ANATOMIE MICROSCOPIQUE
saire l'inauguration des études histologiques ; bien plus, l'anatomie générale a été créée en dehors de toute étude microscopique. Alors seulement le microscope a été appelé à lui prêter son aide, d'une manière d'abord relativement accessoire, puis de plus en plus prépondérante. C'est ce que va nous montrer une rapide revue historique.
L'invention du microscope composé remonte à la fin du seizième siècle. 11 est difficile de bien déterminer à qui en revient l'honneur, que se disputent les Hollandais, les Anglais et les Italiens. Toujours est-il qu'au milieu du dix-septième siècle de nombreux naturalistes avaient entre les mains ce précieux moyen d'investigation. Les noms de Malpighi et de Leeuwenhœck suffisent pour caractériser cette époque, si riche de découvertes, où les savants se rencontraient étonnés devant les merveilles des infiniment petits. Mais ces merveilles elles-mêmes n'étaient le plus souvent regardées que comme de simples curiosités, et leur étude n'était point cultivée comme une branche nouvelle de la science. L'idée d'une étude générale des tissus et des éléments était si étrangère aux anatomistes de l'époque, qu'à part les travaux de Malpighi sur
les tissus végétaux, on ne songeait nullement à rattacher les unes aux autres les notions nouvelles acquises sur l'existence et la nature d'objets d'un ordre tout nouveau. Parfois même l'existence de ces infiniment petits ou leur importance anatomique et physiologique était méconnue par les esprits les plus éminents. Pour montrer combien longtemps les découvertes microscopiques ont été considérées avec cet esprit de pure curiosité, et souvent même de défiance, il nous suffira de rappeler qu'en 1817 des physiologistes déclaraient ne voir que des bulles d'air dans les globules du sang, que Leeuwenhœck avait découverts un siècle et demi auparavant, en 1673.
D'autre part, les dissections attentives et minutieuses avaient dû nécessairement amener les anatomistes à faire surgir, de l'étude détaillée de toutes les parties qui constituent le corps, une idée plus générale, une conception plus vaste réunissant sous un titre commun les masses constituantes d'aspect semblable. Reconnaître que les muscles, les os, les nerfs, etc., conservent toujours à peu près les mêmes propriétés physiques et chimiques, les mêmes caractères essentiels, quel que soit l'organe à la