III. — Empreintes
Les empreintes en surfaces, principalement les empreintes du pied, peuvent être obtenues par plusieurs méthodes.
On fait poser la plante des pieds nus sur une étoffe saupoudrée de noir de fumée. On recommande ensuite au sujet d'appliquer, avec une certaine force, les faces plantaires noircies sur une feuille de papier à filtre blanc. On fixe l'empreinte avec du vernis que l'on pulvérise avec un appareil deRichardson.
Nous préférons le procédé qui consiste à noircir d'avance du papier avec du noir de fumée et à faire marcher ou reposer le sujet sur ce papier. On obtient ainsi des impressions d'empreintes très nettes et très exactes.
On noircit le papier avec la fumée d'un rat de cave ou d'une lampe à pétrole. On peut aussi fixer une feuille de papier autour d'un cylindre de métal mû par un régulateur de Foucault. Pendant que le cylindre est en marche, on promène au-dessous, alternativement de gauche à droite, un rat de cave allumé.
Pour préparer de longues bandes (chemins) qui permettent d'obtenir plusieurs empreintes pendant la marche du sujet, nous nous servons d'un appareil composé d'un cylindre avec régulateur de Foucault et d'un rouleau léger sur lequel le papier vient se réfléchir ; la feuille reçoit le degré de tension voulu, au moyen d'un tendeur spécial.
Le sujet doit marcher ou reposer franchement la plante du pied sur le papier noirci, en appuyant assez fortement. Il détache la face plantaire avec précaution.
Lorsque la feuille est impressionnée, on la trempe dans un vernis obtenu en faisant dissoudre, à saturation, de la gomme-laque incolore dans de l'alcool à 36° ; on additionne d'une très petite quantité de térébenthine de Venise,
qui donne de la souplesse au vernis, et l'on filtre au papier.
Après avoir fait tremper la feuille pendant 5 à 10 minutes, on la laisse égoutter, on la fait sécher ; elle est désormais fixée.
L'empreinte obtenue présente une série de lignes et d'encoches ; elle diffère suivant qu'il s'agit d'une empreinte de statique ou d'une empreinte de marche.
L'empreinte de statique indique comment le poids total se répartit sur la surface plantaire, quel est le degré d'affaissement ou de voussure de la voûte plantaire; il peut même indiquer la prédominance de tel ou tel des groupes musculaires du pied.
D'une façon générale, on reconnaît qu'avec l'empreinte statique, le pied creux donne deux appuis séparés, un métatarsien, un talonnier ; le pied plat donne une empreinte correspondant à presque toute la face plantaire ; le pied normal à une empreinte métatarsienne, une empreinte talonnière, réunies par une bande externe légère.
L'empreinte de marche diffère légèrement de l'empreinte statique par ses points d'appui ; elle nous montre surtout les différences existant entre le pas normal et le pas pathologique.
La méthode de Gilles de la Tourelle qui consiste à enduire les faces plantaires de sesquioxyde de fer et à faire marcher sur une feuille de papier bulle longue de 7 à 8 mètres, et large de 50 cm., avec un axe médian qui divise la feuille en deux, permet d'obtenir des chemins avec nombreuses empreintes pendant les différents temps de la marche des sujets. Elle présente quelques inconvénients. Le sesquioxyde de fer se répartit très inégalement sur la surface plantaire du pied, les empreintes, surtout les dernières, sont floues, peu nettes ; il s'enlève difficilement par le lavage.
Rappelons que les contours du pied sont obtenus avec un crayon qui trace les limites du pied reposant sur une surface plane.
La mesure du pied est faite avec le podomètre des cor-
donniers et comprend la mesure de la longueur totale du pied du talon à l'extrémité du gros orteil, et la mesure de la largeur du pied prise transversalement, au niveau de l'extrémité postérieure du cinquième métatarsien. L'indice plantaire est calculé suivant la formule employée
. . . largeur X 100
en craniologie : La longueur est la longueur
longueur
totale du pied fournie par le podomètre, la largeur est la largeur de l'empreinte plantaire prise au niveau de l'extrémité postérieure du cinquième métatarsien.
Cet indice plantaire donne d'une façon précise la largeur proportionnelle de l'empreinte plantaire, c'est-à-dire de la portion de la plante qui porte sur le sol dans la région où cette largeur est en général la moins grande.