APPAREILS A ATTELLES POUR LE MEMBRE INFERIEUR
Une ceinture pelvienne, assujettie par des sous-cuisses, donne attache à un tuteur ou béquille à rallongé, articulé à pivot au niveau de la hanche, du genou et du pied, et relie
APPAREILS ORTHOPEDIQUES
à une semelle métallique fixée dans une bottine (fig. 277).
Un cuissard, des embrasses-jambières, complètent l'appareil (appareil de Bonnet, deJ.-V. Raspail, deLefort).
Un second tuteur interne rend l'appareil plus solide, plus fixe (fig. 277).
Divers mécanismes permettent d'obtenir l'extension, l'abduction ou l'adduction du membre inférieur.
Une attelle métallique s'étendant de la ceinture pelvienne
Fig. 275.
Ceinture de Lange pour la contention des luxations congénitales de la hanche (vue antérieure).
à la partie antérieure de l'appareil ou à l'attelle externe et que l'on allonge ou raccourcit, soit au moyen d'une vis, soit au moyen d'une crémaillère, permet d'obtenir le degré d'extension voulu.
L'abduction, l'adduclion sont obtenues au moyen d'une vis fixée au niveau du point où l'attelle externe du tuteur se relie à la ceinture pelvienne.
On peut encore placer une forte tige d'acier métallique au cHé externe de l'appareil, sur laquelle on règle le degré d'abduction du membre, soit par des tracteurs élastiques, soit par un appareil à vis.
Nous décrivons, page 204, les appareils d'extension à crémaillère, dits appareils Américains, les divers mécanis-
Fig. 276. — Ceinture de Lange (vue postérieur
mes qui donnent des mouvements à l'attelle exlerne, particulièrement l'abduction, l'adduction, la rotation en dehors (doubles charnières à action latérale, vis de pression, vis sans fin, engrenage à pignon, forces élastiques, etc.), et enfin la fixation de l'attelle dans une attitude déterminée (vis, verrous, etc.).
APPAREILS ORTHOPEDIQUES
La fig, 278 représente l'appareil de Hessing très préconisé par les orthopédistes allemands.
La forme de la ceinture (fig. 279) varie légèrement suivant
r . prpnr.
Fig. 277. — Appareil à tuteurs.
Fig. 278. — Appareil de Hessing.
les cas. Dans sa forme la plus simple, elle se compose de deux lames d'acier.
Une des lames part verticale, en arrière, de la pointe du sacrum jusqu'à l'E. I. P. S. Là, elle se recourbe à angle
droit, épouse exactement la forme de l'aile iliaque et descend à la partie antérieure jusqu'en avant de l'E. I. A. S.
La lame qui passe horizontalement au-dessus du trochanter, vient rejoindre l'autre lame qui circonscrit tr^s exactement la crête iliaque, en avant un peu au-dessous de l'épine iliaque A. S. et, en arrière, sur le sacrum au niveau duquel elles sont solidement réunies entre elles.
Des sous-cuisses assujettissent l'appareil. Deux petites lames d'acier transversales consolident l'appareil en arrière.
La ceinture, absolument immobile et fixée sur le bassin,
Fig. 279. — Ceinture de l'appareil de Hessing.
donne un solide point d'appui aux attelles métalliques à rallonges qui produisent l'extension, l'abduction ou l'adduction du membre.
Des gaines en cuir entourent la cuisse, la jambe et le pied.
Tous les mouvements sont obtenus au niveau de l'articu lation de la hanche, par le mécanisme de la double charnière.
Hessing complète son appareil par l'emploi d'une bande de cuir qui est passée sous le talon et lacée sur le cou-de-pied. Cette bande fixée .à l'appareil a pour but d'embrasser l'articulation et de la maintenir sur la semelle d'acier, de telle sorte que l'appareil ne puisse glisser.
Les figures 280 et 281 représentent les détails de la construction et la disposition de l'appareil de Hessing.
