II. — Moulages
Les moulages peuvent être exécutés avec diverses matières et par différents procédés. Le plâtre: blanc de Paris, tin, gras, non éventé (voir page 33), d'un prix peu élevé, facile à manier, se solidifiant rapidement et donnant des moules d'une assez grande résistance, est communément employé.
Le plâtre doit être mélangé graduellement, en le semant, dans de Veau tiède.
Il est nécessaire de connaître le plâtre que l'on emploie. Certains plâtres doivent être gâchés très durs, c'est-à-dire qu'il faut mettre dans l'eau une grande quantité de plâtre, d'autres, au contraire, doivent être gâchés très clairs.
Les plâtres gâchés trop durs, chauffent trop en se solidifiant, irritent et brûlent même la peau. Ils ont une prise trop rapide, se rétractent d'abord, compriment les parties et occasionnent des angoisses et de la gêne respiratoire, s'ils sont appliqués sur le thorax et l'abdomen ; ils se dilatent ensuite et procurent des moules inexacts, cassants.
La bouillie claire se solidifie trop lentement.
En général, il faut se servir de plâtre gâché ni trop dur ni trop clair.
Si l'on désire obtenir un plâtre à prise rapide, il faut mélanger, à de l'eau très chaude et contenant un peu de sel, une quantité assez notable de plâtre.
On dénomme négatif le moule creux, l'empreinte qui sert à faire le positif, c'est-à-dire la représentation exacte des parties obtenues au moyen du plâtre coulé dans le moule creux.
Moulages en plâtre. — Le négatif en plâtre s'exécute de plusieurs façons :
1° Au moyen de plaire gâché ; 2° Au moyen de bandes plâtrées ; 3° Au moyen de larges pièces de tarlatane plâtrées.
1° Moulage au moyen de plâtre gâché. — Le sujet est placé dans une position commode qui lui permet de demeurer immobile et bien calé, pendant un certain temps, sans fatigue, en général, dans la position horizontale ; pour le tronc, dans la position verticale.
L'attitude choisie ne doit produire aucune déformation des parties que l'on doit mouler.
On savonne et on rase la peau. Avec un tampon, on l'enduit très légèrement d'huile, de vaseline et, pour les moulages délicats, d'huile de paraffine.
Plus simplement, on enduit d'abord la surface à mouler d'une petite quantité de plâtre gâché, un fil est ensuite placé à l'endroit convenable, maintenu par le plâtre, sans toucher la peau.
Pour le moulage de la face, les sourcils, les cheveux, la barbe sont protégés par du papier brouillard bien huilé, par de la vaseline ou du suif.
On doit prendre, autant que possible, le moule en une seule pièce ou coquille, ce qui peut se faire si, suivant l'expression des mouleurs, la région est « de dépouille », c'est-àdire si elle est constituée de telle façon que le moule, après solidification, puisse s'enlever facilement, sans fracture. Souvent, dans les régions circulaires, notamment au niveau des membres, du pied et de la main, le moule doit être exécuté en plusieurs coquilles. En général, deux coquilles suffisent.
Les régions constituées par des parties molles réductibles, l'oreille par exemple, celles qui peuvent s'incliner ou se mouvoir facilement en divers sens et qui, au premier abord, ne paraissent pas être « de dépouille», peuvent souvent être moulées en une seule coquille.
Si le moule doit être exécuté en deux coquilles, on fait passer sur les parties les plus saillantes un fil fin, mais
très solide, maintenu en divers points par de petits morceaux de papier gommé, ou mieux, par un peu de bouillie plâtrée, qui est destiné à séparer, en temps voulu, le moule en deux.
Pour le -moulage des membres qui se fait le sujet étant couché dans la position horizontale, on forme, au moyen d'une feuille de carton, une sorte de boîte ou de lit sur lequel repose le membre par sa face postérieure. La feuille de carton dépasse légèrement la limite du plan de cette face, elle est fendue au niveau de ses coins et ses bords sont rabattus en haut et en dedans ; elle est échancrée à la racine du membre.
La face supérieure du carton est soigneusement huilée et reçoit, au début du moulage, une coulée de bouillie plâtrée sur laquelle repose la face postérieure du membre.
Le plâtre, non éventé, est gâché suivant les règles que nous avons indiquées.
