‹ Précis de technique microscopique et histologiqueChapitre 19 sur 108 · DES TISSUS · texte numérisé non relu

DES TISSUS

Aussi quelques histologistes, n'insistant que trèslégèrement sur une classification générale, se sont surtout attachés à suivre dans leur étude les divisions de l'anatomie descriptive, en exposant successivement la composition microscopique des difTérents systèmes et organes du corps. C^est là un des caractères de l'œuvre de Rôlliker.

Du reste, bien d'autres reproches peuvent être faits à la classification que nous avons indiquée plus haut et qui est à près celle de Schwann et celle de Frey. Est-il bien rationnel de placer le sang, la lymphe et les divers liquides de l'économie à côté du cartilage et du muscle? Sans nous poser ici cette question si souvent discutée et que nous n'aurions, du reste, au point de vue purement microscopique, aucune répugnance à voir résoudre par l'affirmative, à savoir si le sang est un tissii^ il nous semble que l'étude deg différentes humeurs de l'organisme, caractérisées souvent bien plus par les propriétés de leur partie liquide que par la présence de cellules ou de débris cellulaires, il nous semble que cette étude forme une branche assez importante pour mériter des considérations toutes spéciales et une place à part. C'est une des

gloires de l'école française et, en particulier, de Ch. Robin que d'avoir bien compris l'importance de ce point de vue et d'avoir poursuivi, sous le nom à'hygi^ologie, l'étude des humeurs normales et morbides du corps de l'homme. Ici ce ne sont plus les éléments anatomiques figurés, mais \q?> principes immédiats qui servent de base à la classification, principes immédiats divisés en trois classes, dont la première comprend les principes immédiats cristallisables ou volatils d'origine minérale; la seconde, les principes cristallisables ou volatils se formant dans Torganisme même et en sortant directement ou indirectement comme corps excrémentitiels ; et enfin la troisième comprend les principes non cristallisables, mais coagulables, se formant dans l'organisme et s'y détruisant pour produire les précédents. Nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux Leçons sur les humeurs de Ch. Robin : c'est là qu'il se convaincra de la haute importance de ces considérations et qu'il comprendra que Tétude des liquides de l'organisme forme plus qu'une subdivision secondaire de l'histologie : elle constitue une branche aussi importante que Tétude des tissus eux-mêmes.

Page 1