‹ Précis de technique histologique et embryologiqueChapitre 94 sur 133 · T I S S U N E R V EUX · texte numérisé non relu

T I S S U N E R V EUX

ajoute ensuite quelques gouttes d'une solution de picro-carminate au centième, de manière à donner à l’eau une teinte rose. Généralement au bout d'une heure la coloration des cellules ganglionnaires, isolées et en suspension dans l’eau, est déjà suffisante. On ajoute alors un peu d'une solution d’acide osmique au centième, un centimètre cube par exemple. Les éléments, dissociés par l'alcool au tiers et colorés par le picro-carminate sont fixés par l'acide osmique : c’est là le principe de cette méthode. En quelques heures la fixation est produite. »

On enlève alors le liquide et on le remplace par de beau distillée que l’on renouvelle plusieurs fois de façon à bien enlever toute trace d’acide osmique. On puise alors au fond du verre quelques cellules à l’aide d'un tube de verre ouvert aux deux bouts, et qui fonctionne comme une pipette. Pour s'en servir on bouche avec le doigt une de ses extrémités

pendant que l’on enfonce l’autre dans l’eau, et lorsque cette dernière est arrivée sur les cellules qui reposent au fond du verre, on lève brusquement le doigt qui bouchait l'extrémité supérieure; l'eau s’élève dans le tube, entraînant quelques cellules; on replace le doigt sur l’orifice supérieur et on trans-

porte les cellules ainsi recueillies sur une lame de verre.

On recouvre d’une lamelle et on observe; si l’on veut rendre la préparation permanente on introduit de la glycérine sous la lamelle et on lute.

11 arrive que la glycérine en pénétrant sous la lamelle entraîne les prolongements de la cellule, les réunit en faisceaux et les emmêle au lieu de les laisser isolés et écartés comme ils le sont à l'état habituel. Pour éviter cet inconvénient, Ranvter conseille de monter la préparation dans la glycérine gélatinée (voy. p. 70). On place un petit fragment de cette dernière sur une lame de verre que l’on chauffe dans une étuve à 40° environ. Le fragment fond et forme une goutte qui s’étale. A ce moment on y ajoute les cellules ganglionnaires que l'on a recueillies avec la pipette, on mélange avec une aiguille et on recouvre d’une lamelle. La masse en se prenant par refroidissement empêche aux prolongements cellulaires de

PIŒCIS DE TECHNIQUE IlISTOLOGloUE.

se déplacer sous les mouvements que l'on peut imprimer à la lamelle. On lait ainsi un grand nombre de préparations, il s'en trouve toujours quelques-unes renfermant des cellules de toute beauté.

Le corps cellulaire est très nettement fibrillaire ainsi que les prolongements protoplasmiques qui en partent. Ces derniers sont généralement cassés à une courte distance de la cellule, et ne présentent qu’une ou deux branches bien vite interrompues Le noyau est sphérique, clair et muni d'un gros nucléole arrondi teint en rouge par le carmin. Le prolongement cylindraxile se reconnaît à ce qu’il est plus clair, plus homogène et qu'il ne présente pas de branches.

Dans certaines cellules on trouve un petit amas de pigment brun ou jaunâtre siégeant vers l’un des pôles de l’élément.

2° Dissociation des cellules des ganglions spinaux. —

La méthode employée pour opérer cette dissociation est due à Kanyieh.

On découvre un ganglion spinal, ou le ganglion de Casser chez un lapin jeune, on y fait une injection interstitielle d’acide osmique à 2 p. 100, on laisse le ganglion séjourner environ un quart d’heure dans la même solution, puis on le lave à l’eau distillée et on le coupe en tranches minces sans inclusion préalable. Chaque tranche est portée sur une lame, et dissociée avec les aiguilles. On examine la préparation dans l’eau.

Lorsqu’on a trouvé quelques cellules bien fixées et bien dissociées, on peut les colorer à l’hématéine, puis laver à l'eau et monter la préparation dans la glycérine ou dans le baume.

Les cellules sont globuleuses, munies d'un gros noyau sphérique et d’une enveloppe mince, semée de noyaux qui répond à la gaine endothéliale dont il a été parlé plus haut. Beaucoup d’entre elles sont continues avec une tibre à myéline (j ni naît d’elles et qui n'est autre chose que leur prolongement cylindraxile. Ce prolongement est en réalité double comme le m o n tre l’ eml >ry o 1 o g i e .