-On remue la bouillie pendant quelques instants, avec un petit morceau de bois. On ne l'applique sur les parties que lorsqu'elle commence à « couder », c'est-à-dire à prendre, et qu'elle a l'aspect de lait caillé.
Avec un tampon bien imbibé, ou plus simplement et mieux avec la main, on recouvre soigneusement toute la région à mouler d'une première et légère couche de bouillie plâtrée. Avec la main, on applique ensuite une deuxième couche de bouillie plâtrée plus serrée, répartie très exacte ment sur toute la surface, afin d'avoir partout la même épaisseur.
Il est quelquefois bon d'interposer entre les couches de plâtre une pièce de tarlatane qui consolide le moule et empêche ses diverses parties de se disjoindre. Si le moule est fait en deux coquilles, on place deux morceaux de tarlatane, un morceau en avant, l'autre en arrière.
Si le moule est fait en une seule coquille, on attend que le plâtre soit complètement sec et ou dégage, lentement et avec précaution, le membre de sa gangue plâtrée.
S'il est constitué par deux coquilles, dès que le plâtre
commence à chauffer, on prend chaque extrémité du fil et l'on tire les deux bouts, vite, sans brusquerie, en les tenant perpendiculaires au moule, de façon à obtenir une section nette et sans fracture du plâtre. Une fois le fil enlevé, on attend, avant de séparer les deux coquilles et de libérer les parties que l'on doit mouler, que le plâtre soit complètement solidifié.
Un bon plâtre, correctement gâché, doit se solidifier en 12 minutes.
Pour le moulage du tronc, on place le ?ujet dans l'appareil et la position représentés dans la fig. 319.
Un fil fin, mais résistant, destiné à diviser le moule en deux parties, avant la solidification, est placé autour du cou du malade et fixé sur les parties latérales du thorax et du bassin.
Le sujet debout, en très légère suspension dana l'appareil de Sayre, ou dans une mentonnière improvisée (page 147), lorsque le moulage doit être pris en position corrigée, ou simplement soutenu, est placé dans l'échancrure d'une planche, divisée en deux parties, qui repose sur des tréteaux ou sur une table à crémaillère.
On peut encore asseoir le sujet sur un siège qui immobilise soigneusement le bassin.
Afin d'éviter toute fatigue, les bras reposent sur des branches articulées et à coulisse. Des barres verticales, en bois ou en acier, fixées à la table, de chaque côté, permettent de placer le tronc en détorsion plus ou moins prononcée.
On doit toujours chercher l'attitude de redressement In plus parfaite. Dans les scolioses, les inflexions latérales et les torsions sont corrigées, au moyen de tractions, avec des lacs rigides ou élastiques qui agissent dans diverses directions.
Les parties génitales sont protégées au moyen d'une mince feuille de gutta-percha. La peau est légèrement huilée.
La bouillie de plâtre est rapidement appliquée sur le tronc de bas en haut, suivant les règles ordinaires.. Après section par le fil du moule en deux parties, on enlève les deux coquilles, lorsque le plâtre est bien durci.
Fig. 319. — Appareil pour le moulage du tronc
Le même dispositif peut servir pour le moulage du bassin et de la racine des membres inférieurs.
On peut aussi se servir d'un sac en toile appliqué suivant les indications de la figure 320 (Heydenreich).
Ce procédé ne doit être appliqué qu'avec prudence. Si l'on emploie en effet du plâtre gâché dur, à prise rapide, il faut l'enlever rapidement avant qu'il n'ait eu le temps de durcir et d'exercer une compression fâcheuse sur le thorax et l'abdomen.
Le moulage du tronc, du thorax, du sternum, le moulage du tronc, du cou et de la base du crâne (minerve), peuvent être exécutés dans la position horizontale, en deux coquilles. L'attitude verticale qui permet d'obtenir l'extension avec attitude de redressement, au moyen de tractions sur la tête avec une mentonnière improvisée (page 147), doit être préférée.
Les moyens d'obtenir l'extension et le redressement des parties sont les mêmes que ceux recommandés pour l'application des appareils plâtrés.
(Voir appareils plâtrés pour mal de Pott, pour scoliose, pour redressement des membres inférieurs, etc.)
Le moulage des divers segments des membres inférieurs ou supérieurs, s'exécute suivant les règles générales indiquées plus haut, page 253.
