T EC UNI Q FE A !’ 1>L I QUE
Les débutants devront toujours commencer l'étude du système nerveux par d’autres méthodes que celle de Golgi, et n’aborder celle-là que lorsqu’ils auront une bonne instruction histologique générale. On ne saurait imaginer les erreurs que certaines personnes, pourtant instruites eu anatomie, sont capables de faire dans l'interprétation des préparai ions obtenues à l’aide de cette méthode.
Pour étudier les différentes formes de cellules nerveuses, il faudra s’aider dans l'interprétation des coupes, des planches annexées aux mémoires originaux et ne pas trop se fier aux schémas répandus dans les classiques.
Les nerfs sont formés par les prolongements cylindraxiles des neurones, réunis en faisceaux plus ou moins volumineux, entourés d'une gaine et munis de vaisseaux propres. Parmi ces prolongements les uns sont entourés d’une gaine de myéline (substance grasse spéciale) et d'une membrane d'enveloppe (membrane de Schwann) : ce sont les fibres nerveuses à myéline ; les autres restent nus, ce sont les fibres de Remak.
Pour étudier les nerfs il faut les dissocier après l’action de divers réactifs afin d’examiner leurs éléments constituants (libres nerveuses). On doit aussi en faire des coupes transversales sur lesquelles on verra 1rs rapports des libres avec leur naine et avec les vaisseaux.
1" Dissociation d’un nerf après fixation à l’acide osmique. — On peut choisir n’importe quel nerf assez mince, mais le meilleur objet d’étude est le sciatique de la grenouille. On le découvre en ayant bien soin de ne pas le léser, puis on place, suivant sa longueur, une tige de bois évidée entre ses deux extrémités. On lie la partie supérieure du nerf sur l'extrémité correspondante du morceau de bois; on en fait autant pour l'extrémité inférieure ; puis, le nerf étant ainsi maintenu dans son état habituel d’extension sans être comprimé grâce à l’évidement du support, on le coupe en dessus
tissi \ k n v k i x
('I en dessous de ce dernier. On le suspend alors avec le morceau de bois sur lequel il est fixé dans les vapeurs d’acide osmique où on le laisse’ 'une heure au moins et douze heures au plus. Au bout de ce temps on le lave soigneusement à l’eau distillée, puis on le coupe en fragments de 1 centimètre environ que l’on soumet à la dissociation par les aiguilles. On obtient d’abord 'des faisceaux assez volumineux mesurant un quart ou un cinquième du diamètre du nerf. On choisit l’un d’eux que l’on dissocie aussi complètement que possible en réservant les autres pour des préparations ultérieures.
On peut dissocier soit dans l’eau, soit dans la glycérine élendue d’eau. Dans ce dernier cas, pour rendre les préparalions permanentes il subit, après les avoir recouvertes d’une lamelle, de luter les bords de celle-ci à la paratiine et à la cire.
Dans ces préparations on voit très bien les libres à myéline teintes en noir par l’acide osmique. Elle sont de grosseur très inégale, les plus grosses ayant trois on quatre fois le diamètre des plus petites. Elles sont cylindriques et présentent, de distance en distance et à des intervalles réguliers, des rétrécissements circulaires (étranglements annulaires de Ranvier). Chaque libre présente une partie centrale pâle (cylindraxe) et une écorce fortement colorée en noir (myéline), limitée en dehors par une membrane très mince (gaine de Sehwann). ha myéline est interrompue de distance en distance par des traits clairs allant de dehors en dedans (incisures de la myéline) qui la divisent en une série de segments eylindro-coniques ou de cornets emboîtés les uns dans les autres. Les incisures ne se voient pas toujours sur toutes les fibres, mais on en trouvera toujours sur certaines de ces dernières. On les voit admirablement sur des coupes longitudinales de nerfs pris dans un tissu injecté par le liquide picro-osmio-argenlique, lors même que les nerfs ainsi fixés par ce mélange n’étaient pas tendus. Parfois des tractus noirs traversent comme les dents d'un peigne la ligne claire de l’incisure; peut-être répondent-ils aux interstices des libres en spirale que Oolgi a décrites à ce niveau.
