CHAPITRE V
Luxations congénitales de l'épaule
Faire la réduction non sanglante, si les surfaces articulaires ont conservé en partie leurs formes.
Dans les cas graves, pratiquer ïarthrodèse ou ï excision de la tête humérale ou de l'épine de l'omoplate.
Dans quelques cas, faire la réduction sanglante : ouvrir l'articulation, modeler la tête humérale, creuser une nouvelle cavité glénoïde (Phelps).
Surélévation congénitale de l'omoplate. — Déplacement congénital de l'omoplate en haut. — Position élevée de l'omoplate.
Traitement variable suivant les cas et suivant le degré de gêne fonctionnelle.
Résection du noyau osseux qui fixe l'omoplate au rachis. — Myotomie des élévateurs de l'omoplate.
Si les troubles fonctionnels sont peu marqués, se contenter du massage et de la gymnastique.
Luxations congénitales du coude et du poignet
N'intervenir que lorsque les troubles fonctionnels sont très prononcés.
Dans la luxation congénitale du radius, avec impotence marquée, la résection de la tête radiale a donné quelques bons résultats.
Cubitus varus et valgus
Lorsque la difformité est très marquée et s'accompagne de troubles graves, pratiquer une ostéotomie au-dessus des condyles de l'humérus, attaqué par son côté externe (voir page 424).
Subluxation du poignet. — Carpus curvus. —Radius curvus
Maintenir le poignet, le relever, exercer des pressions au niveau des parties subluxées au moyen d'un appareil en cuir en forme de gaîne.
Lorsque la difformité est très accentuée, les troubles fonctionnels sérieux, faire V ostéotomie du radius (voir page 424).
Main bote
Traitement variable suivant la forme de main bote.
Dans les cas peu prononcés : Redressements forcés successifs sous le plâtre. — Manipulations — Massage. — Appareils à traction élastique.
Dans les cas graves : Ostéotomie du cubitus ; Résection de l'extrémité du cubitus ou d'une partie du carpe ; Arthrodèse radio-car pienne ; Section longitudinale de l'extrémité inférieure du cubitus, avec fixation dans la fente osseuse, des os du carpe ; Excision d'un fragment trapézoïde au niveau de l'extrémité inférieure du cubitus, suivi de la suture des fragments et de la correction de l'abduction de la main (page 425).
Difformités congénitales des doigts
Syndactylie : Traitement variable suivant la forme de la difformité, palmure lâche, moyennement serrée ou réunion osseuse.
Dans le cas de palmure peu serrée : ligature élastique ; autoplastie par les procédés de Didot, de Forgue, (page 272), de Princeteau (page 273).
Si la palmure est très serrée, procédé de Félizet (page 273).
S'il y a réunion osseuse (syndactylie osseuse), se servir du procédé de Didot ou mieux sacrifier de parti pris le squelette du doigt intermédiaire, pour permettre de recouvrir les autres (désossement des doigts de Guermonprez, de Lille).
Luxation congénitale de la hanche
Lorsque les sujets sont jeunes, on doit chercher à obtenir la cure radicale de la difformité par une intervention chirugicale.
A. — Traitement chirurgical
1° Réduction par la méthode non sanglante (page 367).
La réduction non sanglante est actuellement la méthode de choix, pour toutes les variétés de luxations congénitales de la hanche, chez les jeunes sujets de 2 à 13 ans.
C'est une opération simple, exempte de dangers, qui donne très souvent une réduction anatomique et d'excellents résultats fonctionnels (70 0/0 dans les luxations unilatérales, 25 0/0 dans les luxations bilatérales).
L'âge le plus favorable pour le traitement est de 2 à 10 ans. On peut obtenir quelques bons résultats chez des sujets audessus de 15 ans, mais les accidents opératoires, les raideurs articulaires, les ankyloses, sont fréquents.
Les résultats anatomiques, fonctionnels, esthétiques, sont d'autant meilleurs que les sujets sont plus jeunes.
Après la réduction, on place le membre dans une attitude se rapprochant de la normale.
On diminue autant que possible la durée de l'immobilisation.
La contention avec des appareils ou des ceintures ortho-
pédiques (fig. 272 à 276), n'est indiquée que dans quelques cas de réduction instable.
Le massage et la gymnastique sont souvent utiles.
2° Réduction par la méthode sanglante. — Opération de Hoffa-Lorenz (page 375). —Réduction par arthrotomie de Lorenz (page 378).
Les indications de ces opérations sont actuellement très restreintes. La pratique a démontré que ces interventions étaient dangereuses, exposaient à la septicémie, aux raideurs consécutives et surtout à l'ankylose. Elles ne sont indiquées que lorsque la réduction non sanglante a échoué, dans des cas de reluxation iliaque avec mauvais état fonctionnel, ou d'irréductibilité primitive chez de jeunes sujets.
Elles ne donnent de bons résultats que chez des sujets âgés de trois à huit ans. Elles ne doivent jamais être pratiquées au delà de dix ans.
B. — Traitement orthopédique
Réduction lente. — Extension continue. — L'extension continue, obtenue avec divers appareils (appareil d'extension de Pravaz [fig. 136, page 128], de W. Adarris, de Buckminster- Brown, de Volkynann, de Mikulicz, de Redard), donne de bons résultats chez les très jeunes enfants.
11 est utile de placer, pendant l'extension, le membre en abduction et en rotation et d'employer des poids de o à 10 kilogrammes.