Exposons la technique d'un moulage du pied et de la jambe. Le sujet peut être étendu horizontalement. Dans le cas particulier, il est préférable de l'asseoir, car, dans cette attitude, le mollet conserve mieux sa forme.
Il est inutile d'enduire la surface du membre avec de l'huile.
Le pied repose naturellement, sans pression exagérée, sur
Fig. 320. — Procédé de moulage du tronc avec un sac en toile.
du plâtre gâché répandu sur une certaine épaisseur de plâtre sec.
Le plâtre, gâché suivant les règles, est appliqué, lorsqu'il est encore liquide, en petite quantité, à la surface de la région à mouler. Un fil est placé de chaque côté sur les parties latérales du pied et de la jambe, maintenu par un peu de bouillie de plâtre.
Dès que le plâtre commence à prendre, on l'applique, en assez grande quantité, de bas en haut, en formant une couche d'au moins.3 à 4 centimètres.
Lorsque le plâtre est légèrement solidifié, on le divise, avec le fil, en deux coquilles.
Au bout de quelques instants, on écarte avec un ciseau les deux coquilles et on libère le membre.
Lorsque le négatif est sec, on procède à la confection du moule positif.
Le moulage de la face s'exécute suivant les règles ordinaires, les narines et la bouche soigneusement protégées.
Le moulage du pied destiné à fournir des positifs qui servent à la confection des appareils correctifs de certaines difformités, des semelles métalliques, ou en d'autres substances, pour la correction du pied plat (pages 244 et 245), doit être exécuté avec une technique spéciale.
Le moulage doit reproduire la forme du pied redressé, pendant que, la voûte plantaire rétablie, le pied est soumis à l'action du poids du corps.
Dans ce but, on fait appuyer la plante du pied, non sur un plan horizontal, mais sur une planche inclinée de dedans en dehors. Un tampon de ouate du volume d'un œuf est placé au niveau de l'os naviculaire. Le moule ainsi obtenu reproduit la forme du pied chargé, en supination et avec une voussure qui se rapproche de la normale (F. Lange).
2° Moulage au moyen de bandes plâtrées. — Le moulage au moyen de bandes plâtrées s'exécute en une ou plusieurs coquilles, le plus souvent en une seule pièce.
Moulage des membres. — Le membre est recouvert d'un tricot très collant, d'un bas pour les membres inférieurs.
On peut mettre deux bas superposés, le premier bac, appliqué sur la peau, est de couleur noire, le second, de couleur blanche (A. J. Sleele). Au moment de la section, le bas de couleur noire est facilement reconnu et la blessure de la peau peut être évitée.
Sous le Uicot, ou sous le bas, à la face antérieure du membre, afin de protéger la peau au moment de la section, on introduit une lame métallique, large de 2 à 3 centimètres, d'une longueur en rapport avec la partie qui doit être moulée, dépassant légèrement, en haut et en bas, les limites de l'appareil.
Nous préférons les lames métalliques aux cordelettes sur lesquelles on coupe l'appareil plâtré, recommandées par quelques orthopédistes.
Nous nous servons dans notre pratique de lames en zinc et aluminium assez étroites, de 1 centimètre environ, peu épaisses, flexibles, malléables et qui se moulent exactement sur les parties. Après dessiccation du plâtre, une des extrémités de la lame qui dépasse l'appareil est saisie et tirée, la section se fait sur elle franchement, nettement et rapidement, avec une très grande facilité (voir fig. 26, page 43).
Nous déconseillons l'application directe des bandes plâtrées sur la peau qui a de nombreux inconvénients.
Les bandes plâtrées assez larges, sont ensuite soigneusement enroulées, en évitant les plis et toute constriction. Trois à quatre couches de bandes suffisent.
Une très légère couche de bouillie plâtrée est appliquée à la surface.
Dès que le durcissement du plâtre commence, on coupe franchement, avec une serpette bien tranchante, au niveau du point où la lame métallique a été placée et jusqu'à cette lame.
On enlève l'appareil en ayant soin de lui conserver sa forme, on l'entoure de bandes de mousseline et on le laisse sécher en le suspendant et en le mettant dans une position
telle que le poids du moule ne produira aucune déformation.
Pour le moulage du bassin et de la racine des deux membres inférieurs, on sectionne à la partie externe et interne, de façon à obtenir deux coquilles.
