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CHAPITRE lY

CONSERVATION DES PRÉPARATIONS flISTOLOGIQUES. 1. Disposition entre lame et lamelle.

Quand la coupe histologique a subi les réactions nécessaires à son étude, quand elle a été placée sur la lame porte-objet dans une goutte d'eau, ou de glycérine, ou d'eau sucrée, on la recouvre, pour procéder à son examen, d'une mince lamelle de verre dite couvre-objet. Ce sont des lames carrées ou circulaires, que l'on prend aussi régulières et aussi minces que possible : elles ont en moyenne une épaisseur de deux dixièmes de millimètre ; il est bon d'en avoir de plus épaisses, pour les cas où une préparation, qui doit être examinée avec un faible grossissement, a besoin d'être comprimée, et de trèsminces pour l'emploi des forts grossissements, surtout quand on se sert des objectifs de Verick :

en effet, plus le pouvoir amplifiant est considérable, plus est courte la distance focale, et par suite plus doivent être minces ces lamelles interposées entre l'objectif et l'objet examiné (voy. ci-dessus, p. 84, les conditions particulières de l'examen avec les objectifs à immersion et correctioiî). On applique cette lamelle par l'un de ses bords sur la lame couvre-objet; et on la laisse peu à peu tomber sur la préparation, afin de chasser, par l'extrémité qui arrive la dernière au contact, l'excès de liquide et les bulles d'air qui sont si désagréables dans une préparation soignée. Ces petites manœuvres sont plus délicates qu'on ne pourrait le croire à jjriori, mais les difficultés qu'elles présentent seront bientôt vaincues par un peu d'exercice et d'habitude, et chacun se crée à cet égard des procédés plus pratiques que tout ce que nous pourrions indiquer ici théoriquement.

Si l'on examine des éléments très-délicats, il est bon d'en éviter la compression et l'écrasement par la lamelle en interposant de chaque côté de la préparation deux petits débris de papier, dont l'épaisseur suffira pour empêcher un contact trop immédiat entre la lame porteobjet et la lamelle couvre-objet. On peut aussi

se servir de cellules artificielles^ destinées à limiter sur la lame porte-objet le pourtour d'une cavité que la lamelle mince achève de clore. Ces cellules artificielles peuvent être constituées par un petit cadre mobile en verre, en caoutchouc, en gutta-percha, etc., etc. : on trouve ces cellules toutes faites chez les opticiens et les préparateurs d'objets microscopiques. Mais le plus simple est de fabriquer d'avance, ou au moment même du besoin, des cellules fixes, en déposant avec un pinceau, sur la lame porte-objet, un petit cercle ou un petit carré de l'une quelconque des substances que nous allons indiquer bientôt comme ciments pour sceller les préparations. Pour obtenir ces cellules parfaitement circulaires, on se sert d'un plateau tournant^ composé d'un disque qui se meut sur un pivot ; la lame porte-objet est fixée sur ce disque et on applique le pinceau sur la lame à une distance plus ou moins grande du centre de rotation, selon le diamètre que l'on veut donner à la cellule (1). Il peut se faire qu'au contraire une préparalion ait à gagner à subir une légère compression : on peut ainsi faire subir à certains élé-

(I) Voy. Catalogue de Nacliet, 1872, n° 70.

ments un écrasement qui en rendra la structure plus évidente. Nous ne nous arrêterons pas sur le détail de ces manœuvres, dont l'indication est facile à remplir ; disons seulement qu'afîn d'obtenir une compression parfaitement uniforme, et de pouvoir examiner la préparation à mesure que la compression se produit, on a imaginé des compresseurs que l'on fait manœuvrer au moyen d'une vis. On trouve dans le Traité du Microscope à^^ Ch. Robin et aun° 57 du Catalogue de Nachet, les détails de construction de cet instrument qui est moins employé en histologie proprement dite que pour l'étude des êtres microscopiques ou des organes embryonnaires.

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