Lorsque les cellules sont bien fixées, elles remplissent

entièrement la gaine endothéliale qui les entoure, et elles montrent une fibrillation circulaire, concentrique au noyau, et particulièrement visible sur les préparations montées dans la glycérine. A côté de ces cellules on en trouve beaucoup d’autres dont le corps est rétracté au sein de l’enveloppe et plus ou moins déformé. Tantôt il est ramassé sur lui-même en une boule centrale dont le contour est partout également distant de la gaine endothéliale, tantôt il est étoilé et présente une série de pointes qui le rattachent à la gaine. Ces déformations sont extrêmement fréquentes. Elles sont dues pour la plupart à l'action des réactifs qui n'ont qu'imparfaîtement agi sur elles et ne les ont pas suffisamment fixées. Elles se produisent aussi sur des cellules bien lixécs par l'acide osmique et nettement globuleuses, lorsqu’on inclut le ganglion dans la paraffine.

Toutefois, il faut savoir qu'elles peuvent en partie au moins tenir à un état particulier de la cellule au moment où elle, a subi l’action du fixateur. Ranvier a montré que si l’on fixe des ganglions spinaux par le séjour pendant un mois dans le bichromate de potasse à 2 p. 100, puis qu’après les avoir lavés à l’eau, durcis à l’alcool, inclus dans la cire et l'huile, on en fasse des coupes, on peut voir dans une même coupe et côte à côte des cellules admirablement conservées, d’autres fortement rétractées, d’autres enfin avec des déformations intermédiaires. D’après ce que l’on sait Aujourd’hui, ces déformations qui ont frappé autrefois Ranvier, s’expliquent sans doute par les changements que les cellules subissent dans leur teneur en substance chromatophile par le fait même de leur fonctionnement.

3° Coloration de la substance chromophile des cellules nerveuses. — On sait que l’on trouve dans les cellules nerveuses une substance Colombie par certains réactifs (substance chromophile) qui se présente soit sous la forme de granulations, soit sous celle de fragments plus volumineux, irréguliers el anguleux que l’on désigne sous le nom de mol tes.

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Celle substance se voit avec beaucoup de facilité dans les cellules des cornes antérieures de la moelle. Nissl qui l'a décrite le premier, la mettait en évidence au moyen d’une méthode assez compliquée; on peut procéder plus simplement de la manière suivante. On lixe un fragment de moelle ou de bulbe rachidien du mouton par un séjour de quarante-huit heures dans du formol à 10 p. 100. On le retire et on le lave dans l'alcool à 70° puis dans l’alcool à 90°. La pièce est assez

ferme pour être coupée sans autre préparation dans le microtome de Ranvier ou bien si l’on veut on l'inclut au collodion.

Les coupes recueillies dans l'alcool sont hydratées progressivement, puis mises dans un verre de montre renfermant du bleu de méthylène polychrome dans lequel elles doivent séjourner une heure environ. Au bout de ce temps on les lave à l'eau distillée puis on différencie la matière colorante parle glycerinœthermischung — quelques gouttes dans un verre de montre plein d’eau dis-

JTi cr A 1.T

Cellule nerveuse du bulbe du mouton, grains chromophiles (formol, bleu polychrome, baume du Canada).

Sliassnic, ocul. 2, olijccl. 8.

' tillée. — On suit la différen-

ciation à l'aide d'un faible grossissement; lorsqu’elle est suffisante on enlève les coupes et on les lave soigneusement à l’eau distillée, puis on les déshydrate rapidement dans l'alcool absolu, on éclaircit par l’essence de bergamote et on monte au baume.

Le fond de la préparation est'clair, les cellules se détachent sur lui en bleu pur (tig. 92). Lorsqu’on les examine avec un fort grossissement, on voit que leur teinte bleue est due à la

Tissr XKHVKÜX 32;»

présence des grains ou des moites de substance chromophile, qui avec le noyau sont les seules parties colorées de la cellule. L'alignement des grains ou des fragments de substance chromophile dans le corps .cellulaire et dans les dendrites donne l'impression de l'interposition entre eux de filaments très tins et incolores, et vient confirmer ainsi la structure librillaire de ces parties telle qu’elle est montrée par la méthode indiquée plus haut. Ces grains ne se rencontrent jamais s.ur le prolongement cylindraxile, tandis qu'ils se poursuivent très loin sur

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Fier. 93*.

Cellule nerveuse de la moelle cervicale du cobaye, grains chromophiles (alcool absolu, carmin aluné).

Stiassnie, ocul. 2, object. S.

les dendrites. Le noyau est clair, le gros nucléole qu'il renferme a le plus souvent une couleur verdâtre.

J'âi obtenu de la manière suivante de fort belles préparations de grains chromophiles dans les cellules nerveuses : Un fragment de moelle de cobaye est fixé par l’alcool absolu, puis hydraté et coloré en masse dans le carmin aluné;* lavé, déshydraté et inclus dans la paraffine, puis débité en coupes. Dans les grandes cellules des cornes antérieures, les fragments anguleux de substance chromophile colorés en rouge violacé par le carmin aluné étaient admirablement visibles (voy. fig. 93).

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