Pour le moulage d'une cuisse et du bassin, on sectionne d'un côté, à la partie externe du bassin, de l'autre côté, à la partie interne de la cui-se, à la partie externe de la cuisse et du bassin. On peut se contenter, dans quelques cas, d'une section à la partie interne de la cuisse, et à la partie antéroexterne, au niveau du bassin, du côlé opposé. Le moule, dans ce dernier cas, est formé d'une seule pièce.
Moulage du tronc. — Le sujet est disposé comme s'il s'agissait de lui appliquer un corset inamovible, le corps recouvert d'un maillot collant, une plaque de zinc et aluminium pincée sous le tricot, à la partie antérieure et médiane de l'abdomen et du thorax (voir page 44, fig. 27).
Les bandes plâtrées qui ont trompé, pendant trois à quatre minutes, dans de l'eau tiède à laquelle on ajoute quelquefois un peu d'alun, sont enroulées, sans les serrer, en les lissant avec la main, en haut, jusqu'au niveau de la 7e cervicale, en bas, autour du bassin, au-dessus des grands trochanters, à quelques centimètres au-dessus des épines iliaques antérieures et supérieures. On a soin de bien modeler le corset sur les saillies osseuses, principalement au niveau des crêtes iliaques.
Les épaules, la racine du cou, la partie supérieure du torse sont recouvertes par des bandes plâtrées, lorsque ces régions doivent être reproduites par le moulage. Dans ce cas, deux lames en zinc sont préalablement placées sur chaque épaule et permettent de faire des sections de l'appareil plâtré à ce niveau.
On peut encore sectionner d'abord l'appareil latéralement sur une lame d'aluminium placée sur la partie latérale du tronc jusqu'au creux de l'aisselle, puis sur une deuxième lame placée sur l'épaule et débordant le sommet de l'acromion.
Le moule plâtré, sectionné au niveau de la partie antérieure et médiane et, dans quelque cas, au niveau des épaules, est retiré. Ses bords sont rapprochés, maintenus par quelques tours de bande de tarlatane amidonnée.
Le moule est suspendu dans la position verticale; lorsqu'il est placé sur le côté, le poids de l'appareil peut produire un affaissement et une déformation.
Le moulage avec des bandes plâtrées du cou, des épaules, de la partie supérieure du torse, doit être fait en deux coquilles. Le moule sectionné de chaque côté, composé de deux valves, s'enlève très facilement, sans aucune déformation.
On peut combiner l'enveloppement avec des bandes plâtrées et le moulage avec la bouillie plâtrée (Karewski).
On entoure d'abord le tronc avec des bandes plâtrées, puis on verse dans le corset ainsi constitué de la bouillie plâtrée qui remplit tous les vides. Quand la bouillie plâtrée est en plein durcissement, on sectionne le corset en avant sur la ligne médiane, on l'enlève et on le laisse sécher.
Les moyens d'obtenir l'extension, le redressement, une position correcte du sujet, sont les mêmes que ceux adoptés pour la confection du moulage avec la bouillie plâtrée ou des appareils plâtrés.
3° Moulage au moyen de larges pièces de tarlatane plâtrées. — Le sujet est préparé comme précédemment, des lames métalliques sont placées dans les endroits convenables. De larges pièces de tarlatane, en plusieurs doubles, sont taillées suivant les dimensions de la partie à mouler, imprégnées de plâtre, puis trempées dans l'eau pendant quelques minutes, ou simplement trempées dans une bouillie de plâtre. Elles sont appliquées exactement sur les parties, en évitant les plis et maintenues par quelques tours de bande jusqu'à solidification.
Le démoulage se fait suivant la technique habituelle.
Dans notre pratique, nous employons simplement plusieurs épaisseurs de toile d'emballage que l'on trempe dans de la bouillie plâtrée et que l'on applique de la même
façon que la tarlatane. On obtient ainsi, rapidement, à peu de frais, un moule très résistant.
Nous avons signalé, page 89, l'utilité de la toile d'emballage pour la confection de certains appareils, notamment des lits plâtrés.
Seul, le moulage avecla bouillie plâtrée donne des empreintes qui reproduisent très exactement la configuration des surfaces. . Le procédé de moulage avec des bandes ou des pièces de tarlatane plâtrées qui s'appliquent inexactement sur les saillies et les dépressions, qui compriment et déforment les régions, est très défectueux. Il ne donne que des résultats très imparfaits et ne doit être conseillé qu'en raison de la facilité et de la rapidité d'exécution, lorsqu'une précision absolue n'est pas nécessaire.
