‹ Précis de technique orthopédiqueChapitre 14 sur 66 · CORSETS ET CEINTURES ORTHOPEDIQUES · texte numérisé non relu

CORSETS ET CEINTURES ORTHOPEDIQUES

Rappelons que ces appareils agissent par la pression, par l'inclinaison, par l'extension et le soulècement du rachis, par la détorsion.

Corsets agissant par pression

Les pressions et les contre-pressions sont exercées par des pelotes à ressorts ou à vis, au niveau de la gibbosité, dans une direction diagonale, sur les deux gibbosités, aux deux extrémités de la courbure et dans quelques cas sur les hanches.

Le corset de Nyrop est le type de ce genre de corset.

Une ceinture pelvienne donne appui à un tuteur médian, à l'extrémité duquel s'articulent deux branches horizontales qui se terminent, sous les aisselles, en forme de béquillons. Deux tuteurs latéraux, placés à droite et à gauche, suivant le cas, relient la ceinture pelvienne à l'une des branches horizontales. Au tuteur médian, postérieur, sont fixés : 1° un ressort d'acier recourbé, sur lequel glisse une pelotte qui doit presser sur la gibbosité ; 2° une ou deux branches élastiques qui, contournant les deux tuteurs latéraux et prenant

point d'appui sur eux, viennent se relier à l'extrémité libre du ressort d'appui. La contre-pression est obtenue par la bande élastique qui presse au niveau des tuteurs latéraux.

Jffl^iP RA1NAL Pi?

Corsets avec inclinaison

Une pression unique, très forte, exagérée, agit sur le thorax dans un seul sens (ceinture de Hossard, tig. 233).

Gorsets avec extension et soulèvement du tronc

L'extension du rachis est obtenue au moyen de soutiens axillaires, de béquillons qui prennent

leur point d'appui Sur Fig. 253. - Ceinture de Hossard.

une ceinture pelvienne

moulée sur le bassin. Des

pièces, courroies, pelotes, plaques métalliques, coussins,

servent à combiner la pression et l'extension.

Ceintures et corsets avec détorsion

Des courroies ou des bandes élastiques, directement appliquées sur le corps, attirent en bas et en avant l'épaule correspondant à la convexité de la courbure, exercent des pressions sur la convexité, déchargent le côté concave d'uue partie du poids du corps, produisent ainsi un mouvement de détorsion du rachis sur son axe vertical.

APPAREILS ORTHOPEDIQUES

Corset de Davis Taylor (fi g. 254)

Ce corset et ses modifications, très usité en Amérique, dans le traitement du mal de Pott, est essentiellement constitué

Fig. 256. — Corset de W. Blanchard.

par deux montants d'acier parallèles, moyennement flexibles, pourvus de coussins formant leviers, dont le point d'appui est au niveau delà gibbosité. La résistance est fournie par les pièces placées à la partie antérieure du thorax et la trac-

tion des bretelles d'épaules qui passent sous les aisselles.

La puissance est maintenue par les barres verticales.

On peut accentuer la courbure des montants métalliques en se servant de clefs anglaises et augmenter, par conséquent, la pression au niveau de la gibbosité.

Les fig. 255 et 256 représentent les corsets recommandés dans le traitement du mal de Pott par W. Blanchard (de Chicago).

Corsets avec réclinaison

Quelques types de corsets placent le rachis en lordose, en réclinaison.

Parmi ces appareils destinés au traitement du mal de Pott, nous citerons le corset de Lacroix, le corset avec réclinaison de L. Wullstein (figure 257) que l'on peut construire en celluloïd ou en cuir.

Fig. 2'6">. — Corsel avec réclinaison de L. Wullstein.

APPAREILS ORTHOPEDIQUES

MODE DE CONSTRUCTION DES PRINCIPAUX TYPES DE CORSETS Corset en étoffe à barrettes

Le type de corset en étoffe, primitivement recommandé par Ducresson, a été légèrement modifié dans ces derniers temps.

L'extension du tronc, son maintien dans une attitude redressée, est recherchée au moyen de béquillons qui pren-

Fig. 258. — Corsage de coutil.

nent point d'appui sur des arcs métalliques qui emboîtent très exactement les crêtes iliaques.

Des lames d'acier trempées en ressort et des baleines qui s'appliquent exactement sur les surfaces donnent de la rigidité et une certaine élasticité au corset.

