‹ Précis de technique microscopique et histologiqueChapitre 17 sur 108 · BICHAT · texte numérisé non relu

BICHAT

composition duquel ils prennent part, c'était déjà pressentir l'anatomie générale, les systèmes musculaire, osseux, nerveux, etc. Au milieu du seizième siècle, un grand anatomiste italien, Fallope, était même allé plus loin, et il avait considéré comme parties similaires les os, les cartilages, les nerfs, les tendons, les aponévroses, la graisse, la moelle des os, etc.

Mais il faut arriver jusqu'à notre grand Bichat pour voir naître la science des tissus. A l'aide de dissections comparées, d'observations physiologiques et pathologiques, à l'aide d'expériences sur les propriétés physiques et chimiques des tissus, Bichat fonda VAnatomie générale. Faute de faire usage de moyens d'investigation qui lui permissent de décomposer les tissus en leurs éléments constituants, Bichat dut se borner à étudier ces tissus comme des unités cmatomiques, et, tant que le microscope ne fut pas appelé à en pénétrer la constitution intime, c'est à cela que se borna l'anatomie générale, avec les continuateurs de Bichat, parmi lesquels nous ne citerons que Chaussier, Cloquet, Meckel et P. A. Béclard.

Cependant le microscope avait été perfectionné et se présentait désormais non plus

8 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALIiS.

comme un moyen de recherches curieuses, mais comme un instrument d'investigations scientifiques. La fihre élémentaire devenait visible, la cellule nous était révélée et Tétude des tissus se complétait par l'étude de leurs éléments, par ce qu'on appellerait aujourd'hui leur mérologie. Dès 1839, Schwann, dans un petit ouvrage qui fut à l'anatomie générale de Bichat ce que celle-ci avait été aux tentatives de ses prédécesseurs, Schwann nous montrait que, si un même tissu se présente toujours sous le même aspect dans les différentes parties de Torganisme, cette uniformité de nature tient à une uniformité de composition ; que les tissus présentent des éléments constituants, les uns sous forme de fibre, les autres sous forme de cellule; que l'étude de la nature, du mode d'association, du degré de développement de ces éléments nous donne la clef des différences caractéristiques destissus et des différents aspects d'un même tissu, selon l'espèce, l'âge et l'état plus ou moins physiologique de l'animal auquel il est emprunté. De ce jour, V histologie est fondée, telle que nous la concevons aujourd'hui, et peut être définie : ranatomie générale aidée du microscope.

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