TEC II NI O r E A PPLTQ CEE
La myéline se montre d'habitude, en dehors des incisures, sous la forme d'une substance continue et homogène, uniformément teinte en noir par l'acide osmique; mais dans certains cas elle paraît comme semée de vacuoles claires arrondies et prend un aspect spumeux. Pour la discussion de ces diverses apparences de la myéline voyez Kôlltker, Handbuch der Geivel. (9e édition.) La gaine de Schwann est très mince; on la voit surtout au niveau des étranglements annulaires.
Les étranglements divisent la libre en une série de segments
égaux (segments interannulaires) et d’autant plus longs que la libre est plus grosse. A peu près au milieu de chaque segment se trouve un noyau placé immédiatement en dedans de la gaine de Schwann. On le voit bien lorsqu'il se présente de profil, il offre alors la forme d’une lentille plan convexe, dont la convexité déprime en dedans la myéline.
Le cylindraxe se voit malaisément à cause de sa faible réfringence. Pour le bien distinguer il faut colorer la préparalion pendant vingt-quatre heures au picro-carmin. Le cylindraxe se reconnaît alors très bien grâce à la teinte rose qu'il prend. Dans les libres à myéline cassées il se prolonge parfois un peu au delà de la gaine de myéline et se voit très facilement.
2" Examen dans l’eau d’un nerf à myéline vivant. — On
enlève le sciatique d'une grenouille qui vient d’être tuée, et on le place sur une lame dans quelques gouttes d'eau. Saisissant alors avec deux pinces les deux branches qu'il présente à sa partie inférieure, on les écarte l'une de l'autre (Ranvier). Quelques fibres sont isolées dans ce mouvement, on recouvre d’une lamelle et on observe.
Chaque fibre paraît formée d’un cylindre présentant un double contour très brillant, produit par la réfringence de la myéline, et un centre plus pâle (cylindraxe). Peu à peu le double contour brillant disparaît et la myéline s’échappe de la fibre au niveau de ses cassures; en ces points on voit se former des gouttes épaisses qui s’écoulent très lentement en se gonflant dans l’eau et en prenant des formes variées : en larmes, en
boyaux, en boules, qui se modiiienl peu à peu donnant l’apparence d'une sorte de mouvement compliqué (vermiculation de la myéline).
3° Imprégnation des nerfs par le nitrate d’argent.
C’est un procédé classique indiqué par Ranvier pour l’étude des étranglements annulaires. On peut l’appliquer comme suit : Une grenouille récemment tuée est placée sur le dos.
O11 ouvre son abdomen et on enlève tous les viscères, puis le péritoine, sans léser les nerfs lombaires qui doivent rester en place maintenus tendus par leurs connexions naturelles. On les lave rapidement à beau distillée, et on les baigne dans une solution à 1 p. 500 de nitrate d’argent qu’on peut laisser séjourner pondant dix à quinze minutes dans la cavité formée par les parois latérales et dorsales de l’abdomen qui constituent une petite cuvette, dans laquelle sont contenus les nerfs. Au bout de ce temps on lave soigneusement à l’eau distillée, on coupe les nerfs qui sont devenus rigides et on les dissocie dans l'eau ou dans la glycérine, on recouvre d'une lamelle et on observe.
On peut aussi déshydrater les nerfs par l'alcool, les éclaircir par l’essence de girolle et monter dans le baume.
Les libres nerveuses sont très pâles ou quelquefois légèrement teintées de bntn sur leurs bords. En examinant avec soin on aperçoit de petites figures noires ou brunes en forme de croix courtes, dont la barre longitudinale est égale à peu près à la barre transversale (croix latines de Ranvier). A un fort grossissement on voit que la barre -droite de la croix est formée par le cylindraxe. A ses deux extrémités on trouve parfois, mais pas toujours, des traits noirs
Fig.
