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PURPURINE

solution bouillante d'alun, d'oi^i elle se précipite, au moins en grande partie, quand la solution est revenue à la température ambiante; mais si l'on ajoute une certaine proportion d'alcool à la solution chaude d'alun et de purpurine, cette dernière ne se précipite plus par le refroidissement. Voici donc comment on prépare la solution de purpurine propre à colorer certains éléments anatomiques. Une solution d'alun dans l'eau distillée à 1 pour 200 est portée à l'ébuUition dans une capsule de porcelaine ; on y ajoute une petite quantité de purpurine solide broyée avec un peu d'eau distillée. La dissolution s'opère en quelques minutes. Il doit rester un excès de purpurine non dissoute, ce qui indique que la solution est concentrée. On filtre à chaud, en recueillant le liquide dans un flacon oi^i l'on a mis de l'alcool à 36°. L'alcool doit être en quantité telle, qu'il forme le quart en volume du mélange total. La liqueur que l'on obtient ainsi est d'un beau rouge orangé à la lumière transmise. Mais elle ne se conserve pas bien, et déjà au bout de cinq ou six semaines elle a perdu une grande partie de son pouvoir colorant; c'est pourquoi il faut employer de préférence une solution fraîche.

Cette solution donne d'heureux résultats pour l'étude du tissu conjonctif, dont elle colore les noyaux à l'exclusion de tous les autres éléments ; mais ses applications les plus intéressantes sont celles qu'on en peut faire à l'étude des coupes du système nerveux (notamment moelle épinière). A cet effet les pièces doivent être durcies par une macération dans le bichromate d'ammoniaque k 2 pour 1,000 (tous les autres procédés de durcissement donnent des pièces inférieures au point de vue de la coloration); les coupes minces sont placées dans la solution de purpurine pendant quarante-huit heures; montées alors dans la térébenthine du Canada, elles offrent les particularités suivantes : les cellules nerveuses, leurs noyaux et leurs prolongements sont incolores, ainsi que les cylindres-axes et les fibres du tissu conjonctif ; mais les noyaux des cellules épithéliales du canal central, les noyaux du tissu conjonctif et les noyaux des capillaires présentent une coloration rouge franche qui les fait reconnaître d'emblée.

Ainsi cette méthode de coloration, bien qu'elle soit un peu délicate et qu'elle exige le durcissement préalable dans le bichromate d'ammoniaque, paraît appelée à rendre de réels services à

ÉOSINE ET ANILINE. 223

la physiologie et à la pathologie, en ce sens qu'elle pourra servir à déterminer si un élément cellulaire est de nature nerveuse ou non.

Éosine. — Fischer en Allemagne, puis J. Renaut en France, ont employé l'éosine pour colorer les éléments protoplasmatiques : Véosine soluble, qu'on ti"ouve dans le commerce, est un sel de potasse d'une phtaléine bromée (la primerose du commerce); on l'emploie en dissolution dans l'eau ou dans l'alcool (1 sur 200) : cette dissolution colore au bout d'une minute le protoplasma de la plupart des tissus en rouge vif; elle colore également les fibres élastiques.

Les préparations colorées par l'éosine doivent être conservées dans de la glycérine neutre, ou mieux encore salée (NacL); comme l'éosine diffuse facilement dans la glycérine, il faut de plus que ce milieu conservateur soit préalablement saturé d'éosine; les préparations se conservent alors sans subir de décoloration.

Couleurs dérivées de V aniline. — Les couleurs d'aniline trouvent tous les jours de nouvelles applications en histologie; nous avons pour notre part employé quelques unes de ces couleurs et nous en avons retiré de grands avantages. Nous ne parlerons ici que des dérivés les plus usuels.

Fuchsine. — La fuchsine (chlorhydrate de rosaniline) est de toutes les couleurs d'aniline celle que nous recommanderons le moins : au point de vue de quelques recherches particulières elle mérite cependant de nous arrêter. Elle colore instantanément tous les tissus animaux, mais par le lavage, surtout dans l'eau acidulée d'acide acétique, la coloration disparaît et ne persiste que sur les fibres élastiques, qui sont alors admirablement dessinées : elle a servi à étudier les cils vibratiles et, en général, les épithéliums.

Bleu d'aniline. — Pour le bleu, comme pour presque toutes les couleurs d'aniline, on trouve dans le commerce deux variétés^ l'une soluble dans l'eau, l'autre soluble seulement dans l'alcool.

Le bleu d'aniline insoluble dans l'eau et so-' lubie dans l'alcool a été recommandé (Ranvier) pour les préparations du tissu osseux. Un os sec, bien macéré (c'est-à-dire débarrassé complètement des matières grasses), est divisé en coupes minces (par la scie et le frottement à la pierre ponce) ; ces coupes sont plongées dans une solution alcoolique concentrée à chaud de bleu d'aniline ; retirées au bout de deux heures, elles sont montéesdansunmélange de glycérine etd'eausa-

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