L'appareil est appliqué pendant que le membre est soumis
à une forte traction, les attelles sont fixées dans la position maximum d'extension que l'on a obtenue. Atin d'éviter tout déplacement, la gaîne de la cuisse, bien matelassée, s'appuie contre la tubérosité ischiatique.
La technique de construction des appareils à attelles est assez simple.
La ceinture pelvienne, les arcs pelviens et troehantériens,
Fig. 280-281. — Détails de la ceinture de Hessing, d'après Gocht.
dans l'appareil de Hessing, sont très exactement modelés sur un modèle en plâtre, ou d'après une forme obtenue avec un ruban malléable.
Des lignes tracées sur les modèles en plâtre indiquent les axes verticaux, en avant et en arrière et aussi les axes des articulations du genou et du cou-de-pied.
Des bandes de renforcement peuvent être fixées à la surface du modèle plâtré au moyen de petites chevilles de cuivre, à la partie postérieure de la jambe et de la cuisse.
Le cuir est généralement employé pour former les gaines qui sont modelées suivant les indications données page 21.
Les montants d'acier, avec leurs articulations, après divers essais, sont trempés, polis et fixés dans les points convenables.
On garnit l'intérieur de l'appareil avec de la peau de chamois; on place les œillets.
La semelle d'acier, recouverte de cuir, s'articule, à l'aide d'un étrier, avec les deux montants latéraux.
Fig. 282-283. — Appareil à longue attelle de L.-A. Sayre.
Appareils à extension continue du membre inférieur, dits ajjpareils Américains.
Dans les appareils de Davis, de Taylor, de L.-A. Sayre (fig.282et 283), une longue attelle externe est reliée en haut
APPAREILS ORTHOPEDIQUES
à une ceinture pelvienne avec sous-cuisses et en bas à une anse, de diachylorï avec boucle, ou à une semelle spéciale* ou au soulier du malade.
Fig. 284. — Appareil à courte attelle de L.-A. Sayre.
Fig. 285. —Appareil pour la correction du genu valgum.
L'attelle est composée de deux parties, glissant l'une dans l'autre, au moyen d'une crémaillère actionnée par une clef. Grâce à ce mécanisme, on peut allonger ou raccourcir l'attelle et exercer ainsi une traction plus ou moins grande sur le membre inférieur.
On utilise quelquefois l'appareil à courte attelle (fig. 284) qui fonctionne aussi par le mécanisme de la crémaillère.
Nous décrivons, page 100, les appareils de H.-O. Thomas, de Bruns, de A. Lorenz.
Fig. 286.— Appareil de Tuppert.
Fig. 287-28$. —Appareils pour la correction des courbures rachitiques de la jambe.
Types d'appareils de contention et de redressement dans les difformités du memrre inférieur
Les fig. 28oà286 réprésentent quelques types de ces appareils pour la correction du genu valgum et des courbures rachitiques de la jambe.
Appareils de marche
Nous avons décrit les appareils à attelles du membre inférieur, notamment les appareils Américains qui permettent la marche, sans mouvement ou retentissement fâcheux sur l'articulation malade.
APPAREILS ORTHOPEDIQUES
L'attelle avec étrier de A. Lorenz (fig. 289) est incorporée dans l'appareil plâtré qui entoure le membre inférieur et le tronc, et supporte le poids du corps sans que le pied appuie sur le sol. La barre inférieure transversale qui porte sur le sol pendant la marche doit passer à quelques cen-
Fig. 289. — Attelle avec étrier de A.
Lorenz.
Fig. 290. - Attelle métallique de Aubry.
Fig. 291. — Appareil de marche en cuir moulé avec étrier.
timètres au-dessous de la plante du pied qui se trouve ainsi suspendue en l'air.
Si l'on veut éviter la pression de l'étrier sur le sol, on recommande au sujet de se servir de béquilles et de porter une semelle surélevée du côté sain.