Fibres à myéline de la grenouille, traitées par l’azota e d’argent (croix de Ranvier).
Sliassnie. ocul. 2, object. G.
TEC 11 : s LOUE A LM* LL (J LEE
transversaux, équidistants, dont la teinte va s’alfaiblissant à mesure que l’on s’éloigne de la croix et qui disparaissent r, , * g enfin. Ce sont les stries de Fromann,
/ i /F. n caractéristiques de l’action du nitrate
d’argent sur le cylindraxe.
La barre trans verse de la croix est formée par une. sorte de virole que le cylindraxç traverse et dont le centre est plus épais que le bord, de telle sorte qu’elle semble formée par l’accolement sur leur grande base de deux troncs de cône courts, d’où le nom de renflement b iconique sous lequel Ranvier l’a désignée. Toutes les fibres ne présentent pas des figures aussi parfaites que l’on pourrait le désirer, et là comme ailleurs on n’arrive à se faire une bonne idée de la disposition des choses qu’en examinant beaucoup de préparations.
Si dans une région contenant des nerfs, on a fait une injection interstitielle de liquide picro-osmio-argentique, on peut sur les coupes examiner ces derniers. On voit alors la myéline imprégnée en noir avec les incisures, puis le renflement laconique marqué par une barre transversale noire. 11 n’y a pas de croix comme lorsqu'on a employé le nitrate d'argent seul.
Fibres à myéline [irises dans mie coupe longitudinale d’un nerf de la conjonctive du lapin (injection interstitielle de 1 i < | u ide picro-osmio argentique).
ea, étranglement annulaire cy, cWindraxe. — in, in cisure. Stiassnie, ocul. 2, ol> jeel. 8.
4° Préparation des fibres spirales au niveau des incisures. — Golgi a montré que l'on trouve le long des fibres nerveuses, à des intervalles réguliers, des sortes de petits entonnoirs formés par l’enroulement en spirale d'une fibre extrêinernenl fine. Ces entonnoirs siègent au niveau des incisures, et ils constituent la charpente de la myéline. Pour
T ISSU .NERVEUX
les mettre en évidence on choisit le nerf sciatique d un animal frais, et on le découpe en segments d'un centimètre environ de longueur, que l'on porte dans du liquide île Millier. On les y laisse pendant deux à quarante-huit heures suivant leur grosseur, puis on les immerge dans du nitrate d'argent à 1 p. 100 pendant vingt-quatre heures et plus. On les dissocie ensuite dans l’alcool et on les monte au baumerOn voit le long du cylindraxe les entonnoirs formés par les libres spirales. .
5° Préparation des fibres de Remak. — Les libres -de Uemak se rencontrent surtout dans les nerfs qui vont aux viscères, que ces nerfs appartiennent d’ailleurs au système cérébro-spinal ou au système sympathique. Le pneumogastrique est très employé pour leur préparation. On prend un fragment de pneumogastrique frais du lapin. On le place sur une lame dans une goutte d’acide osmique, et on l'ouvre rapidement avec des aiguilles afin de le dissocier légèrement. Au bout dé dix minutes environ on le lave à l'eau et on poursuit la dissociation mais avec ménagement et sans chercher à isoler entièrement les éléments, parce que les fibres de Uemak s’anastomosent entres elles et que l’on romprait leurs branches d'union. On colore vingt-quatre heures au picro-carmin et on monte dans la glycérine.
Au milieu de nombreuses fibres à myéline on distingue des libres pâles rubanées, légèrement colorées en jaune sale, et que l'on distingue des fibres connectives par leur aspect tibrillaire, par leur coloration (les fibres connectives sont à peu près incolores) et par leurs anastomoses. Ce sont les fibres de Remak. Elles sont munies de noyaux ovales aplatis, très étroitement collés contre la fibre, et que l'on distingue des noyaux conjonctifs par l’absence de tout corps cellulaire autour d’eux. Ils sont en effet absolument soudés à la fibre et entourés seulement d’une couche très faible de protoplasma. La libre n'a pas de myéline ni de gaine de Schwann.