De la confection du positif ou contre-moule. — La façon de procéder pour exécuter lepositifest la même, que le négatif ait été obtenu au moyen de plâtre gâché, de bandes plâtrées ou de pièces de tarlatane.
La surface interne du négatif bien sec, est très soigneusement badigeonnée avec un pinceau enduit de savon noir (une partie de savon noir pour six parties d'eau), pendant au moins quatre heures. La surface interne du moule doit être lisse, comme émaillée. Les bords de la ligne de section sont rapprochés et réunis par du plâtre gâché assez épais. Toutes les ouvertures par lesquelles pourrait s'échapper le plâtre sont fermées avec de la bouillie plâtrée.
Le moule du torse est mis sur une planche. Au niveau du bord inférieur qui repose sur la planche est placé une épaisse couche de plâtre gâché. La ligne de section, les ouvertures des épaules, sont obturées de la même façon. L'obturation peut se faire avec des bandes de mousseline ou de l'étoupe. Les coquilles sont maintenues rapprochées, à l'aide de bandes ou de ficelles.
Après cette préparation, on coule lentement dans le moule la bouille plâtrée, encore liquide.
Afin d'obtenir des moules légers et de dépenser moins de plâtre, on peut mélanger à la bouillie plâtrée, de l'étoupe ou de la charpie. On peut encore placer, à la partie centrale du moule, une pièce de bois légère ou même creuse, un fort bâton qui servira de manche.
Pour nos moulages du tronc ou du thorax, nous mettons, au centre du moule, un cylindre en bois creux, muni d'un manche.
La coulée de bouillie plâtrée emprisonne cette masse de bois.
Od peut obtenir un moule positif creux en coulant trois ou quatre couches de plâtre sur les parois du positif, en ayant soin, à chaque coulée, de recouvrir toutes les surfaces par des mouvements combinés.
On aura de même un positif creux si l'on a soin de retirer, avant la solidification du plâtre, le cylindre en bois que l'on place quelquefois au centre du moule.
Il est souvent nécessaire de faire quelques petites ouvertures en quelques points du moule, afin de permettre à l'air comprimé par le plâtre de s'échapper et d'éviter ainsi les soufflures. Pour le moulage du pied, on fait une légère ouverture à l'extrémité de chaque doigt.
Pour démouler et découvrir le positif, on attend que le plâtre ne chauffe plus et soit bien sec. Avec un ciseau de plâtrier, à trancher, ou un couteau solide, on trace dans l'épaisseur du négatif des sillons, jusqu'à la ligne de séparation du négatif et du positif, indiquée par une couche colorée par le savon noir.
On fait sauter, avec la gouge et le maillet, les îlots formés, après les avoir ébranlés au moyen d'un mouvement de levier de bas en haut.
Pour certains moulages, pour le tronc par exemple, M. Audouin (1), très habile mouleur, exécute le positif à la main. Voici la technique que nous lui avons vu appliquer :
(i)Nous remercions M. Audouin des renseignements si précieux qu'il a bien A'oulu nous donner pour la technique des moulages.
La face interne du négatif ayant été bien enduite de savon noir, on applique sur toute sa surface, régulièrement, avec la main, une certaine quantité de plâtre gâché, au moment où le plâtre va prendre. On obtient ainsi un positif creux au centre, sans soufflure et qui a surtout l'avantage d'être très solide. La main a en effet chauffé le plâtre, qui, deshydraté, s'applique facilement en une seule couche régulière.
Le moule étant bien dégagé, on fait disparaître les inégalités en grattant avec un couteau.
On rectifie soigneusement en tenant compte des indications particulières, ajoutant de la bouillie plâtrée dans les points qu'il faut protéger et maintenir en saillies, creusant au contraire les régions qui doivent subir des pressions correctives.
Dans le moulage du tronc, afin d'éviter la compression de l'épigastre, du thorax et des seins, on ajoute sur le positif une petite quantité de bouillie plâtrée au niveau de ces régions. On ajoute aussi du plâtre au niveau des parties anormalement concaves. On creuse, au contraire, dans les points qui ne doivent pas être comprimés.