23 i PRÉCIS DE TECHNIQUE ORTHOPÉDIQUE
On peut encore se servir de Vatt.elle d'Aubry (fig. 290), fixée par un appareil inamovible ou par un appareil amovible en cuir (Rainai) (fig. 291).
Nous recommandons les appareils en cuir pu en celluloïd, avec attelle métallique et étrier, qui prennent point d'appui sur les plateaux tibiaux ou sur l'ischion et déchargent les articulations malades pendant la marche.
Nous utilisons souvent l'appareil de marche de A. Lorenz dans le traitement de la coxalgie, lorsque les phénomènes aigus se sont calmés, à la période de convalescence.
Une semelle appuyée contre la plante du pied est reliée à deux montants latéraux qui remontent jusqu'au niveau de la partie moyenne ou du tiers supérieur de la cuisse, et qui soit articulés au niveau des malléoles et du genou.
Les attelles sont fixées par un appareil plâtré qui immobilise le bassin et se termine au-dessus du genou.
Le sujet marche en se servant de béquilles et en n'appuyant que très modérément sur la semelle et sur le pied, du côté de la coxalgie.
Un appareil analogue peut servir dans le cas d'arthrite chronique du genou. Le b:mdage plâtré descend alors jusqu'au tiers inférieur de la jambe.
11 est facile d'improviser un appareil de marche en se servant de la technique suivante :
Une gouttière plâtrée d'Hergott est appliquée d'abord. Elle ne dépasse pas en haut le pli du jarret, ou remonte, dans quelques cas, jusqu'au tiers inférieur de la cuisse.
Lorsqu'elle est sèche, on dispose par-dessus, en étrier, une attelle plâtrée, remontant plus ou moins haut, suivant le cas, renforcée au niveau de l'étrier, par une lame de zinc coudée en anse. L'attelle ne doit pas toucher la plante du pied ; on interpose entre la plante du pied et l'étrier un rouleau de ouate d'une épaisseur de 5 centimètres environ.
On fixe l'attelle à sa partie supérieure par quelques tours circulaires de bandes plâtrées. Des bandes circulaires de diachylon, placées au tiers inférieur de la jambe, fixent et consolident l'appareil.
APPAREILS ORTHOPEDIQUES
Nous représentons piges 168 à 171 et fig. 183 à 189 quelques types d'appareils ambulatoires dérivés du chariot flamand, {appareil de Darrach, de Meigs Case, de Forest Willard, etc., qui servent à décharger les membres inférieurs du poids du corps et à faciliter l'éducation de la marche. Ces chariots sont souvent très utiles dans la période de convalescence des affections articulaires, dans les difformités paralytiques ou spasmodiques du membre inférieur, et aussi dans quelques affections du rachis.
Types d'appareils avec application de forces élastiques
Les fig. 292 à 299 représentent quelques types de ces appareils.
Fig. 292. — Corset en cuir moulé à traction élastique.
Fig. 293. — Corset à détorsion de Barwell
Fi*. 294. — Corset à pression élastique de Mathieu.
Fi* 295-296. Appareils à traction élastique pour le traitement
APPAREILS ORTHOPEDIQUES
Fig. 297. — Appareil de P. Redard.
Fig. 298.
Appareil à traction élastique pour remédier paralysie des extenseurs de la main.
Fig. 299.
Appareil à traction élastique pour redresser un doigt.
Voir aussi fig. 306 à 310, les types d'appareils à traction élastique pour le traitement du pied bot.
Appareils orthopédiques pour le redressement et la contention des difformités du pied et des orteils
La plupart des appareils proposés pour le redressement et la contention des difformités du pied et des orteils dérivent du modèle très simple constitué par une semelle métallique, par deux attelles latérales rivées sur les bords de la semelle
ou passant au-dessous, se terminant au-dessous du genou et reliées en arrière, à ce niveau, par une embrasse en acier et
cuir. Cet appareil permet de donner au pied une attitude déterminée, de décharger les articulations tibio-tarsiennes d'une partie du poids du corps.
