CHAPITRE VIII CONTRACTURES ET ANKYLOSES
Nous indiquerons et apprécierons seulement ici les principales méthodes de traitement orthopédique des contractures et des ankyloses.
Dans les contractures congénitales, on redresse les membres par le massage, par les manipulations, par les appareils de mobilisation, principalement par ceux actionnés par des ressorts ou des tracteurs élastiques, par le redressement forcé.
On doit souvent recourir aux sections de tous les tissus rétractés, aux ténolomies, aux myotomies, à la résection articulaire.
Dans les contractures cicatricielles, on assouplit la cicatrice par le massage, par des manipulations ; on pratique des greffes par diverses méthodes.
Nous avons exposé le traitement des contractures d'origine nerveuse.
Le but du traitement est :
De redresser les membres ou les segments de membre et de les placer dans Vattitude la plus favorable à leur fonctionnement ;
De rendre aux mouvements leur maximum d'étendue.
Suivant le cas, suivant l'articulation atteinte, on rétablit soit la forme, soit le mouvement.
L'idéal, le rétablissement de la forme et de la fonction, est rarement atteint. On doit fréquemment se contenter d'une ankylose en bonne position.
Le traitement orthopédique varie suivant la cause,- la va-
nétév suivant que l'arthrite est en voie d'évolution ou ate, que l'ankylose est en bonne ou en mauvaise position, jmplète ou incomplète, fibreuse ou osseuse.
A. — Ankylose incomplète
1° L'arthrite est récente, en évolution. — Le traitement des contractures du début se confond avec celui de l'arthrite elle-même.
Dans les arthrites traumatiques, on pratique le massage, la mobilisation manuelle ou instrumentale,
Dans les arthrites infectieuses et tuberculeuses, on lutte contre la contracture, par le repos, par Y extension et la trac tion continues, par les pressions élastiques (pages 6 et 7), par l'immobilisation en bonne position dans des gouttières, ou dans des lits à extension, ou dans des appareils inamovibles, le plus souvent dans des appareils plâtrés (page 32).
Si la contracture est très douloureuse, si Yattitude vicieuse est prononcée, on exécute, sous anesthésie, le redressement forcé en un seul temps, manuel (page 462) ou instrumental (page 473), ou par étapes (page 466) (voir pour la hanche : procédé de Dollinger [page 466J, de Lorenz [page 182]) ; pour les dicerses articulations : redressement, en un seul temps ou par étapes, par notre procédé avec pressions élastiques (pages 6 et 7).
Les appareils orthopédiques sont rarement utiles, à cette période, ils n'ont une action efficace que si la contracture et l'attitude vicieuse sont légères.
Nous avons décrit les principaux types de ces appareils agissant par traction ou par extension continue.
Signalons les appareils recommandables.
Pour la hanche : — Appareils de Bonnet (fig. 277), de Lefort; appareils à attelles, dits appareils Américains (fig. 282 à 284) ; appareil de Hessing(fig.TI8) ; appareil de Thomas (fig. 89, 90, 91,92), etc.
Pour le genou : — Appareils de Bonnet, avec articulation à pigaon mu par une clef ; de Stromeyer, de Lefort ;
CONTRACTURES ET ANKYLOSES 565
appareil de Blanc à traction élastique ; appareil de ^raatz (fig. 234) ; appareil de Bonnet et Palasciano ; appareil à ira tion continue de Lannelongue (fig. 133); appareil à traction élastique de Collin (fig. 134, 135).
Pour le coude : — Appareil de Stromeyer ; appareil de Bigg ; appareil à traction élastique de Collin (fig. 295 et 296), de Redard (fig. 297).
Pour le poignet, la main, les doigts: — Appareil à traction ou à pression élastique, de Blanc, de Reibmayr, de Cl. Martin, de Bedard.
Quelques appareils appliqués après correction de l'attitude vicieuse et qui permettent la marche (appareils ambulatoires, page 232), sont utiles, principalementdans quelques formes de coxalgies à évolution lente, sans contractures et sans phénomènes douloureux accentués.
La ténotomie et la transplantation tendineuse n'ont pas d'indications dans les arthrites récentes.
La mobilisation avec des appareils (mécanothérapie) n'est de même, que très rarement indiquée, à cette période de la raideur articulaire.
2° L'arthrite est en évolution, avec abcès fermé ou ouvert, avec fistules. — Il faut traiter l'affection articulaire ; en attendant la guérison, s'abstenir de tout traitement orthopédique, se contenter d'éviter l'aggravation de la déformation par la traction continue, par l'application d'une gouttière plâtrée.
