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CORRIGER LES DÉFORMATIONS THORACIQUES

Un très grand nombre d'appareils appliqués dans la position horizontale, oblique, ou verticale, ont été recommandés.

Signalons les principaux appareils : à plans inclinés de Beely et de Zander, de rachylisis de R. Barwell (fig. 172), de suspension verticale (fig. 147, page 140), de suspension latérale (appareil deLorenz [fig. 165], de Redard [fig. 166 a 168], les appareils â cadre (page 155), de Hoffa, de Wullstein, de Kirmisson, de Redard (fig. 174), de Schede, de W. Schulthess, de flexion latérale, de rotation et de torsion, de détorsion à plaques (Chipault), etc., qui pour la plupart exercent leur action pendant que le sujet est en suspension verticale.

Quelques appareils mécanothérapiques ont une certaine action pour l'assouplissement et la mobilisation du rachis.

DEVIATIONS DU RACHIS o29

Décubitus dorsal, horizontal ou oblique Lits orthopédiques

Le repos dans le décubitus dorsal sur une simple planche horizontale capitonnée ou sur des appareils plus compliqués (lits orthopédiques, page 109, fig. 106 à 112), pendant plusieurs heures, est très recommandable, principalement dans les formes de scolioses graves à évolution rapide.

Le décubitus dorsal place le rachis en extension, dans une bonne position de redressement et le décharge du poids du corps.

Certains appareils de décubitus (fig. 107 à 112, page. 109), particulièrement les lits plâtrés (page. 94, fig. 84), après assouplissement du rachis, corrigent l'inclinaison latérale et même la torsion, immobilisent en position redressée.

Corsets et ceintures

Nous renvoyons à notre description des corsets utilisés dans le traitement des scolioses :

1° Corsets faits par le chirurgien principalement les corsets plâtrés (voir technique des corsets plâtrés dans les scolioses, page 69) ;

2° Corsets faits par les fabricants (page 210).

Redressement progressif suivi de contention

Dans les scolioses rigides, prononcées, dans une première étape (traitement préparatoire ou étape d'assouplissement), on mobilise, on assouplit, on redresse progressivement le rachis par diverses méthodes (manipulations, suspension verticale, pressions au niveau de la gibbosité au moyen de plaques ou de bandes élastiques, pendant que le sujet est en position de suspension verticale et de détorsion dans les différents modèles de cadres).

Dans une deuxième étape (étape d'immobilisation en bonne position), on fixe la colonne vertébrale et le tronc dans une attitude d'hypercorrection, en détorsion, dans une position statique inverse de celle de l'attitude scoliotique.

En général, le sujet est placé dans un cadre, en suspension verticale, en position de détorsion, des bandes spéciales en caoutchouc (page 156, fig. 173), ou des plaques de pression, donnant la position de redressement voulue. Les courbures lombaires sont corrigées en surélevant ou en fléchissant le membre du côté de la convexité.

Un appareil plâtré inamovible fixe définitivement les parties en bonne position de correction et de détorsion.

Plusieurs appareils plâtrés successifs, après de nouvelles séances de mobilisation et d'assouplissement, sont appliqués, jusqu'à ce que l'on ait obtenu un redressement aussi parfait que possible.

Redressement forcé suivi de contention

Notre méthode de redressement forcé convient aux cas de scolioses rigides graves, invétérées.

Elle permet de répondre aux principales indications : mobiliser le rachis, corriger les déformations osseuses, placer la colonne vertébrale et le tronc en position corrigée,* inverse de la position vicieuse, maintenir pendant longtemps les redressements obtenus et faire conserver aux sujets leur nouvelle attitude.

La technique que nous recommandons comprend plusieurs temps.

1° Traitement préparatoire. — Le rachis est soumis à des manœuvres de redressement, d'assouplissement, de mobilisation (massage, manipulations, suspension verticale, pressions élastiques avec notre appareil, redressement, pressions et détorsion dans les appareils à cadre).

2° Redressement forcé. — Le redressement et la correction forcés sont obtenus en agissant par de fortes tractions exer-

cées aux deux extrémités de la tige rachidienne, combinées avec des pressions au niveau de la gibbosité et des courbures scoliotiques.

Le redressement forcé manuel, suivant la technique décrite page 464, suffît souvent.

Si le redressement manuel ne donne pas des résultats satisfaisants, on utilise alors notre procédé de redressement forcé instrumental (voir fig. 206 à 208, et page 473).

Après le premier temps de mobilisation et de redressement, le sujet est étendu horizontalement sur une table et soumis à l'action de notre appareil à extension dans la position horizontale (fig. 206 à 208, et page 178).

L'anesthésie chloroformique facilite les diverses manœuvres de redressement.

L'appareil étant bien réglé, les tractions et les pressions étant faites en bonne direction, on enlève l'arc métallique et on applique l'appareil plâtré de contention.

Avant la solidification du plâtre, on place de nouveau l'arc métallique et ses diverses pièces que l'on met en action et que l'on immobilise ensuite suivant les indications du précédent essai (voir fig. 207 et 208, page 178).

Divers appareils peuvent être utilisés pour maintenir le sujet en position de redressement pendant l'application de l'appareil plâtré. Nous recommandons surtout Yappareil de Wullstein (fig. 176 à 178) et Yappareil de Locett. Lovett préfère, comme nous, pratiquer l'extension dans la position horizontale qui permet, mieux que la supension verticale, d'allonger et de détordre le rachis, de redresser les courbures et d'atténuer la déformation thoracique.