Les semelles doivent répondre aux diverses indications et sont disposées suivant les règles exposées dans notre étude des chaussures orthopédiques (page 242).
Des brides ou des courroies qui viennent se fixer sur les montants latéraux s'appliquent sur la face externe ou sur la face interne de l'extrémité inférieure des os de la jambe et corrigent la tendance au varus ou au valgus, au niveau de l'articulation tibio-tarsienne.
On peut étaler le pied au moyen d'une bride qui passe sur la face dorsale. Un lacs élastique, fixé à la pointe ou au talon et relié à l'embrasse jambière ou au tuteur, corrige l'équin ou le talus.
De cet appareil-type dérivent de nombreux modèles.
Nous avons décrit les principaux mécanismes qui permettent de corriger les positions vicieuses du pied.
Nous avons signalé les appareils à force de tension fixe (Sabot deVenet [ûg. 235, page 197] et ses dérivés), les appa-
Fig. 300. — Appareil à ressort en spirales pour la correction de la rotation en dedans du pied et des membres intérieurs.
APPAREILS ORTHOPEDIQUES
reils à ressorts métalliques (Soulier de Scarpa [fi g. 248,
page 205] et ses dérivés).
La fig. 301 (a, b, c,) représente V appareil pour pied bot de
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Fig. 301 . — Appareil de Heusner pour pied bot avec ressortde forme serpentine.
Fig. 302-303. — Appareil de Collin.
Heusner. Le redressement est obtenu par l'action de ressorts de forme serpentine.
Dans le modèle de Collin, modification de l'appareil de Guérin, destiné au traitement du varus équin, représenté
Fig. 30i-305. — Appareil de Nèlaton.
Fig. 306. - Appareil de L. A. Sayre.
Fig. 307. — Appareil de Stillman.
APPAREILS ORTHOPEDIQUES
iig. 302 et 303, on obtient par le mécanisme de la vis de pression trois mouvements qui corrigent le varus, l'équin et ramènent lavant-pied en dehors.
Fig. 308. — Appareil de Trélat.
Fig. 3J0 — Appareil pour correction du talus.
Dans l'appareil de Nélaton (fig. 304 et 305), la correction est obtenue au moyen de l'articulation à boule libre .
Quelques types d'appareils a traction élastique dans le traitement du pied rot
Les fig. 306 à 310, représentent quelques types de ces appareils.
242 PRÉCIS DE TECHiNIQUE ORTHOPÉDIQUE
CHAUSSURES ORTHOPEDIQUES
Les chaussures de maintien, destinées à contenir le pied dans une bonne attitude, sont des chaussures ordinaires, rationnellement construites, avec talon bas, forte semelle dont le bord interne est droit ou presque droit, le bout carré ou arrondi, ne comprimant pas les orteils, dépassant le pied de un centimètre, contrefort renforcé, tige haute en cuir dur, montant, dans certains cas, jusqu'au tiers inférieur de la jambe.
Les chaussures de soutien sont employées pour soutenir la voûte plantaire, pour dissimuler une difformité du pied, pour compenser le raccourcissement d'un des membres inférieurs, pour faciliter la marche.
1° Dans le pied bot congénital
Les semelles doivent être disposées de telle sorte que le poids du corps serve au maintien delà correction. Elles sont surélevées en dehors, dans le varus ; en dedans, dans le valgus.
Des contreforts latéraux maintiennent l'articulation tibiotarsienne et se prolongent même quelquefois en avant, au côté externe ou interne du pied.
2° Dans le pied bot paralytique
La semelle doit être rigide, de façon à conserver au pied ses points d'appui normaux ou anormaux.
Le valgus, l'affaissement de la voûte plantaire, sont corrigés par une semelle en dos d'âne surélevée en dedans, analogue à celle recommandée pour la correction du pied plat (fig. 312 et 313 et page 247).
L'équin est corrigé par une surélévation du talon, par quelques épaisseurs de liège placées sous le talon.