Kan v ikk a montré que le bichromate de potasse rend les libres de Remak variqueuses et vacuolaires ; cette modification s * produil aisdnenl lorsque les réaclifs arrivent sur un
cylindraxe nu ; elle est très marquée au niveau des terminaisons nerveuses où toute gaine manque.
6° Coupes transversales de nerfs. — On choisit un sciatique de grenouille, on le fixe par les vapeurs d'acide osmique, puis on le durcit à la gomme et à l’alcool. On fait les coupes et on les colore par le picro-carmin pendant vingt-quatre heures. On monte à la glycérine et on examine.
Les libres nerveuses se montrent coupées en travers et avec des diamètres différents. Elles sont entourées par la myéline qui dessine autour du cylindraxe un ou deux cercles noirs emboîtés l’un dans l'autre. On comprend que cette apparence est due à la présence des incisures, fincisure divisant justement la gaine de myéline en deux moitiés, l’une interne et l'autre externe. Sur certaines libres, la myéline ne forme pas un cercle ordinaire, mais une série de festons. C’est que la coupe passe alors au voisinage d’un étranglement annulaire où la myéline présente des sillons longitudinaux. Enfin dans certains points on voit autour du cylindre une aire peu colorée qui répond au renflement biconique. Les libres de llemak se voient sous la forme de petits cercles pâles. La gaine du nerf est formée de lamelles emboîtées les unes dans les autres et soudées entre elles par places, ldles sont colorées en rouge par le picro-carmin.
Le tissu conjonctif intra-fasciculaire se compose de cellules et de libres. Les libres sont longitudinales.
7U Préparation de la gaine de Henle des nerfs. — Les
plus petits faisceaux nerveux composés d'une seule ou de quelques libres sont entourés d une gaine lamelleuse simple, la gaine de Henle .
Pour la préparer il suffit d'imprégner d'argent des nerfs très lins comme les nerfs thoraciques de la souris ou du rat. Après avoir écarté la peau de façon à les tendre entre celle-ci et les parois thoraciques, on les arrose d’eau distillée, puis de la solution de nitrate d’argent à 1 p. 300, et au bout cl’une ou deux minutes d’eau distillée qui les lave. On les arrose ensuite d al-
TISSU N K li VE IX
cool à 90° qui achève de les rendre rigides, et alors seulement on les coupe pour les éclaircir à l’essence de girolle et les monter au baume. La gaine de Henle se reconnaît sous la forme d’un revêtement endothélial tracé à la surface du nerf.
On peut observer de belles gaines sur les nerfs du mésentère, chez les animaux maigres où les nerfs ne sont pas accompagnés de graisse. On imprègne le mésentère tendu suivant le mode ordinaire, puis on balaie au pinceau l’endothélium de ses deux faces et on monte dans le baume.
Enfin on voit de très belles gaines de Henle dans les coupes de la muqueuse conjonctive ou d’autres muqueuses injectées interstitiellement par le liquide de Jienaut. Dans ce cas les fibres nerveuses étant colorées en noir par l'acide osmique, la préparation est très démonstrative et l'on voit un espace vide compris entre la gaine et les fibres.
$ 3. — Terminaisons nerveuses
On étudie les terminaisons nerveuses à l'aide de méthodes diverses qui sont : la méthode de l’or, la méthode de Golgi, la méthode de coloration vitale au bleu de méthylène.