Les fig. 258 à 266 représentent: les corsets de Beely (fig. 261 à 266) et de Hessing (fig. 259 et 260) préconisés par les orthopédistes allemands.

Corset de Hessing

Le corset de Hessing (fig. 260) se compose : d'un corsage de coutil et de pièces métalliques qui forment le squelette de l'appareil.

1° Corsage de coutil. — Chaque moitié du corsage se compose de huit parties : trois pièces dorsales, deux pièces latérales, deux pièces antérieures et une pièce trochantérienne.

Les pièces, exactement taillées suivant les mesures, sont assemblées (fig. 258).

Une bande de coutil avec œillet est cousue de chaque côté à la partie médiane.

Fig. 259. — Pièces métalliques.

Fig. 260. — Corset de Hessing.

2° Pièces métalliques. — Le squelette du corset se compose des arcs pelviens et de trois montants qui se vissent aux arcs et soutiennent les béquillons rembourrés (fig. 259)»

Les arcs métalliques sont constitués par deux lames d'acier en forme de fer à cheval, d'une largeur d'un centimètre et demi et d'une épaisseur de 6 millimètres environ. Ils doivent emboîter très exactement les crêtes iliaques, descendant

en avant, jusqu'au dessous des épines iliaques antéro-supérieures, et, en arrière, jusqu'à la limite postérieure du grand trochanter.

On peut immobiliser ces arcs sur le bassin au moyen de deux barres métalliques transversales, qui unissent leurs branches descendantes postérieures.

Fig. 2C1-2G2. — Corsets de Beely pour la correction des cyphoses.

Les montants postérieurs suivent la direction de la partie postérieure de l'arc pelvien, de chaque côté des apophyses épineuses, jusqu'au dessus de l'épine de l'omoplate.

Les montants antérieur et moyen sévissent sur l'arc pelvien dans les points indiqués sur la figure 259; ils suivent la. ligne axillaire ; à leur extrémité supérieure, ils supportent les béquillons rembourrés et sont constitués par deux lames

avec fentes et vis qui glissent l'une sur l'autre et qui permet tent de les allonger ou de les raccourcir (fig. 259).

La forme des pièces métalliques doit être prise avec soin, le sujet étant placé dans une position de redressement, aussi parfaite que possible, en légère suspension verticale, les courbures rachidiennes bien redressées, l'inclinaison du tronc corrigée.

I il \ x .! i I! IT 1 Fig. 263-26i. — Corsets de Beely pour la correction des cyphoses.

Quelques orthopédistes donnent la forme aux pièces métalliques en les modelant sur un positif en plâtre soigneusement rectifié.

Le modelage des pièces métalliques directement sur le sujet, nous parait préférable ; il donne une précision très suffisante. On obtient la forme très exacte des pièces métalliques en se servant d'abord de bandes malléables en alumi-

APPAREILS ORTHOPEDIOUES

nium ou en plomb et étain (2/3 de plomb et 1/3 d'étain) que l'on modèle avec soin au moyen de clefs anglaises où de la clef de Beely, pendant que le tronc du sujet est maintenu en position redressée.

Les pièces d'acier fabriquées sur ces modèles sont encore

Fig. 263-266. — Corsets de Beely pour la correclion des scolioses.

essayées plusieurs fois et corrigées avant d'être trempées et de recevoir leur forme définitive. On détermine avec grand soin la position que doivent occuper les béquillons et les montants d'acier qui les soutiennent.

Le corsage lacé, en coutil, étant essayé sur le sujet bien redressé et corrigé, on place sur ce corsage les parties métal-

liques, arcs, béquillons, montants postérieurs, barrettes transversales, et on indique au crayon la position qu'ils doivent occuper. On marque les points où doivent se placer les béquillons, dans la ligne axillaire antérieure et postérieure, les montants médians postérieurs et les tuteurs.

Fig. 267. — Cuirasse de Lannelongue.

Fig. 2(58. — Corset -cuirasse de Mathieu, percé, à remporte-pièce, de trous.

On retire le corset, on fait les corrections nécessaires, on coud ensemble les deux moitiés du corset, on établit les coulisses qui doivent recevoir les montants.

On introduit en dernier lieu les montants métalliques dans les coulisses du corset, on lixe sur l'étoffe les arcs métalliques, on met en place les béquillons soigneusement rembourrés.

