CARMIN
aux éléments anatomiques. Il suffit à cet effet de laisser débouchés les flacons qui contiennent la solution ammoniacale de carmin, mais, comme dans ce cas il se produit un précipité plus ou moins épais de la matière colorante, il faudra avoir soin de filtrer la liqueur au bout d'un certain temps.
Quand on veut l'employer, on en verse quelques gouttes dans un verre de montre rempli d'eau, et c'est dans cette solution très-peu colorée que l'on fait macérer douze à vingt-quatre heures les coupes des tissus frais ou durcis. On lave ensuite ces préparations dans de l'eau légèrement acidulée par l'acide acétique, de telle sorte que la matière colorante ne reste plus fixée que sur certains éléments spéciaux, sur les cellules et sur les cylindres d'axe par exemple. On peut poser en principe : 1° que, dans un tissu, l'élément le plus vivant, l'élément cellulaire, est celui qui se colore le plus; 2° que, dans les cellules, ce sont les parties les plus actives qui conservent l'affinité la plus grande pour la teinture (Grancher). Fromman avait déjà remarqué que le carmin colore plus ou moins les moelles atteintes de sclérose, selon Vàge de la sclérose.
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Si la pièce a été durcie dans l'acide chromique ou l'acide picrique, la coloration générale en jaune plus ou moins foncé due à ces réactifs, forme, avec la coloration rouge du carmin, des contrastes précieux pour rendre plus nette la distinction des éléments. C'est ainsi que Ranvier a combiné le carmin et l'acide picrique sous le nom de picrocarminate d'ammoniaque. On se contentait d'abord de mêler une solution de carmin à une solution concentrée diacide picrique jusqu'à teinte jus de groseille : aujourd'hui on n'emploie pas directement ce mélange, mais on obtient, par évaporation, une poudre cristalline ou amorphe de picro-carminate solide, dont on se sert ensuite en solution au centième. Ce réactif colorant est précieux pour l'étude des nerfs^ des centres nerveux ; il nous a donné d'excellents résultats pour les ganglions nerveux.
On peut dire d'une manière générale que les éléments anatomiques vivants n'absorbent pas le carmin, et que le fait de coloration par ce réactif est un indice de Tétat cadavérique des éléments qui le fixent; mais si cette formule générale traduit bien ce qui se passe sur la lame porte-objet, pendant les quelques instants oii des cellules vivantes (globules blancs du sang,
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spermatozoïdes, etc), sont mises en contact avec du carmin, il n'en est plus absolument de même lorsqu'on parvient à faire pénétrer cette matière colorante dans l'organisme, et à l'y faire séjourner nn temps notable. Si on injecte dans les sacs lymphatiques d'une grenouille du carmin broyé très-fin en suspension dans l'eau, on peut observer au bout d'un certain temps que les tendons et différentes autres parties fibreuses de l'organisme sont colorées en rose. Cette couleur s'étend à la fois aux fibres et aux cellules du tissu, comme on peut s'en rendre compte^ dit Pouchet, par une préparation élégante : on porte sous le microscope un mince tendon ; il paraît uniformément coloré. On fait agir sur lui l'acide acétique. Cekii-ci a la propriété de gonfler les fibres : elles pâlissent en conséquence, puisque pour une même quantité de matière colorante elles occupent un plus grand espace, tandis que les cellules, ne subissant pas la même augmentation de volume, gardent leur coloration primitive et paraissent dès lors plus foncées que le reste du tissu (voy. Pouchet et Legoff, Soc. de biologie^ décembre 1875) (1).
(1) Voy. aussi Pouchet et F. Tourneux, Précis d' histologie humaine et dliistogénie, pp.. 34 et 35
Rématoxyline . — L'hématoxyline (matière colorante du bois de campêche) donne de belles colorations d'un violet rouge. Pour l'employer, il faut en faire une solution concentrée dans l'alcool, puis mêler 1 gramme de cette solution à environ 800 grammes d'eau contenant 1 gramme d'alun : on obtient ainsi un liquide bleu-violet qui colore en quelques minutes les noyaux des éléments anatomiques.
Le campêchC;, en solution faible, combiné à l'acide picrique, a été employé pour colorer les coupes minces d'artères préalablement desséchées : les fibres-cellules, avec leurs noyaux, se colorent alors en violet; le tissu lamineux, en brun-rouge; les fibres élastiques, en jaune-paille.
Teinture de Tournesol. — G. Pouchet a indiqué l'usage de la teinture de tournesol « pour l'étude des nerfs périphériques à l'état frais. Au bout de un à deux jours d'imbibition, les noyaux de la gaine de Schwann et du périnèvre sont colorés en bleu intense. Si l'on vient à faire agir ensuite une solution acide, les noyaux, de bleus qu'ils étaient, deviennent rouges. »
Purpurine. — Ranvier a fait connaître l'usage de la purpurine, matière colorante extraite de la garance. Cette substance est soluble dans une