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4° Coloration des cellules par la méthode de Golgi. —
Pour préparer par celte méthode des cellules de la moelle, on isole soigneusement la colonne vertébrale d'un chat ou d'un lapin nouveau-nés, eu la dépouillant de toutes ses parties molles. On ouvre le canal rachidien par derrière en coupant avec un scalpel les lames vertébrales encore cartilagineuses. On découvre ainsi la moelle le plus complètement possible sans l'enlever toutefois du canal rachidien, parce qu'elle est trop délicate pour supporter cette manipulation. On peut diminuer l’épaisseur des corps vertébraux en les sectionnant par une coupe frontale, de façon à ne laisser autour de la moelle que ce qu'il faut de la colonne pour la soutenir. On découpe alors la colonne vertébrale en tronçons de 4 à 5 millimètres de longueur que l'on porte dans le réactif de Cajal (bichromate dépotasse à 3 p. 100, 100 volumes; acide osmique àl j>. 100,30 volumes). Il faut au moins 10 centimètres cubes du mélange pour chaque fragment. On laisse ces derniers pendant trois à cinq jours dans le liquide à la tempéralure de 25", puis on les retire et on les porte sur une feuille de papier buvard qui boit l'excès du liquide dont ils sont chargés. Celle opération doit être faite très rapidement. On porte ensuite les pièces dans une solution à 0,75 p. 100 de nitrate d’argent. Il se fait un précipité rouge-brun de chromate d'argent dont on ne doit pas s’inquiéter.
Au bout de deux jours on retire l’un des fragments pour voir si l'imprégnation est réussie. On le plonge pendant un quart d'heure ou une demi-heure dans de l’alcool à 90°, puis on fait des coupes transversales après l'avoir calé dans le microtome de Ranvier avec de la moelle de sureau ou bien avec le mélange de cire et d’huile. On peut aussi inclure les pièces dans la celloïdine mais cela n'est pas nécessaire. Les restes du squelette existant autour de la moelle sont encore le plus souvent à l'état cartilagineux, et on les coupe en même temps que la substance médullaire ; s'il s’agit d'un animal plus âgé, à colonne ossifiée, on enlèvera entièrement la moelle du canal rachidien, après qu'un séjour préalable dans le liquide de Cajal des fragments comprenant à la fois
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la colonne ci la moelle, aura mis celle dernière, en la lixant, à l’abri des lésions qu’on lui aurait infailliblement faites en l’enlevant d’emblée.
Les coupes sont reçues dans l’alcool, elles n’ont pas besoin d’être très minces, les ramifications des éléments nerveux se trouvant dans plusieurs plans. On plonge une lame dans le récipient qui les renferme et on attire sur elle quelques coupes que l’on examine à un faible grossissement. Si la réduction de l’argent ne s’est pas opérée on reporte les pièces dans le liquide de Gajal. Si les coupes sont bonnes, on les reporte dans l’alcool où on les reprend sur une lamelle. Celle-ci étant essuyée, on met sur la coupe quelques gouttes d’essence de girolle. Après éclaircissement on remplace cette dernière par du baume au xylol. On ne recouvre pas d'une lamelle, et la préparation est mise à sécher. Il faut éviter soigneusement que les coupes remontent sur le baume et viennent ainsi s’exposer à l’air, elles doivent toujours être recouvertes du milieu conservateur. Lorsque ccelui-ci est sec, on place les lamelles sur les porte-objets en bois à ce destinés et on les y fixe à l’aide de cire à cacheter ou de bandes de papier gommé.
Si l’on veut examiner dans leurs plus fins détails les préparations montées sur la lamelle, avant de les fixer sur le porte-objet de bois, on se servira avec avantage du porteobjet de Cori. La lamelle étant maintenue entre les deux rainures de ce dernier, la préparation peut être observée à un très fort grossissement, la lamelle tournée du côté de l’objectif. On peut choisir ainsi les préparations que l’on veut monter définitivement, et ne garder que les meilleures.
On aurait pu traiter de même des fragments du cerveau, du bulbe olfactif, du cervelet, etc. Dans ce cas, ces parties encore entourées (b; la pie-mère doivent être enroulées dans une lame de pain azyme mouillée (voy. p. 121) pour protéger leur surface contre le dépôt d’argent.
Sur les coupes de moelle on aperçoit à la périphérie un épais dépôt d’argent formé souvent de cristaux emmêlés ; au centre on voit de très belles cellules nerveuses multipolaires qui se détachent en noir sur le fond clair de la préparation.
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On peut, suivre très loin leurs dendrites et leur prolongement cylindraxile. Il faut Lien savoir que les cellules nerveuses ne sont pas toujours seules imprégnées et que l'on peut trouver à côté d’elles, également teints en noir, des cellules de la
Fig. 94.
Cellule des hémisphères cérébraux de la grenouille (méthode de Golgi).
n, noyau marqué par une teinte brun clair. — d , dendrites. — cy . cylindraxe.
Stiassnie, ocul. -, objecl . G.
névroglie et même des vaisseaux sanguins coupés sous diverses incidences. Aussi, pour étudier avec fruit les préparations faites parla méthode de Golgi, faut-il parfaitement connaître au préalable l'histologie du centre nerveux que l'on étudie, el même l’histologie générale qui seule permettra de
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reconnaître les éléments étrangers (vaisseaux, cellules connectives, dépôts irréguliers d’argent) qui se rencontrent dans presque toutes les coupes. On sera étonné du petit nombre de cellules imprégnées dans l’étendue d'une coupe, alors que, avec les colorations ordinaires on en distingue tou jours plu-
Coupe des hémisphères cérébraux du lapin (méthode de Golgi, imprégnation des vaisseaux).
m\ vaisseaux. — cp, cellules pyramidales. Sliassnie, ocul. 2, object. 3.
sieurs et même un grand nombre. La méthode de Golgi ne colore donc que certains éléments, mais en revanche elle les dissèque pour ainsi dire, d'une manière admirable, et permet mieux que toute autre de voir leur forme et leurs connexions. Comme elle ne colore pas seulement les cellules d'un même ordre, on peut, en multipliant les examens, arriver à retrouver par son concours tous les éléments nerveux d’un centre.