En avant, le corset est fermé par une courroie fixée par une pièce d'acier.

APPAREILS ORTHOPEDIQUES

Des baleines placées à la partie antérieure, donnent de la rigidité au corset et protègent les seins.

Des courroies, destinées à abaisser les épaules et à les renverser en arrière, sont fixées et disposées suivant les indications de la iig. 260.

Fig. 269. — Corset avec minerve de Cazin et Lannelongue.

Fig. 270.

Minerve en cuir moulé de Lannelongue.

Dans le cas de lordose lombaire, on peut fixer sur le corset des courroies qui prennent point d'appui sur le bassin et viennent s'appliquer sur le ventre, produisant la correction de la déviation rachidienne.

Pour corriger la forte inclinaison du tronc, on se sert d'une bande élastique qui s'attache d'un côté sur la partie antérieure du béquillon, descend obliquement derrière" le dos, pour venir se fixer à un bouton de la branche antéîieure pelvienne du côté opposé.

La bande élastique peut être placée et disposée en spirale à l'intérieur du corset. Elle se fixe, dans ce cas, à la partie

Fig. 271. — Minerve en cuir moulé de Lannelongue.

Fig. 272. Corset de St-Germain pour la contention des luxations congénitales de la hanche.

antérieure de l'un des béquillons et s'attache, après avoir décrit une spirale, à un bouton placé sur la branche descendmte antérieure de la pièce pelvienne du même côté.

Des pelotes, des plaques métalliques de pression ou de détorsion, peuvent être ajoutées, suivant les indications.

Divers modèles appuis-tête ont été recommandés pour les scolioses cervicales ou dorsales supérieures.

APPAREILS ORTHOPEDIQUES

Pour les applications quotidiennes du corset, le patient est placé en légère suspension verticale, les cojrroies et les cordons sant défaits, on glisse les béquillons sous les bras, on met en place la partie pelvienne en pressant de haut en bas et en avant sur les crêtes iliaques, afin d'obtenir un emboîtement rigoureux. On lace ensuite en avant, en com-

Fig. 273. — Cursel eu cuir moulé pour la contention des luxations congénitales de la hanche.

Mg.27i.

Ceinture de Hofïa.

mençant, du milieu en bas avec un lacet, du milieu en haut avec un cordon de caoutchouc.

L'emploi d'un cordon élastique facilite l'expansion du thorax pendant l'inspiration.

On lace enfin les pièces d'étoffes trochantériennes, et on fixe les courroies en leur donnant le degré de tension nécessaire.

Le corset en étoffe, léger, peu apparent, n'est efficace que s'il est construit et appliqué suivant les règles que nous venons d'indiquer. Toutes les pitiés doivent avoir une forme très exacte et s'adapter rigoureusement à la surface du tronc préalablement redressé.

Corset en cuir moulé

Cette variété de corset est surtout utilisée pour le traitement du mal de Polt et des scolioses.

Le principe de cet appareil est d'immobiliser le tronc dans une position d'extension aussi parfaite que possible.

Le moule plâtré étant confectionné suivant la technique indiquée page 255, on modèle le cuir (voir page 21), on le rectifie et on l'essaie. On adapte les pièces métalliques com posées généralement d'une ceinture qui embrasse la circonférence du bassin d'une épine iliaque antérieure à l'autre, en suivant les crêtes iliaques et en passant sur le sacrum. Des montants latéraux, solidement fixés, de chaque côté, à la ceinture métallique, vers le milieu de la crête iliaque, com posés de deux lamrs d'acier qui glissent l'une sur l'autre dans le sens de la longueur, de façon à pouvoir les allonger ou les raccourcir, s'élèvent sur la ligne axillaire et supportent deux béquillons. Une forte traverse en tôle d'acier réunit les deux branches métalliques à la hauteur de la pointe des omoplates.

Toutes les pièces métalliques sont d'abord forgées, essayées et rectifiées, puis enfin trempées. Le corset, en dernier lieu, est garni.

Les fig. 267 à 271 représentent quelques types de corsets en cuir inouU.

Les fig.272 à 276 représentent quelques modèles de corsets ou de ceintures, utiles pour la contention des luxations congénitales delà hanche.

Voir aussi les* fig. 292 à 294, pages 235 et 236, représentant des corsets avec application de forces élastiques.

Page 1