L'appareil plâtré, avec partie céphalique ou jury-mast, est appliqué suivant la technique décrite page 75.

Le plâtre doit se mouler très exactement au niveau du point d'appui pelvien. On ajoute des épaulettes, on pratique de larges fenêtres, au niveau des seins et de la partie antérieure de la poitrine et de l'abdomen.

Au bout de quelques jours, le sujet est autorisé à marcher.

Plusieurs séances de redressement forcé, à des intervalles de deux à quatre mois, sont, en général, nécessaires.

La guérison est très rapide clans quelques cas.

Le nombre des séances de redressement dépend de l'ancienneté et de la gravité du cas, de l'âge du sujet.

Notre méthode de redressement forcé, adoptée par un grand nombre d'orthopédistes, répond aux indications générales du traitement des scolioses. Nous adressant aux éléments osseux et articulaires, nous immobilisons le tronc dans une position rectifiée, après mobilisation vertébrale et correction, aussi parfaite que possible, de la difformité.

Avant l'application de l'appareil contentif, on ne doit pas seulement chercher à redresser les courbures et à corriger la forme de la gibbosité par des tractions ou des pressions, on doit encore incliner le tronc du sujet dans le sens opposé à l'inclinaison vicieuse, de façon à modifier les conditions statiques qui ont présidé au développement de la difformité.

Opérations chirurgicales

La myotomie rachidienne sous-cutanée (J. Guérin) (section de divers muscles spinaux, du grand dorsal [L.-A. Sayre]), ne convient qu'aux scolioses par rétraction cicatricielle des muscles spinaux, à la suite de traumatisme.

La résection sous-périostée des côtes qui constituent la gibbosité postérieure (R. Volkmann, Casse, A. Hofîa), Yostéotomie linéaire des côtes du côté concave (A. Hofïa), la section de plusieurs cartilages costaux (desternalisation de Jaboulay) du côté convexe, sont très rarement indiquées.

La section des cartilages costaux, du côté de la gibbosité, qui a pour but de permettre au thorax de s'arrondir, de relever et de modifier la courbe convexe du rachis, est faite au bistouri, bien en dehors de l'artère mammaire interne, isolément pour chaque cartilage, et par des incisions différentes aussitôt suturées.

La fixation apophysaire, à l'aide de fils d'argent enroulés

en huit autour des apophyses, ou avec des griffes spéciales (page. 457), n'est indiquée que dans quelques scolioses très flexibles que ne peuvent fixer les appareils contentifs.

En résumé, le traitement de la scoliose des adolescents varie suivant la forme, le degré, la flexibilité du rachis, la prédominance de certains symptômes.

On agira, suivant les cas, sur la rigidité vertébrale, sur l'inflexion latérale, la flexion, etc.

Dans les scolioses légères, au début, le traitement par la gymnastique orthopédique, les manipulations, la suspension verticale ou latérale, etc., suffit en général.

Dans les scolioses rigides, à une période avancée, il faut mobiliser, assouplir le rachis par les exercices actifs de redressement, les manipulations, la mécanothérapie, puis maintenir le redressement au moyen de corsets inamovibles ou amovibles. Les corsets amovibles donnent une contention insuffisante.

Pendant l'application des appareils plâtrés inamovibles, le tronc et le rachis sont maintenus en position redressée, au moyen de divers appareils. On fait plusieurs séances de redressement. On procède par étapes.

Le décubitus prolongé, les lits orthopédiques sont indiqués dans les scolioses à marche très rapide, chez les jeunes filles dont le système osseux est peu résistant à la période de crois sance.

Enfin, dans les scolioses rachitiques, dans les scolioses graves, invétérées, de l'adolescence, rebelles aux traitements orthopédiques habituels, dans les scolioses à évolution rapide, on pratique le redressement forcé, manuel ou instrumental, suivi de contention dans des appareils inamovibles plâtrés.

On applique les principes généraux du traitement de la scoliose des adolescents aux diverses autres variétés de scoliose.

Dans les déviations d'origine traumatique, on utilise la réduction de la déviation, les ligatures apophysaires, suivies

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de la contention dans des appareils plâtrés inamovibles.

Dans les scolioses rachitiques, on recommande le décubitus horizontal, la suspension oblique, l'immobilisation dans un lit plâtré.

Le redressement forcé donne d'excellents résultats dans les scolioses rachitiques des jeunes enfants.

Dans la scoliose pleurêtique, on fait exécuter la gymnastique respiratoire. On maintient le tronc avec un corset-tuteur. On pratique, dans quelques cas, la résection costale ou la desternalisation qui remédie à la fois à la pleurésie ancienne et à la déformation des côtes et du rachis.

Dans les déviations d'origine statique, on traite d'abord la difformité, cause de l'inégalité des membres inférieurs. On corrige le pied plat, on surélève la chaussure du côté raccourci, au moyen de semelles de liège appropriées. On corrige l'inclinaison vicieuse du bassin, dans la position assise, au moyen d'appareils très simples.

Dans les déviations du rachis en rapport avec Vobstruction chronique des voies respiratoires supérieures, on fait disparaître, avant tout, la cause de l'obstruction.

Dans les déviations d'origine nerveuse et dans les névroses, on traite d'abord l'affection nerveuse. On corrige ensuite les attitudes vicieuses, les déformations, on agit sur les muscles rétractés, atrophiés ou paralysés, par les moyens ordinaires. Si le rachis est rigide, on l'assouplit et on le maintient en position de redressement au moyen de corsets rigides.

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