deux sortes : les uns courts, mais très ramifiés et très touffus (i dendrites ), s’éloignent peu de la cellule ; l’autre, généralement unique dans une cellule (prolongement cylindraxile axone ou neurite ), est très long, droit, et ne se ramifie pas ou donne seulement quelques branches collatérales. Toutefois, dans cer-

taines cellules (cellules bipolaires des ganglions spinaux des poissons, cellules en T de ces mêmes ganglions chez les mammifères), les prolongements, au nombre de deux, présentent tous deux le caractère de cylindraxes.

Les cellules nerveuses et leurs dendrites sont situés dans les centres nerveux ; leurs prolongements cylindraxiles abandonnent ces derniers et se réunissent en faisceaux plus ou moins volumineux (nerfs) se rendant au loin dans les differents organes où ils se terminent de diverses manières. Il résulte de là que l’on ne peut étudier un neurone dans une seule préparation dont il dépasse d'habitude de beaucoup les limites, el qu'il faut examiner à part le corps de la cellule, le nerf et sa terminaison. De plus, étant donné la constitution très différente des parties dans lesquelles siègent ces trois sections de l’élément nerveux, il faudra nécessairement appliquer à l’étude de chacune d’elles des méthodes différentes. C'est ce que l’on fera en étudiant à part : 1° les cellules nerveuses; 2° les nerfs; 3° les terminaisons nerveuses (quelquesunes seulement).

Dans les centres nerveux développés autour du canal épendvmaire et dans ceux-là seulement, on trouve un tissu de soutien formé de cellules et de fibres, la névroglie. Les cellules névrogliques qui engendrent les libres de même nom, dérivent comme les cellules nerveuses du neuro-épithélium de la gouttière médullaire, et présentent des rapports étroits avec les éléments nerveux proprement dits. On les étudiera à la suite de ces derniers.

L’étude du tissu nerveux, ainsi comprise, dispense de consacrer un chapitre à part au système nerveux, qu’elle aura fait suffisamment connaître.

§ 1 . — Cellules nerveuses

Les cellules nerveuses ont, comme on l'a déjà vu plus haut, des formes très variables. En dehors de la forme, un caractère important permet de distinguer les cellules des ganglions périphériques, y compris es ganglions spinaux, des

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cellules encéphalo -médullaires : c’est que toutes les cellules des ganglions périphériques, d’une forme globuleuse (bien que munies de plusieurs prolongements), sont entourées d’une capsule endothéliale qui se moule sur elles, tandis que les cellules des centres encéphalo-médullaires ou si l’on veut péri-épendymaires, de forme polyédrique épineuse, sont nues.

Ces dernières répondent généralement au type du neurone, c’est-à-dire sont munies de dendrites et d’un prolongement cylindraxile pourvu d’un petit nombre de collatérales ; cependant on en trouve certaines dont le prolongement cylindraxile se ramifie beaucoup et se termine à une courte distance du corps cellulaire (cellules du type II de Golgi). Les dendrites se distinguent du neurite par leur grosseur plus grande au voisinage de la cellule, puis par leurs ramifications nombreuses, les varicosités et les épines courtes qu'elles présentent. Le cylindraxe est plus fin et sa surface est lisse; il ne présente de varicosités qu’au niveau de sa terminaison.

Les cellules des ganglions spinaux sont globuleuses, elles présentent chez les poissons deux prolongements cylindraxiles partant de deux pôles opposés. Chez les autres vertébrés elles n’ont qu’un prolongement cylindraxile qui se branche en T à quelque distance de la cellule (Ranvier), et qui résulte de l’accolement des deux prolongements du type cidessus.

Les cellules des ganglions sympathiques, également globuleuses, possèdent un prolongement cylindraxile et des dendrites. Ces derniers sont moins touffus que ceux des cellules nerveuses centrales ; ils ne sont pas non plus munis d’épines latérales courtes et se rapprochent par certains caractères des cylindraxes.

Pour étudier les cellules nerveuses il faut employer diverses méthodes dont chacune met en évidence certaines particularités de ces cellules et ne montre que celles-là, laissant les autres dans l’ombre. Ainsi les dissociations donneront seules une bonne idée de la forme des cellules ; les coupes minces faites après de bonnes fixations permettront

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