Dans les cas graves, la résection articulaire permet, à la fois, de supprimer le foyer infectieux et de corriger la difformité.
3° L'arthrite est guérie. — Les contractures articulaires qui succèdent à un traumatisme ou à une arthrite infectieuse, même lorsque l'ankylose est en bonne position, doivent être soumises au traitement par le massage, par la mobilisation manuelle ou instrumentale.
Nous avons indiqué, pages 494 et 495, les principaux appareils
o66 PRÉCIS DE TECHNIQUE ORTHOPÉDIQUE
mècanothérapiques,h mouvements actifs ou passifs, qui peuvent être utilisés dans ces cas. (Appareils de Bonnet, de Blanc et Desgranges, de Zander, de Krukenberg, de Herz, de Baumgartel.)
Le redressement, la mobilisation forcée, donnent quelques bons résultats dans la périarthrite scapulo-humérale.
Ces méthodes échouent souvent et donnent rarement le rétablissement du mouvement dans les contractures des arthrites infectieuses, et en particulier, de Yarthrite blennorragique.
Les ankyloses qui accompagnent lès arthrites tuberculeuses ne doivent être, en général, traitées que si l'ankylose est en position vicieuse, et si l'arthrite est absolument éteinte.
Dans les cas avec simple limitation des mouvements et attitude vicieuse légère, on corrige la difformité par des appareils à traction continue et par quelques appareils orthopédiques décrits plus haut.
Dans les ankyloses fibreuses serrées, le traitement se confond souvent avec celui des ankyloses complètes osseuses.
On peut cependant obtenir des succès, par le redressement forcé, manuel ou instrumental, dans quelques cas de contractures permanentes de la hanche et du genou, lorsque les tissus rétractés ne sont pas trop résistants, et que l'attitude vicieuse n'atteint pas l'angle droit.
La section des tendons des muscles contractures est presque toujours le complément indispensable du redressement forcé.
La transplantation tendineuse a donné quelques bons résultats dans la flexion permanente de la tumeur blanche du genou (page 334).
La mobilisation manuelle ou instrumentale ne doit être employée qu'avec une très grande prudence pour les contractures des arthrites tuberculeuses, même lorsqu'elles pa-
CONTRACTURES ET ANKYLOSES 567
B. — Ankylose complète
D'une façon générale, l'intervention sanglante doit être préférée au redressement forcé manuel ou instrumental, aux ostéoclasies.
Pour l'épaule, la résection articulaire avec interposition musculaire convient surtout aux arthrites ankylosantes à marche rapide, d'origine infectieuse. Elle ne donne quelques résultats dans les scapulalgies, que si les sujets sont âgés, si les muscles périarticulaires sont partiellement conservés.
Dans les ankyloses en position vicieuse, on exécute une ostéotomie cunéiforme (Ollier) ou arciforme (Albanèse), le plus près possible des tubérosités numérales (page 423).
Pour le coude, même dans les ankyloses en bonne position, on doit souvent chercher chez les jeunes sujets, à obtenir le rétablissement des mouvements.
La résection, largement exécutée, doit être préférée aux résections économiques (résection serai- articulaire humérale, ostéotomie trochléiforme (pages 423 et 424), arthrolyse), qui ne s'adressent qu'à quelques cas particuliers et exposent à des récidives.
Les procédés économiques sont utiles dans les ankyloses qui succèdent aux traumatismes, lorsque la radiographie indique la nature de l'obstacle, extrémité d'un fragment, cal exubérant, lorsque la gêne des mouvements est limitée à la flexion et à l'extension, la pronation et la supination étant libres.
Pour le poignet, la main et les doigts, la résection osseuse ou articulaire, Y allongement tendineux sont quelquefois utiles. Pour la hanche, l'ostéotomie sous-trochantérienne oblique (pages 427 et 430) est le procédé de choix qui corrige à la fois l'attitude vicieuse et le raccourcissement. L'ostéotomie intertrochantérienne sous-cutanée (pages 430 et 431) est recommandable.
La résection orthopédique, sous-périostée interrompue (Ollier), avec interposition musculaire, les opérations énar-
throdiales, n'ont que quelques indications restreintes: dans les arthrites graves tuberculeuses en évolution, dans les ankyloses bilatérales, lorsqu'il est absolument nécessaire d'obtenir un certain degré de mobilité dans une des articulations ankylosées. On pratique, en général, dans ces cas, la résection articulaire avec interposition musculaire d'un côté, le côté où l'atrophie musculaire est le moins prononcée, et l'ostéotomie de l'autre côté.