1° Méthode de l’or. — Cette méthode s’emploie suivant divers procédés; le meilleur d’après Ranvjer est celui du chlorure d’or après le jus de citron (voy. p. 122). On étudiera surtout par cette méthode les terminaisons motrices dans les muscles et les terminaisons sensibles dans la cornée.
a. Terminaisons motrices. — On choisit de préférence les muscles de la cuisse ou les muscles intercostaux du lézard, ou bien le triceps crural du lapin. On coupe de petits fragments de ces muscles, on les porte dans du jus de citron récemment exprimé et filtré où on les laisse pendant cinq minutes. Au bout de ce temps on les lave à l’eau distillée, puis on les me dans la solution à 1 p. 100 de chlorure d'or dans laquelle ils restent vingt minutes. On les lave de nouveau à l’eau distillée et on les porte dans le même liquide additionné de quelques gouttes d'acide acétique. Au bout de vingt-quatre à quarante-
T Efi H X [Q T E A P I' EIQ V K E
huit heures, la réduction de l’or est opérée. On dissocie le muscle avec ménagement, et l’on cherche avec un faible grossissement les fibres qui présentent des terminaisons nerveuses. Isolant convenablement ces libres, on les monte dans la glycérine en préparation persistante.
Les nerfs ont une teinte violet foncé. Les muscles doivent
Fig. 98.
Plaque motrice des muscles intercostaux du lézard gris imprégnée
au chlorure d’or.
Stiassnic, ocul. 2, object. 5.
être jaunâtres, ou à peine teintés de violet; lorsqu'ils sont entièrement colorés en violet, ce qui arrive quelquefois, les terminaisons nerveuses ne tranchent pas suffisamment sur le fond de la libre colorée comme elles, et il faut chercher pour les étudier d'autres libres moins colorées.
Sur les préparations réussies on voit que la Uivéline est très fortement colorée en violet * Les noyaux des segments interan-
t iss li xi: h veux
nulaires se voient bien. An moment où ia filme nerveuse pénètre dans le mnsele, sons le sàreolémme, elfe peid sa myéline et forme un bouquet dont les fibrilles sont pins bu moins moniliformes ou variqueuses. C’est là UU aspect qüe l'on retrouve toujours sur les terminaisons nerveüses. Il arrive même, comme ou le voit souvent dans les préparations faites à l’aidé de la méthode de (iolgi, que la terminaison ultime d’un nerf semble se faire par des gouttelettes séparées, mais il est tout probable que les gouttelettes en question ne sont que les dernières varicosités de la fibre entre lesquelles manque la substance (lit nerf qui s’est rompue ail moment de leur formation. HaxVIer a inoiltPé que l'aspect variqueux varie avec la méthode employée, et qu’il est plus marqué lorsque, au lieu de jus de citroil, on a fait agir avant le chloruré d’or de l'acide forniiqué.
Les noyaux de l'arborisation terminale sont, colorés en violet, ceux (lui sont semés dans lit substance granuleuse fondamentale (noyaux fondamentaux') sont le plus soüvehi réservés eu clair.
b. Tèrttïindisôiis saisit ive s dans la contre. — Un Irai te une cornée de lapin, dé rdt où de grenouille par le jus de citron, puis par le chlorure d’or pendant Une demi-heure ait moins, on lave à l’eau distillée, et o il Opère la réduction, du métal à l’obscurité dans de l'edii additionnée d’un quart d'acide formique. Au bout de viügt-qUdtLe à quaranle-liuil lieüres la réduction est faite. Pour voir la distribution des îlerls dans l’épaisseur de la cornée oit préparé dès pièces à plat, en utile van I répithéliüin antérieur par Uii raclage léger. Un monte dans la glycérine et oit examine les préparations qui mollirent les fibres nerveuses sans myéline formant des plcxüs dans l’épaisseur de la couche lamelleusé de la cornée. Décos plexus partent les libres terminales qui se rendent dans l’épithélium antérieur. Pour les voir il faut, après traitement et réduction
dans l’eau formiquée, durcir la cornée dans l’alcool à 00°, et
en faire des coupes minces que l’on montera ensuite dans la glycérine.
c. Beinârqües r/ënërdlés sur la méthode de l'or. — L’imprégna-
tion par le chlorure d’or ne réussit pas toujours et l’on voit nombre de préparations dans lesquelles elle manque tout à fait ou n’est que partielle. En multipliant les essais, on arrivera cependant à obtenir des résultats semblables à ceux qui sont énoncés ci-dessus.