APPAREILS ORTHOPEDIQUES
Les contreforts doivent immobiliser le talon et l'articulation tibio-tarsienne.
Le contrefort peut être renforcé au moyen d'une plaque d'acier épaisse de 1 millimètre, large de 2 à 3 travers de doigt et solidement fixée dans le cuir au moyen d'une colle au sulfure de carbone et à la gutta.
Nous conseillons d'éviter les chaussures trop rigides qui gênent la marche et aggravent la claudication.
Lorsque V êquinisme est très prononcé, on recommande des chaussures analogues à celle de Percy J. Gunthrop, représentée fig. 311.
Fig. 311. — Chaussure de Percy J. Gunthrop.
Le pied est maintenu en équin par un bloc de bois de hauteur appropriée, et protégé au niveau du talon et des orteils par une plaque d'aluminium. L'extrémité de la chaussure prolongeant la semelle et figurant le bout du pied, est articulée.
3° Dans le pied plat valgus
Le côté interne de la semelle doit être plus élevé que le côté externe, de façon que le pied repose sur un plan incliné de dedans en dehors et de haut en bas.
La semelle est très rigide, surtout au niveau de la voûte plantaire, ce que l'on obtient en prolongeant en avant la partie interne du talon.
L'axe du talon et celui de la chaussure forment un angle obtus, ouvert en dedans.
Le talon est assez haut, large, incliné d'avant en arrière, de façon à ce que la grande apophyse du calcanéum soit située plus bas que son col et que l'arc plantaire externe soit conservé (A. Lorenz).
L'articulation tibio-tarsienne est maintenue par des contreforts et quelquefois même par un tuteur.
Dans les chaussures construites d'après ces indications (chaussures de Miller et Thomas, soulier de Beely), le pied glisse en dehors, vient presser contre la chaussure par son bord externe qui se couvre de durillons. La chaussure se déforme rapidement en dehors.
On évite ces inconvénients en plaçant dans la chaussure une semelle surélevée en dedans, au nivtau du point qui normalement doit être le plus concave, s'étendant à toute la face plantaire, de la pointe du pied à la face postérieure du talon.
Le pied repose ainsi sur un plan incliné de dedans en dehors et de haut en bas, il se place en légère supination ; la voûte plantaire est cambrée et bien maintenue.
Afin d'éviter le glissement du pied en dehors, on exerce quelquefois une contre-pression au côté externe du pied : plaque de tôle placée au-dessous de Ja malléole interne, et
Fig. 312. — Face interne. Fig. 313. — Face externe.
Semelle en liège.
coudée en bas en forme de Z pour se fixer dans le talon (Staffel) ; plaque métallique se recourbant en dehors et remontant de quelques centimètres au-dessus du bord externe du pied (Whitmann) ; deux crochets verticaux larges de 2 centimètres, qui correspondent, l'un au côté externede l'apophyse antérieure du calcanéum, l'autre à la partie moyenne du 5e métatarsien (F. Lange).
Les types de semelles pour pied plat sont construites avec diverses substances : en liège (fig. 312 et 313), en celluloïd, en métal (fig. 314 et 315) {cuivre, acier, alliage d'aluminium et de fer, alliage de cuivre et de nickel, etc.).
Elles doivent se mouler exactement sur le pied, faites avec une technique rigoureuse pour chaque cas particulier.
Semelles en liège. — Recommandées depuis longtemps par Bouvier, souvent très utiles, elle peuvent être exécutées sans
moulage du pied, rectifiées sur le sujet par quelques coups de lime (fig. 312 et 313).
On taille dans du liège un morceau en forme de coiu, allongé vers les deux extrémités, incliné obliquement vers la partie externe du pied, légèrement bombé vers son milieu.
Le coin est placé à la partie interne du pied et rectifié avec la lime. On le fixe avec de la colle à la gutta-percha sur une semelle de cuir, d'une épaisseur ordinaire, et on le glisse dans la chaussure.
