‹ Précis de technique histologique et embryologiqueChapitre 91 sur 133 · TISSU M U S C Ü L A 1 U E · texte numérisé non relu

TISSU M U S C Ü L A 1 U E

spécialement lixée sur certaines de ses stries transversales.

Le sarcolemme, étroitement appliqué contre la libre, ne se voit pas, sauf dans les cas de rupture de la substance contractile.

La striation de la substance contractile est à la lois transversale et longitudinale : on expliquera cette dernière à propos des champs de Conheim (vov. plus loin). Quant à la striation transversale qui a une haute importance, on l'étudiera non seulement sur les libres de mammifères telles que celles que nous venons d'indiquer mais encore sur les libres d’insecles, où elle est plus développée et plus facile à voir à des grossissements moyens.

3 Préparation des muscles des insectes. — Les muscles des insectes présentent des détails de structure assez différents suivant qu'ils appartiennent aux ailes ou aux pattes de ces animaux. Les muscles des ailes sont particulièrement favorables pour étudier la composition du muscle en fibrilles musculaires ; nous ne parlerons ici que des fibres des pattes et de celles de l'intestin.

a. Fibres des pâlies. — Ou arrache une patte d'un hydrophile au niveau de son insertion Sur le thorax ; avec une seringue de Pravaz on y injecte quelques gouttes d’alcool absolu, et on porte la patte entière dans le même liquide. Le lendemain on extrait quelques faisceaux musculaires qui sont lavés à l'eau, dissociés, colorés au picro-carminate et montés dans la glycérine.

b. Fibres musculaires de V intestin. — On ouvre un insecte de grande taille : hanneton, hydrophile; on découvre son intestin dans lequel on injecte entre deux ligatures un peu d'alcool absolu. On détache le fragment d’intestin distendu par l'alcool et on le porte dans une boite de verre contenant de l’alcool à 90°. On l'y laisse vingt-quatre-heures, puis on le découpe, on le porte dans l’eau et à l’aide d’un pinceau on balaye soigneusement l’épithélium qui tapisse sa face interne. Il en reste toujours quelques cellules placées au fond de légères cryptes glandulaires, mais elles ne gênent pas l’observation.

TECHNIQUE APPLIQUÉE

On colore au picro-carminate et on monte à la glycérine ou au baume. Il est facile de voir des libres musculaires longitudinales et transversales qui, par places, se dissocient en fibrilles obliques, lesquelles vont établir des anastomoses entre les différentes libres. Les disques coloréset les disques clairs se voient très aisément : les premiers ont les mêmes réactions colorantes que les libres musculaires lisses.

4° Striation longitudinale des fibres. Champs de Conheim. — La striation longitudinale des libres est en général moins marquée que leur striation transversale, elle se voit bien surtout sur les libres qui ont séjourné longtemps dans l'alcool. Elle est due à ce que la libre est formée par une certaine quantité de cylindres ou mieux de prismes (cylindres de Leydig) placés au contacl les uns des autres et séparés par une très petite quantité de protoplasma modifié, 1 esarcoplasma. On peut mettre cette striation en évidence à Laide du chlorure d'or. Les muscles sur lesquels on recherche les plaques motrices conviennent très bien (muscles de la cuisse du lézard, etc.), on les traite parle procédé indiqué à propos des plaques motrices et ou choisit les fibres sur lesquelles l’or s’est le mieux réduit, c'est-à-dire celles qui ont une belle coloration violette ; à un fort grossissement on voit que le sarcoplasma de ces fibres est coloré en violet.

Conheim faisait des coupes minces sur des muscles congelés et les traitait par le chlorure d'or. Sur les coupes transversales faites par cette méthode le sarcoplasme limite de petits champs polygonaux, champs de Conheim, répondant chacun à la section d’un cylindre de Leydig.

Les champs de Conheim se voient sur la plupart des coupes transversales des muscles, et notamment dans les larves de triton, fixées par la liqueur de Kleinenberg, incluses à la paraffine et colorées à Lhématéine et à l'éosine.

5° Décomposition en disques des fibres musculaires (disques de Bowmann). — Si l'on traite des fibres musculaires par l’acide chlorhydrique à t p. 100, ou par l’acide acétique

à 0,5 p. 100, on les voit se décomposer en disques superposés qui restent souvent unis entre eux sur un des bords de la libre. Pour produire celle décomposition Ranvier indique le moyen suivant : On enlève à un animal récemment tué un muscle que l’on fait congeler et dans lequel on pratique des coupes minces, bien parallèles aux fibres, afin d'avoir celles-ci dans leur longueur, on les dissocie légèrement dans le picrocarminate, et on observe. On peut ajouter un peu de glycérine pour rendre la préparation permanente.