La résection de la tête fémorale, avec création d'un nouveau cotyle, a donné quelques bons résultats dans les luxations anciennes irréductibles de la hanche.
Pour le genou, la résection cunéiforme ou trapézoïdale (page 435), est une bonne opération, chez les adolescents audessus de 15 ans et chez l'adulte.
Le procédé de Gordon Buck (page 436) est indiqué lorsque l'ankylose est à angle aigu avec forte saillie de la rotule.
Le procédé de résection arciforme d'Helferich (page 435) permet de respecter les cartilages épiphysaires.
Vostèoclasie sus-condylienne (page 405) ne donne de bons résultats, sans déformation de correction exagérée, que lorsque l'angle de flexion de l'ankylose est obtus.
L'ostéotomie sus-Gondylienne (page 434) permet de pratiquer la section de l'os immédiatement au-dessus des condyles, ce qui diminue la longueur du fragment inférieur, la déviation angulaire des deux fragments et la déformation consécutive. Cette opération est utile chez les jeunes sujets, pour des ankyloses dont l'angle de flexion est inférieur à 130°.
Si l'ankylose est complète, en bonne position, on s'abstient de tout traitement.
Pour les articulations tibio-taî siennes et du pied, on doit, dans le cas d'ankylose en position vicieuse, pratiquer des résections ou des ostéotomies.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
Adlercreulz (Pelvi-support d'). 58
Anastomose nerveuse 385
Ankyloses du coude 236, 237
Ankyloses du genou (redressement par l'ostéotomie des). . . 434 Ankyloses de la hanche (ostéotomie dans les) 426
Ankyloses de la hanche (redressement forcé dans les) 465
Ankyloses (traitement des) 563
Aponévroses (opérations sur les) 347 Aponévrose plantaire (section
del') 288
Apophysaire (fixation) 457
Apophyses épineuses (résection
des) 460
Appareils à attelles 98*
Appareil d'auto suspension de
Wagner 142
Appareils pour l'application des
lits plâtrés de Redard 93
Appareils à attelles pour le
membre inférieur 224
Appareils à attelles de L.-A.
Sayre 230,231
Appareils (types d1) avec application des forces élastiques. . 235
Appareil de Beely 148
Appareil de Bigg 247
Appareils en bois collé 12
Appareil de Bûhring 110
Appareil de Meigs Case 169
Appareils en celluloïd 26
Appareils en cellulose 14
Appareil de Collin 127
Appareil pour courbure i achiti-
que de la jambe 232
Appareil pour correction du
genu valgum 231
Appareils en cuir 21
Appareil de Me Curdy 102
Appareil de Darrach 169
Appareil à la dextrine 11
Appareil à empois d'amidon... 11
Appareil d'Eulenburg 170
Appareils d'extension continue 115 Appareil d'extension deA.Codi-
villa 135
Appareil d'extension continue
dans la position oblique 137
Appareil d'extension de la
jambe de L.-A. Sayre 125
Appareil d'extension continue
de Lannelongue 126
Appareil pour la luxation congénitale de la hanche, de Pra-
vaz 128
Appareil d'extension de M.
Schede 150
Appareil d'extension de Schede-
Eschbaum , 181
Appareils en feutre 17
Appareils en gomme laque 15
Appareils en gomme 11
Appareils en gutta-percha 20
Appareil de Heildelberg 103
Appareil d'Hennequin pour l'extension dans les fractures de
jambe 134
Appareil de Hessing pour les
contractures du genou 195
Appareil de Hessing pour le
membre inférieur 227
Appareil de Heusner, pour pied bot, avec ressorts de forme
serpentine 239
Appareil de Hofia 149
Appareils inamovibles et amo-
vo-inamovibles 8
Appareil à levier de Mathieu 197, 198
Appareil de Lorenz 151
Appareil de Lovett 102
Appareils et machines de suspension verticale 139
Appareils de traction ou d'extension 115
Appareils d'extension temporaire 164
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIEBES
Appareils de marche 232
Appareil pour le moulage du
tronc 236, 252
Appareil de Noble Smith 247
Appareils orthopédiques 183
Appareil pour difformités du
pied et des orteils 237
Appareil pelvi-support de Doyen. 47 Appareils en peau de chien... 26
Appareils en peau cornée 24
Appareil pour le pied bot, de
Collin 239
Appareil pour le pied bot, de
Nélaton 240
Appareil pour le pied bot, de