‹ Précis de technique microscopique et histologiqueChapitre 33 sur 108 · QUALITES DES OBJECTIFS · texte numérisé non relu

QUALITES DES OBJECTIFS

l'action résolvante d'un microscope en multipliant le nombre de ces rayons obliques par certaines positions du miroir (éclairag-e oblique).

Il nous semble, d'après ces explications, que les pouvoirs définissant, pénétrant, résolvant (ou d'analyse) sont des qualités parfaitement définies dont on comprend la nature, c'est-àdire l'origine, d'après les soins particuliers donnés à la construction des objectifs, et dont on comprend aussi certains degrés d'incompatibilité (entre les pouvoirs pénétrant et résolvant, par exemple). C'est ainsi que ces trois qualités d'un microscope ont été classées par Gh. Robin, et par A. Henocque (1) ; il est vrai que Frey (2) semble confondre la puissance de pénétration et celle d'analyse. Peut-être est-ce là l'origine de la critique faite par L. Ranvier à ce mode de classification des qualités d'un microscope, critique dont nous ne comprenons pas bien la portée, mais que nous croyons devoir reproduire, émanant d'un micrographe aussi renommé.

« Dans différents traités du microscope, dit

(1) Henocque, Article Microscope (Dic^. ejicyclop. dessciences méd., 1873).

(2) Frey, Trcod. française par P. Spillmann, 1867, p. 68.

Ranvier, on distingue les objectifs en définissants et en pénétrants. Cette distinction n'est pas Lien claire. La définition serait, d'après ces traités, relative à la perception nette des formes, du contour des objets; la pénétration, au contraire, à l'étude des détails d'un objet. Cette distinction ne se soutient pas en pratique. Supposons, en effet, une boule qui en contienne plusieurs petites : un objectif définissant serait celui qui pour la grosse boule indiquerait nettement sa forme et ses contours, mais sans faire voir son contenu; un objectif, au contraire, qui ferait voir les petites boules et qui pour elles serait définissant, serait pénétrant pour la grosse boule (1). »

Il y a peut-être là encore confusion entre le pouvoir pénétrant et le pouvoir résolvant. Le véritable pouvoir pénétrant est celui dont parle plus loin le même auteur, lorsqu'il dit, non sans raison : « La distinction entre les objectifs définissants et pénétrants n'est, en somme, que celle entre les objectifs à faible et à fort grossissement. Les objectifs à faible grossissement permettent d'avoir une vue d'ensemble des objets. Avec un fort grossissement, au contraire,

(I) Ranvier, op. cit., p. 27.

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et un grand angle d'ouverture, il n'est pas possible de voir un objet, une cellule, par exemple, dans toutes ses parties à la fois. »

B. Des test-objets. — On a beaucoup observé dans ces derniers temps des préparations dites test-objets: « Je sais^ s'écrie H. Davis (1), que beaucoup de personnes perdent infiniment trop de temps à éprouver [to test) leurs instruments en négligeant d'autant les travaux sérieux qu'elles pourraient faire à l'aide du moins bon de leurs microscopes... » Nous devons cependant dire en quelques mots en quoi consistent ces épreuves.

Pour se rendre compte du degré auquel un microscope possède les diverses qualités que nous venons d'énumérer, on se sert, comme préparations d'épreuves, comme test-objets, de préparations transparentes végétales ou animales qui présentent des particularités de structure compliquées, délicates à apercevoir : la netteté avec laquelle un microscope permet d'analyser ces détails de structure donne la mesure de la valeur des 'objectifs de cet instrument et surtout de leurs pouvoirs définissant et analysant. Les constructeurs livrent d'ordinaire

(1) Voy. Journal de micrographie, n. 1.

avec le microscope quelques-uns de ces objets d'épreuves^ qui peuvent en même temps servir très-utilement au débutant pour s'habituer au maniement et à l'exacte mise au point du microscope.

On s'est beaucoup servi à cet effet, il y a quelques années, des écailles de divers papillons; mais on préfère généralement aujourd'hui les enveloppes siliceuses d'algues microscopiques et monocellulaires nommées diatomées, et, parmi ces algues, on se sert surtout du Pleur osigma angulatum et attenuatum. En examinant ce test avec des objectifs faibles (fîg. 7), on le trouve uni et sans stries ; mais, en employant des objectifs de plus en plus puissants, on voit bientôt que la carapace siliceuse est sillonnée de lignes transversales et obliques, aspect dont on trouve la clef avec un bon objectif à immersion [voy. plus loin). On constate alors (fig. 8) que cet aspect de lignes^ formant de petits espaces en apparence hexagonaux, est dû en réalité à la présence de points parfaitement ronds et très-régulièrement disposés, ainsi que Ta démontré Nachet (1).

« Pour les recherches histologiques, dit Ran-

(l) Vay. Ch. Robin, Du microscope, 1'* édit., p. 544.

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