Il faut bien se rappeler aussi que le chlorure d’or n’a pas une action spécifique ne s’exerçant que sur les éléments nerveux exclusivement. Beaucoup d’autres éléments sont' aussi colorés par lui en beau violet, comme on l’a vu pour les cellules connectives de la cornée (voy. p. 247). Le débutant ne devra donc pas conclure à la nature nerveuse des parties seulement d’après la coloration qu’elles prennent après l’or, et, pour décider la question, il devra s’aider de la forme et des connexions des éléments en question. Lorsqu’on étudie un organe par la méthode de l’or, il faut avant tout avoir bien présente à l’esprit la notion de la structure de cet organe, telle qu’elle résulte de l’emploi des diverses méthodes de technique qui peuvent lui être appliquées.
2" Méthode de Golgi. — On peut employer la méthode de Eolgi pour colorer les terminaisons nerveuses tant motrices que sensitives mais son application ne réussit pas toujours.
Mous donnons ici d’après Fusari et Panasci la méthode qu’ils ont suivie pour l’étude des terminaisons nerveuses dans la muqueuse linguale des mammifères et dans les glandes séreuses qui lui sont annexées.
La muqueuse linguale de la souris, du chat nouveau-né, du chevreau ou du lapin était enlevée avec soin, de façon à ne laisser que quelques libres musculaires attachées à sa profondeur. Quelques fragments étaient portés dans une abondante quantité du mélange suivant :
Acide osmique à 1 p. 100 1 volume
Bichromate de potasse à 2 p. 100 ... 5 volumes
où ils séjournaient un temps variable, de cinq à neuf jours! puis passés dans une solution de nitrate d’argent à 1 p. 100
dans laquelle on les laissait plusieurs jours, jusqu’au moment où l'on avait le loisir de les couper soit à la main, soit au microtome.
Suivant la durée de l’immersion dans le bain osmio-bichromique on obtenait des résultats divers, c’est-à-dire que l’on avait la réaction noire tantôt sur certains éléments nerveux, tantôt sur certains autres. Parfois aussi on obtenait la coloration des vaisseaux et des éléments élastiques du stroma des papilles et du tissu connectif intermusculaire; enfin, les plaques motrices des muscles striés étaient, dans certains cas, admirablement dessinées par la méthode.
3° Méthode au bleu de méthylène (coloration vitale). —
Ü existe un bleu de méthylène qui a la propriété de colorer en bleu les cellules et les terminaisons nerveuses (Ehklich), à la condition expresse d’être mis en contact avec ces éléments lorsqu'ils sont encore vivants. Il doitdoncêtre employé eu injections intravasculaires faites sur un animal vivant ou que l’on vient de sacrifier à l’instant même, ou sur des fragments de tissus enlevés immédiatement après la mort ou pendant l’anesthésie. Arrivé sur les éléments nerveux, le bleu de méthylène est réduit et devient incolore; mais, par exposition à l’air, il récupère sa coloration par absorption d’oxygène et donne aux éléments qu’il imprègne une magnifique teinte bleue qui persiste pendant quelque temps puis disparaît si elle 11‘est pas fixée. Ces notions étaient indispensables à connaître pour comprendre la technique de ce mode de coloration. Il ne faut pas oublier non plus que, comme l’argent dans la méthode de Golgi, le bleu de méthylène ne colore pas toutes les cellules nerveuses, mais seulement quelques-unes d’entre elles dans un centre nerveux donné.