Les semelles en celluloïd et en métal doivent être fabriquées d'après un moulage en plâtre, d'après des demi-formes, ou d'après une forme en bois de cordonnier. On évide le moule au niveau de la partie interne du pied, de manière à reconstituer la voûte plantaire. Sur ce modèle corrigé, on moule la semelle rigide qui doit être introduite dans la chaussure.
L'empreinte du plâtre doit être prise de telle sorte que le pied repose sur le sol, sans que la voûte soit affaissée (voir Empreintes, page 267).
Semelles en celluloïd. — Nous employons souvent la technique suivante :
Sur un moule positif plâtré du pied dont la voûte plantaire est fortement redressée, on fait une semelle constituée par trois épaisseurs de tricot imprégnées de celluloïd. Entre la deuxième et la troisième couche du tricot, on peut intercaler une lame d'acier bien modelée sur la voûte plantaire (Hoffa) ou un arc en acier (Lange). Lorsque cette semelle est rigide et sèche, on la détache du moule, on l'essaie, on la garnit au niveau de la concavité de deux morceaux de liège, en triangle à base inférieure, qui donnent de l'élasticité pendant la mar che et on la recouvre enfin de peau de chamois.
On peut encore, mais le procédé est moins précis, mouler directement sur la face plantaire du pied, une lame de celluloïd ramollie dans l'eau bouillante et maintenue entre deux morceaux de feutre. Pendant l'application de la plaque de celluloïd, on exagère la cambrure du pied.
Semelles métalliques. — Les semelles sont découpées à la cisaille, dans des feuilles métalliques épaisses de quelques millimètres, chauffées au feu de forge, mises en forme sur le moulage, rectifiées, limées, etc.
Les pièces exécutées avec l'alliage de cuivre et de nickel, ou avec l'alliage d'aluminium, peuvent être confectionnées au marteau et à froid.
Les semelles métalliques confectionnées sur des moules en
Fig. 3!4 — Semelle métallique
Fig. 315. — Chaussure avec semelle métallique arquée.
plâtre ou. en bois, d'après une forme du pied rectifiée, la voûte plantaire rétablie, le pied placé en supination, sont seules recommandables (fig. 314 et 315).
La précision ne peut être obtenue, lorsque la semelle est construite en se servant des simples empreintes du pied, données par le noir de fumée, qui servent à découper un patron en carton.
Les différentes semelles sont recouvertes de cuir ou d'étoffe, collées ou vissées dans la chaussure.
Nous donnons la préférence aux semelles métalliques et aux semelles en liège.
APPAREILS ORTHOPEDIQUES
4° Dans les difformités des orteils
a). Hallux valgus (Appareil de Noble Smith (fig. 316). — Le gros orteil est engaîné dans un doigtier de cuir ou entouré d'un ruban ou d'une bandelette de diachylon. Un iil résistant, fixé à la gaine ou à la bague, passe dans un trou pratiqué au niveau de la partie antérieure et interne d'une semelle en cuir, correspondant à la partie antérieure, ou même à toute la surface plantaire, et débordant un peu en dedans le bord interne du gros orteil.
Fig. 316. — Appareil de Noble Smilh.
Fig. 317 Appareil de Thilo.
On tire sur le fil qui redresse le gros orteil et qui est ensuite fixé à l'intérieur (Beely) ou à l'extérieur de la chaussure.
Appareil de Bigg. — Dans cet appareil, plus compliqué, une attelle ou un ressort métallique correspondant au bord interne du pied et se prolongeant sous forme d'une petite tige rectiligne jusqu'au delà du gros orteil, présente, au niveau de l'oignon, une petite capsule destinée à le recevoir. L'attelle est reliée à un bracelet de cuir fixé au niveau du tarse ou du métatarse.
L'appareil étant en place, l'orteil est ramené dans sa position normale, rapproché de l'attelle en serrant les lacets d'une bague de cuir qui l'entoure.
