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I. — Méthodes de traitement orthopédique ou non sanglant

Chez les jeunes enfants, le traitement orthopédique, non sanglant, employé seul, permet souvent de remplir toutes Jes indications : distendre et allonger les muscles rétractés du cou du côté du torticolis ; corriger la scoliose et le déplacement delà tête ; maintenir le redressement de la tête, du cou et du rachis.

a). Massage. — La technique du massage du cou dans les torticolis varie suivant les cas.

On procède, en général, de la façon suivante : Le sujet, la poitrine découverte, les épaules tombantes, un poids dans la main du côté du torticolis, la tête en extension, légèrement renversée en arrière, est placé debout devant l'opérateur. Il doit garder l'immobilité et respirer largement.

La main du chirurgien est, du côté opposé au torticolis, placée en pronation à la partie supérieure du cou ; elle sert de point d'appui et reste immobile pendant toute la durée de l'opération.

Du côté du torticolis, la main de l'opérateur d'abord placée en supination, le bord cubital correspondant à la partie supérieure du cou, glisse, exécutant un quart de tour sur son axe, pour se mettre en contact par toute sa face palmaire avec le cou et exécute des frictions de haut en bas, au niveau des muscles principalement atteints. Arrivé à la clavicule, la main cesse le mouvement de descente pour reprendre le massage à la partie supérieure du cou.

Nous recommandons, de préférence, ia position du chirurgien, placé debout, derrière le malade, la main du côté du torticolis, appuyée sur la partie latérale du cou, les pouces formant point d'appui sur la partie postérieure, qui rend plus facile le massage du trapèze et du raclais cervical.

Le massage pratiqué dans la suspension verticale, dans la position indiquée dans la fig. 480 donne d'excellents résultats.

b). Manipulations. — Mouvements actifs de redressement. — Les manipulations passives, les mouvements actifs de redressement, ont non seulement pour but d'allonger et de distendre les parties rétractées ou contracturées, mais encore de fortifier les muscles relâchés et affaiblis, et de redresser la déviation du rachis cervical.

1° Manipulations passives. — Nous avons décrit ces manipulations page 487.

2° Mouvements actifs de redressement. — Ces mouvements sont exécutés dans tous les sens, méthodiquement, au commandement, contre la résistance du chirurgien ou par le chirurgien contre la résistance du sujet, en insistant surtout sur les mouvements d'inclinaison latérale de la tête (du côté opposé au torticolis) et de rotation (du côté du torticolis).

Pour les mouvements d'inclinaison, on engage le sujet à incliner sa tête vers l'épaule du côté sain et à la toucher avec son oreille.

Pour les mouvements de rotation, le sujet doit tourner la face et regarder du côté du torticolis, tout en faisant un effort d'extension portant sur les muscles rétractés du côté du torticolis. On maintient très exactement le tronc, afin d'éviter le déplacement du corps autour de son axe vertical. L'épaule et le tronc sont fixés par les moyens indiqués plus haut (page 487).

Nous conseillons souvent l'exercice suivant : Le sujet, placé de côté, appuie la partie latérale du bassin et du thorax, du côté du torticolis, contre un plan résistant: une table, une barre de gymnastique.

Le chirurgien, en arrière du patient, met sa main à plat sur la partie latérale du cou du côté de la convexité cervicale opposé aux parties rétractées. Il engage alors le sujet à faire des mouvements de flexion latérale de la tête, pendant qu'il oppose avec la main une résistance à ce mouvement.

On recommande encore au sujet de se regarder dans un miroir et d'apprendre les mouvements qu'il doit faire pour corriger sa difformité.

Pendant tous ces exercices, le sujet doit tenir un poids avec la main du côté correspondant au torticolis.

c). Moyens mécaniques de redressement.

1° Iemporaires. — Le redressement

passif peut être obtenu en plaçant le

sujet en suspension verticale au moyen

de l'appareil de Sayre. On adopte la

position représentée dans la fig. 480, Fis- 48°- — Redressement ,, , T du torticolis par la sus-

Q après LOrenz. pension verticale.

L'étrier de l'appareil est déplacé du côté de la concavité de la courbure cervicale (côté du torticolis). La main du côté sain saisit la poignée, pendant que l'autre main tient un poids destinée abaisser l'épaule. Par ce dispositif, on obtient la correction temporaire de la difformité, une forte extension des muscles contractures.

On peut encore coucher le sujet, pendant plusieurs heures, sur un lit à extension oblique (fig. 144, page 136). L'étrier et la mentonnière de Glisson sont disposés de telle sorte que la tête est très fortement inclinée du côté sain et que la rotation vicieuse est corrigée.

2° Permanents. — On peut quelquefois se servir des appareils de traction élastique, recommandés pour maintenir le redressement obtenu après une opération sanglante. Les appareils orthopédiques compliqués, les divers modèles de minerves articulées, les appareils pour extension et redressement de la tète (appareil de Hessing), les colliers en cuir moulé (fig. 270), souvent utilisés autrefois, sont presque complètement abandonnés.

Après la section tendineuse, les appareils très simples, tels que les cravates en plâtre, en carton ou en cuir, prenant point d'appui sur la ceinture scapulaire et soulevant le menton seulement du côté malade, les colliers en caoutchouc, n'ont qu'une action très peu efficace et de rares indications.

D'après A. Lorenz, le procédé de redressement forcé, non sanglant (voir page 463), permet la correction parfaite de la difformité, sans aplatissement au niveau de la racine du cou, sans cicatrice.

Il peut être exceptionnellement employé chez les très jeunes sujets.

Il échoue souvent, particulièrement chez les adolescents, et donne de moins bons résultats que la section ou la résection tendineuse ou musculaire.

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