Il y a deux manières d’employer le bleu de méthylène : 1° par application directe ; 2° par injection intra-vasculaire.
a. Procédé par application directe. — L’objet le plus facile à étudier par ce procédé est la rétine. On prend l’œil d’un animal que l’on vient de sacrifier, on le coupe suivant l’équateur, on enlève soigneusement le corps vitré sans léser la rétine,
TEC UNIQUE AI'PLIQ L EE
puis on dépose dans la cupule formée par le fond de l'œil quelques. gouttes d'une solution de bleu à 1 p. 1000 dans l’eau salée :
Eau salée à 0,75 p. 100 1 000 grammes
Bleu de méthylène 1 gramme
Au bout de vingt minutes environ on enlève la matière colorante, on lave le fond de l’œil avec un peu d’eau salée à 0,75 p. 100, puis on le découpe en quatre secteurs par des incisions convergeant vers la papille optique. Faisant llotter ces secteurs dans l'eau salée, on arrive en s’aidant d’instruments mousses à en détacher la rétine que l’on reçoit sur un porteobjet, la face externe de la membrane (couche des cônes et des bâtonnets) étant appliquée contre ce dernier. On attend que l'oxydation s’opère et que les cellules bleuissent en laissant la membrane exposée à l'air pendant trois quarts d'heure à deux heures environ ; il faut absolument éviter de la recouvrir d'une lamelle qui empêcherait l’accès de l'air, mais on peut placer au-dessus de la préparation une cloche élevée sur des supports de manière à laisser un libre courant d’air, et à empêcher la chute des poussières. Pour éviter la dessiccation de la préparation, on l'humecte de temps à autre avec un peu d'eau salée.
Lorsque la coloration est produite, ce dont on s'assure en examinant la préparation à un faible grossissement, on peut recouvrir celle-ci d'une lamelle et l’observer dans l’eau salée, mais peu à peu la coloration disparaît.
Un rend la préparation permanente en employant le procédé suivant dit à Bethe :
On porte la pièce colorée dans une solution ainsi constituée :
Molybdate d'ammoniaque
Eau distillée
Eau oxygénée ......
Acide chlorhydrique pur.
J gramme 10 c. cubes
I goutte
Le molybdate d'ammoniaque précipite le bleu de méthylène en lui laissant sa couleur; de plus, la présence dans le mélange
T ISSU X EHVEIX
<le l’eau oxygénée en fait un oxydant énergique qui, pénétrant dans les tissus, y opère l’oxydation du bleu que 1 air n’aurait pas suffi à produire. Le mélange de Bethe est donc un oxydant fixateur et il suffit d'y plonger un organe traité par le bleu pour faire apparaître et fixer ce dernier. Ce mélange doit être fraîchement préparé el aussi froid que possible; pour cela on peut refroidir le vase qui le renferme dans un mélange de glace et de sel.
Le séjour des pièces dans le liquide de Betlie varie, suivant leur volume, entre deux et cinq heures; la rétine est généralement tixée en deux heures. La fixation opérée, on lave longuement à l'eau distillée (une demi-heure à deux heures) pour enlever l'excès de molybdate qui serait précipité par l'alcool, puis on déshydrate rapidement les morceaux dans de l'alcool absolu froid qui dissout très peu du précipité. On remplace l'alcool par du xylol, puis on monte au baume. On peut même colorer les pièces au carmin après qu'on les a lavées à I eau, et avant de les déshydrater.
On pourrait de même préparer de minces lambeaux de muqueuse, des glandes étalées en surface et de faible épaisseur, comme les bords du pancréas du lapin, etc.
b. Procédé par injection intra-vasculaire du bleu. — On anesthésie un lapin, on place une canule dans l'aorte abdominale (Regaud), et on injecte dans le bout périphérique une solution concentrée de bleu dans l'eau salée (celle-ci dissout environ 3 à 4 p. 100 de bleu).
La solution doit être soigneusement filtrée.
On en pousse d'abord une petite quantité : 5 centimètres cubes environ; puis on injecte de nouveau la même quantité au bout de cinq minutes et l'on recommence ainsi trois ou quatre fois de façon à injecter 25 à 30 centimètres en tout. L animal meurt généralement avant d’avoir reçu cette quantité de solution; mais s'il ne mourait pas, on le tuerait et on se hâterait d'exposer à l'air les parties que l'on désire étudier. S'il s’agit des yeux, on les enlève et on les ouvre par une section équatoriale, on écarte le corps vitré, en laissant la rétine adhérente au fond de l’œil parce que tes capillaires de
la choroïde peuvent encore lui céder de la matière colorante (Regaud), on 1 humecte d’eau salée, puis on la détache comme il a été dit plus haut.