On peut encore conseiller le brodequin de Mellet. Le sujet porte des bas à doigtiers séparés. Le gros orteil est maintenu dans l'anse d'une courroie qui va se fixer sur des boutons d'une semelle en cuir ou en bois.
Plus simplement, Je gros orteil et le métatarsien sont immobilisés et maintenus, redressés, dans une gaine en cuir durci (P. Berger), par des attelles moulées en gutta-percha (ïrélat, Blum), par des attelles ou des ressorts métalliques fixés au moyen de bandelettes de diachylon.
b). Orteil en marteau. — Les orteils déviés sont fixés contre une semelle, au moyen de lacs contentifs qui passent audessus des phalanges déformées.
Afin d'éviter les déplacements de la semelle, on la relie à une empeigne. On a ainsi un brodequin que l'on glisse dans une chaussure ordinaire (brodequin de Mellet).
Dans l'appareil de Thilo (fig. 317), une semelle en cuir est incisée de chaque côté de l'orteil dévié. Une bande élastique ou une bandelette de diachylon, disposée en forme de bague, embrasse l'orteil. On tire sur les deux extrémités de la bande, et quand le redressement est obtenu, on les fixe sous la semelle.
La semelle est appliquée contre la plante du pied, recouverte d'une chaussette. Le tout est introduit dans la chaussure.
5° Dans le gémi valgnm
Chaussures analogues à celles préconisées pour le traitement du pied plat. La semelle est surélevée en dedans, principalement au niveau du talon, ou bien encore un liège, plus épais en dedans qu'en dehors, est placé dans la chaussure. La pointe du soulier et le tiers antérieur de la semelle sont légèrement infléchis en dedans.
Cette disposition produit l'adduction et la rotation du pied en dedans. Elle corrige la tendance du pied à se dévier en dehors et corrige aussi, en partie, la déviation du genou en valgum.
APPAREILS ORTHOPEDIQUES
6° Pour compenser le raccourcissement, apparent ou réel, d'un des membres inférieurs
La correction du raccourcissement doit se faire avec une grande précision.
Dans le cas d'ankylose osseuse de la hanche, définitive, on compense la totalité du raccourcissement. Si Vankylose est fibreuse, incomplète, on ne compense que la moitié du raccourcissement, sous peine de voir augmenter la difformité et la claudication.
Le liège, ou le bois, placé dans la chaussure, doit avoir une épaisseur convenable, plus élevé au niveau du talon, de façon à mettre le pied en léger équi nisme. Il faut éviter les trop grandes élévations au niveau du talon qui placent le pied en équinisme exagéré. Une partie de l'élévation peut être mise dans la semelle de cuir ou dans le talon.
Nous recommandons souvent une semelle en liège très élevée au niveau du talon, très peu épaisse au niveau des orteils, formant aussi une pente prononcée sur laquelle s'appuie
f i • -, Fl§- 31§- — Semelle métallique
la plante du pied. pour surélévation de la chaus-
On peut utiliser quelquefois suredes semelles métalliques disposées suivant les indications de
Les demi-formes plastiques (voir page 269), ou le moulage du pied, permettent d'obtenir une plus grande précision.
Suivant une excellente technique, on place le sujet en station verticale, les deux épines iliaques au même niveau, la jambe posant seulement sur l'avant-pied, le talon séparé du
sol par une distance égale au raccourcissement. On comble avec du plâtre celte distance, et on obtient une talonnette en plâtre venant en biseau jusqu'au milieu de l'avant-pied. Deux heures après, on glisse la talonnette en plâtre sous le pied mis dans la même position que précédemment, et on prend le moulage des deux pièces, du pied et de la talonnette réunis, et aussi le moulage du pied, du côté normal, posé à plat. Le cordonnier fait sur ces formes deux chaussures ordinaires. Une talonnette en bois ou eu liège exactement pareille à la talonnette en plâtre, est placée dans la chaussure du côté raccourci.
On peut encore se servir de chaussures analogues à celles décrites page 243, fig. 311.