6° Rapports des tendons avec les fibres musculaires. —

Pour voir comment les fibres musculaires se comportent au niveau des tendons, Ranvier recommande la méthode suivante : On chauffe de l'eau jusqu’à 55° et on y plonge une grenouille vivante qui au bout de quelques instants se raidit et meurt. On la laisse dans l’eau chaude pendant un quart d'heure environ, l’eau étant retirée du feu. Au bout de ce temps on découvre le gastrocnémien, on détache ses tendons, puis on y fait avec des ciseaux de minces coupes longitudinales

comprenant à la fois le muscle et le tendon. On dissocie ces coupes avec soin et l'on obtient toujours quelques fibres musculaires propres à l'observation ; on colore au picro-carminate et l'on monte dans la glycérine. On voit le sarcolemme se continuer sur l’extrémité terminale de la fibre musculaire et s'accoler avec l'extrémité d'un faisceau tendineux légèrement

excavée pour le recevoir. La substance contractile est d’habitude rétractée à l'intérieur du sarcolemme, de sorte que l'on voit très bien ce dernier se poursuivre à la surface de la petite cupule tendineuse.

7U Coupes. — On pourra faire des coupes après les divers modes de fixation connus. Il vaut mieux ne pas inclure à la paraffine, car les muscles se laissent mal pénétrer par cette substance et les inclusions sont très délicates. Cependant sur des pièces de petite taille, et avec des précautions, on peut obtenir de bons résultats des coupes à la paraffine. Le mode de coloration sera approprié à la fixation, c’est-à-dire que

TECHNIQUE APPLIQUE

l'on réservera les couleurs d’aniline pour les pièces fixées par le liquide de Fleinming fort.

§ 3. — Fibres musculaires cardiaques

Les libres musculaires du cœur sont divisibles en segments courts (segments de Weismann) possédant chacun un noyau et ayant la valeur d'une cellule. Il y a diverses manières de les préparer.

1° Dissociation par la potasse à 40 p. 100. — On place un fragment de myocarde dans un verre de montre renfermant quelques centimètres cubes de la solution de potasse à 40 p. 100. Au bout d'une vingtaine de minutes la dissociation est opérée par la seule action du réactif, et les segments isolés forment comme une poussière au fond du verre. On recueille avec une pipette un peu de cette poussière que l'on porte sur une lame de verre. On recouvre d’une lamelle el on observe. On voit qu'il s’agit de segments cylindriques simples ou branchés en V et dont les extrémités sont irrégulières et comme dentelées.

2" Imprégnation du myocarde au nitrate d'argent. —

I n fragment de la face interne d'un ventricule est enlevé avec l’endocarde (Raxvieu). On le place dans une solution à 1 |*. 300 de nitrate d’argent pendant une heure. On le lave à l’eau distillée, puis on arrache l’endocarde qui entraîne avec lui quelques libres musculaires. On monte l'endocarde dans la glycérine, sa face profonde étant tournée en haut, on recouvre d'une lamelle et on observe. On voit fréquemment des libres musculaires présenter de distance en distance des (raits noirs de nitrate d'argent qui répondent aux limites d'un segment.

3° Fibres de Purkinje. — Un cœur de mouton est lixé par la liqueur de Müller, les ventricules étant ouverts. Au bout de quelques jours on fait à la face interne d’un ventri-

TISSU NERVEUX

cule deux incisions convergentes et, saisissant avec des pinces la pointe du lambeau ainsi circonscrit, on l’arrache avec ménagement. On le lave longuement à l’eau, on le colore au carmin aluné, puis on le monte dans la résine dammar. On voit les libres de Purkinje formées do lignes de cellules arrondies, claires, munies de deux noyaux et d une écorce striée.

4" Coupes. — Le myocarde fixé par la liqueur de Millier, durci à la gomme et l'alcool, permet d'obtenir de 1res bonnes coupes qui, colorées à Thématéine et à l'éosine, puis montées dans la résine dammar, montrent bien la structure des libres musculaires. On peut faire aussi des inclusions dans la paraffine avec les précautions indiquées pour les autres muscles.

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