TEST-OBJETS
vier {op. cit.,^. 29), le meilleur microscope n'est* pas toujours celui qui montrera le mieux les raies du pleurosigma. Les diatomées sont en effet des corps plans, offrant seulement de légères stries; en anatomie générale, on a, au contraire, affaire à des objets irréguliers, rugueux, concaves, convexes, changeant de forme, et il
FiG. 7. — Carapaces d'algues siliceuses {diatomées) (test-objets). — 1. Navicula viridula; 2. Pinnulariaviridis ; 3. Pleurosigma attenuatiim.
faut des objectifs qui montrent bien ces détailslà. Le seul moyen de les choisir, lorsqu'on est habitué à l'observation microscopique, c'est d'avoir un objet bistologique que l'on ait étudié auparavant avec des lentilles variées et dont on se soit convaincu qu'il doit être vu de telle ou telle façon a^'ec un excellent objectif ; on regarde alors cet objet avec les divers objectifs que Ton veut essayer, et l'on considère comme les meilleurs ceux qui le montrent le mieux. Je me sers habituellement, comme objet d'épreuve, de
fibrilles musculaires isolées des ailes des hydrophiles : il faut qu'avec un grossissement supérieur à 300 diamètres, on y voie les disques
"o^z-avure X)UP>A^iO
FiG. 8. — Reproduction héliograpliique d'une photographie de la surface du Pleurosigma angulatum, obtenue avec un fort objectif à immersion et l'éclairage central.
sombres alternativement épais et minces qui les caractérisent. »
Nous venons de parler des qualités que doit remplir un bon microscope et des moyens les plus simples de s'en assurer : cependant nous n'avons pas encore indiqué la manière de mesurer le pouvoir grossissant que l'on peut obtenir
en combinant les divers objectifs et oculaires ; c'est que cette question, l'une des plus délicates de la théorie du microscope, ne saurait être traitée, du moins au point de vue théorique, qu'après la description de la chambre claire et des micromètres oculaires et objectifs, dont nous nous occuperons bientôt et dont, en effet, l'étude sera suivie de celle à\\ poiivow g^^ossissant.
2, Choix d'un microscope. — UiTers modèles.
Il est rare que, dès le début de ses études microscopiques, l'étudiant ou même le médecin se décident à se procurer, comme premier instrument de .travail, un des grands modèles que fournissent aujourd'hui les constructeurs français. Et, en effet, on peut conseiller au débutant de se contenter d'un microscope petit modèle^ tels que ceux représentés fig. 5, pag. 37, et fig.6,pag.40, lesquels sont amplement suffisants pour toutes les recherches ordinaires. Il est bon cependant de choisir de préférence un modèle à genou (fig. 6), c'est-à-dire pouvant s'incliner ; cette disposition présente de véritables avantages pour le dessin au microscope.
Mais quand on veut pouvoir appliquer à son microscope un appareil binoculaire (voy, plus
FiG. 9. — Microscope grand modèle Nachet.
loin), il faut se procurer ce que les construc-
teurs appellent un moyen ou grand modèle. Ne pouvant entrer ici dans tous ces détails, nous donnons la figure du grand modèle de Nachet, en faisant remarquer seulement que cet appareil^ si complet, est suspendu sur un axe de manière à pouvoir s'incliner et rester fixe dans toutes les positions entre l'horizontale et la verticale ; que l'ajustement du foyer ou mise au point s'opère au moyen d'un mouvement rapide formé par une crémaillère, et d'un mouvement lent à vis micrométrique, etc., etc. — Nous reviendrons sur ces grands modèles en parlant des appareils binoculaires à une ou à deux personnes^ et nous ferons alors ressortir leurs avantages à ce point de vue particulier. — Mais d'une manière générale, ainsi que le fait remarquer le professeur Robin, ces microscopes, qui sont inusables et naturellement les plus chers, sont accompagnés des objectifs et des autres parties principales qu'exigent les recherches scientifiques et les applications pratiques de tout ordre. Aussi, c'est un de ceux-là que l'on devra choisir toutes les fois que l'on pourra mettre de 400 à 600 francs a l'achat de cet appareil.
Quel que soit le modèle choisi, il n'est pas nécessaire de le pourvoir de tous les oculaires et
î>6 LE MICROSCOPE.
objectifs, dont la série pourra être ultérieurement complétée, selon les études spéciales pour lesquelles ils seront nécessaires (nous parlerons plus loin des objectifs dits à immersion et confection). Ces oculaires et objectifs sont désignés par des chiffres qui sont d'autant plus bas que le pouvoir grossissant de l'appareil est moins considérable ; mais ces chiffres n'indiquent pas la même valeur chez tous les constructeurs, c'estTà-dire que l'objectif n° 3 de l'un peut être l'équivalent de l'objectif n° 2 de l'autre. Nous n'avons pas à faire le parallèle des objectifs et oculaires des divers constructeurs, mais, pour fixer les idées de celui qui se dispose à se procurer les instruments nécessaires à l'étude de l'histologie, nous dirons seulement que, quant au nombre des oculaires et objectifs qu'il faut se procurer dès le début, il suffit de disposer de trois de chacune de ces pièces : par exemple, les objectifs 1, 3 et 5 avec les oculaires 1, 2 et 3 de Nachet ; ou bien les objectifs 2, 4, 7 avec les oculaires 2, 3, 4 de Verick. — On peut même se contenter d'un seul oculaire (n*" 2 de Nachet ou 2 de Yerick). Pour donner une idée des grossissements obtenus avec cet oculaire combiné aux divers objectifs, nous dirons que :
1° Avec l'oculaire n'' 2 de Nachet, combiné successivement à ses objectifs 1, 3 et 5, on obtient des grossissements de 100, 380 et 480.
2° Avec l'oculaire n" 2 de Verick, combiné successivement à ces objectifs 2, 4 et 7, on obtient des grossissements de 80, 170 et 300 si le tube est fermé, et de 150, 300 et 550, si le tube est ouvert. Voy. ci-dessus pag. 36 l'explication des expressions Tube fermé et Tube ouvert.
A part quelques cas particuliers, les grossissements très-forts ne sont pas nécessaires pour les études élémentaires d'histologie : on n'a que rarement recours aux grossissements supérieurs à 500 diamètres, et on se sert le plus souvent d'un grossissement de 300 à 350.
Quelques microscopes présentent, dans leur partie mécanique, des dispositions propres qui leur permettent de répondre à des usages spéciaux ou à des conditions particulières d'installa-tion.
Tel est le microscope chimique (modèle Nachet), qui est construit de manière que les vapeurs des acides employés dans les réactions micro-chimiques ne puissent détruire les lentil-
les ou empêcher la vision nette par suite de leur condensation (1).
Nous nous contenterons d'indiquer les microscopes de voijage qui, par leurs petites dimensions, par la facilité avec laquelle ils sont renfermés dans une boîte très-portative, otïrent de
FiG. 10. — Microscope de poche monté.
sérieux avantages et seront destinés à rendre tous les jours de plus grands services, à mesure que les études microscopiques se répandent en médecine, et que certains précédés nés d'hier, comme par exemple la numération des globules du sang, forcent le médecin qui voyage dans l'intérêt de la science, à ne pas négliger d'em-
(l) cil. Robin, Traité du microscope, p. J72, fig. 77.