De même on ouvre la boîte crânienne, le canal rachidien, et on fait dans les centres nerveux qu ils renferment des incisions profondes de manière à mettre leur épaisseur en contact avec l’air. On enlèvera de même tous les organes dont on voudra se servir; mais il importe d'aller vite, les pièces mises à l'air plus de cinq minutes après la mort sont souvent perdues.
Après l’injection de bleu, on peut traiter les pièces minces (rétine, membranes) comme il a été dit plus haut; s’il agit de pièces épaisses, ou peut, après les avoir oxydées et lixéespar !<• réactif de Bethe, les inclure au collodion ou à la paraffine et les mettre en coupes.
Cajal a proposé la modification suivante : Le cerveau ayant été exposé à l'air pendant trois quarts d’heure à deux heures après l’injection et les incisions dont il a été parlé, est débité en tranches minces que l’on plonge dans le réactif de Bethe auquel on ajoute 5 p. 1 00 d’acide osmique, qui semble rendre le précipité de bleu absolument insoluble dans l'alcool. Après fixation et lavage à l'eau on porte les pièces dans le liquide suivant :
Formol du commerce 30 c. cubes
Eau distillée 100 —
Chlorure de platine à 1 p. 1 Oü . . . 5 —
où elles restent de deux à quatre heures. Le chlorure de platine rend le bleu de méthylène insoluble dans 1 alcool, et le formol durcit suffisamment la pièce pour qu'on puisse la couper sans inclusion préalable de la manière qui a été indiquée plus haut (voy. Coupes après coloration de la substance chromatophile).
On reçoit les coupes dans l’alcool absolu additionné de quelques gouttes de la solution aqueuse de chlorure de platine, puis on les passe rapidement dans l’alcool absolu pur, on éclaircit par l’essence d’origan et on monte au baume.
L étude des préparations faites par la coloration vitale au
TISSU NE II VEUX
bleu de méthylène, demande les mêmes connaissances histologiques préalables que la méthode de Golgi, parce que toutes les parties colorées ne sont pas toujours de nature nerveuse, et il arrive souvent que des libres connectives ou d’autres éléments sont colorés en bleu.
Tous les bleus de méthylène ne conviennent pas pour faire cette coloration. Il faut demander chez Grübler le bleu de méthylène rectifié d'après Erlich pour coloration vitale, ou bien chez Merck à Darmstadt le bleu de méthylène I1X.
£ 4. — Néviioglie
La névroglie est une substance de soutien qui existe dans les centres nerveux de Taxe cérébro-spinal exclusivement. Elle
consiste en cellules émettant des libres longues et nombreuses qui forment en s’entre-croisant un lin treillis dans lequel passent les éléments nerveux. Les cellules de la névroglie présentent deux formes principales : la forme épithéliale, qu’elles offrent au niveau des parois du canal épendymaire qu’elles tapissent, et la forme étoilée à nombreux prolongements, qu’elles revêtent dans l’épaisseur des centres nerveux. On les appelle dans ce dernier cas astrocytes.
On étudiera les cellules névrogliques dans des préparations faites par la méthode de Golgi, et dans des dissociations faites
spécialement dans ce but.
1° Préparation des cellules névrogliques par la méthode de Golgi. — On sait que les cellules névrogliques sont colorées dans la méthode de Golgi et particulièrement dans les pièces qui ont séjourné peu longtemps (de deux à trois jours) dans le mélange osmio-bichromique. On trouvera donc ces cellules dans toutes les pièces du système nerveux central, et on étudiera leur forme en se servant des dessins fournis par différents auteurs. Cette dernière se reconnaît toujours à ce que la cellule est peu volumineuse et présente une foule de prolongements très fins.
Les cellules épendymaires qui forment une partie importante