Sur les moules de scolioses prononcées, on enlève une petite quantité de plâtre au niveau de la gibbosité postérieure et de la saillie déterminée par la convexité lombaire, et aussi au niveau de la gibbosité antérieure. On ajoute du plâtre au niveau des parties excavées, au niveau des seins et de l'abdomen.
11 ne faut faire aucune rectification au niveau du bassin et des hanches. Ces régions étant osseuses, doivent être reproduites très exactement, car elles servent de point d'appui essentiel aux appareils.
Pour rectifier le moule, dans le cas de mal de Pott, on enlève de chaque côté de la bosse une petite quantité de plâtre, afin que la pression de l'appareil puisse se faire au niveau des apophyses transverses. On ajoute un peu de plâtre au sommet de la bosse, afin d'éviter, plus tard, le frottement de l'appareil rigide à ce niveau.
Dans certains cas de scolioses très prononcées avec forte
inclinaison latérale, le moulage plâtré peut être rectilié de la façon suivante (Rainai frères) :
Le moulage est coupé par une section transversale qui passe à peu près par le milieu de la région lombaire, au niveau du sommet de la courbure de compensation, puis on fait glisser la partie supérieure de la section sur l'inférieure, de la droite vers la gauche, jusqu'à ce que l'axe vertical de ces deux segments se corresponde et que la ligne verticale interscapulaire tombe sur la ligne verticale médiane du sacrum ; on corrige également ce qui reste de torsion du moule primitif, en imprimant à la partie supérieure de ce moule une torsion calculée de droite à gauche ; on soude avec du plâtre les deux moitiés du moule ainsi redressé, on aplanit ce qui reste de la gibbosité, on comble les méplats asymétriques avec du plâtre et on obtient ainsi un excellent moule, bien rectifié.
Dans tous les cas, le moulage ne doit être utilisé pour la confection des appareils en cuir ou en toute autre substance que lorsqu'il est bien desséché. On le place dans un endroit sec, ou dans un four, ou dans une étuve, et on attend qu'il ait perdu son humidité et une grande partie de son poids.
Les moulages en plâtre sont d'un usage courant, car ils répondent à toutes les exigences. Ils donnent une image fidèle des parties ; ils sont solides ; ils peuvent être facilement modifiés.
Exceptionnellement, on peut utiliser des modèles en carton et, pour la confection d'appareils prothétiques, des modèles en bois de tilleul.
Moulages en diverses substances
La colle de zinc, la gélatine, la paraffine, la cire, la gutta-percha, seront surtout utilisées pour prendre des empreintes et pour mouler le pied, la main ou des parties de membre.
La colle de zinc donne des moules légers et très fins.
On doit l'employer suivant la formule de Krukenberg :
Gélatine 2 5o gr.
Oxyde de zinc * 175 —
Glycérine /100 —
Eau distillée 3oo —
On obtient ainsi une matière de consistance élastique que l'on peut utiliser au bout d'un certain temps, en ajoutant simplement un peu d'eau et de glycérine.
Au moment de s'en servir, on chauffe au bain-marie, jusqu'à liquéfaction, sans atteindre une température trop élevée. Puis on verse dans un excipient quelconque autour de la partie que l'on désire reproduire.
La prise ne se fait que très lentement, au bout de 45 minutes. Le refroidissement peut être hâté, en maintenant la pâte très froide, de préférence avec de la glace.
Le moulage avec la colle de zinc est surtout indiqué pour la main et le pied.
Pour le moulage de la main : placée dans la position désirée, une ficelle suit le contour des doigts et sert, après le durcissement, à former deux coquilles.
On peut aussi obtenir un moule en une seule pièce. Dans ce cas, la main est posée horizontalement au-dessus du fond d'une boite en fer blanc, on la recouvre avec de la colle de zinc refroidie, mais encore liquide. On hâte la solidification en refroidissant la colle avec de la glace. Au bout d'une heure environ, lorsque la surface de la pâte résiste à la pression, on retire lentement la main, comme d'un gant.
Pour le moulage du pied, on procède de la même façon.
La gélatine, la paraffine et la cire se liquifient à une faible température et s'emploient de la même façon que la colle de zinc.
La gutta-percha sous forme de plaques, est plongée dans l'eau très chaude et ramollie, puis exactement maintenue appliquée sur les parties.
On obtient des positifs, par le procédé ordinaire, en versant de la bouillie plâtrée dans la coquille.