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D'EXTENSION

Le plus souvent, en chirurgie orthopédique, les appareils immobilisent non seulement les parties, mais encore les contiennent, maintiennent le redressement obtenu.

Aux appareils d'immobilisation, sont fréquemment ajoutés des mécanismes de pression, d'extension et de traction.

L— Appareils d'immobilisation, de contention, de redressement

1° Appareils à attelles

Les attelles en bois, en métal (fer-blanc, zinc, nickel, aluminium, fil de fer), les attelles plastiques (carton, feutre, gutta-percha), sont utiles pour maintenir les membres dans une position déterminée, pour obtenir la suspension, l'extension ou la contre-extension.

Diverses pièces accessoires peuvent être fixées sur les attelles, souvent articulées entre elles par des charnières, au niveau des articulations.

Les appareils plâtrés sectionnés au niveau des articula-

Fis. 85

Fig. 86 Fig. 87

Bandages de E. Owen.

Fig. 89-90. — Attelle de H.-O. Thomas, de Liverpool pour la hanche.

tions (appareils plâtrés brisés), sont quelquefois réunis par des attelles dites articulées, c'est-à-dire munies d'une charnière et d'un secteur.

Des attelles prenant point d'appui sur des surfaces osseuses, résistantes, produisent des redressements importants.

Dans le bandage d'Owen (fig. 85 à 88), une attelle matelassée est placée à la partie externe du membre, fixée par des lacs, en haut et en bas, quelques tours de bande rapprochent le genou de l'attelle et corrigent le genu valgum.

Si le genu valgum est double, on place un coussin entre les genoux ; les lacs sont disposés suivant les indications de la fig. 86.

Le redressement des déviations rachitiques des membres inférieurs s'obtient en disposant les attelles et les lacs suivant les indications des figures 87 et 88.

Les appareils à attelles de H.-O. Thomas (de Liverpool) permettent d'obtenir, à la fois, l'immobilisation et l'extension des membres inférieurs (fig. 89 à 92).

L'attelle de W. Blanchard (fig. 92), l'attelle de Lovett (fig. 93), modifications de l'attelle de H.-O. Thomas, sont recommandâmes.

Citons encore V appareil à traction élastique pour le genou, de Me Gurdy (fig. 94).

Les appareils très simples de Bruns, de A. Lorenz, les appareils ambulatoires (p. 232), sont essentiellement constitués par deux attelles latérales réunies par une barre transversale formant étrier à une. certaine distance de la plante du pied. Des bandes de traction, bandes ordinaires ou en diachylon, liens élastiques fixés au niveau du pied et reliés à l'étrier, peuvent exercer une traction énergique.

L'appareil de Heildelberg (0. Vulpius) (fig. 95 à fig. 99) peut rendre quelques services dans la pratique chirurgicale orthopédique.

Il se compose :

1° De tiges en aluminium de forme rectangulaire, assez résistantes, mais pouvant néanmoins être fléchies dans tous les sens (fig. 95) ;

2° De bracelets en aluminium, de longueur et de largeur variables, pourvus, en leur milieu, de glissières dans lesquelles on peut introduire les tiges (fig. 96).

Fig, 91 — Attelle de Thomas- "~ pour le genou ou le cou -de Fig. 92.— Attelle de Thomas pour la hanche pied. modifiée par Blanchard.

Les tiges et les bracelets sont courbés, très exactement adaptés aux parties, au moyen d'une tenaille spéciale (fig. 99). On fixe ensuite l'appareil avec des bandes.

Cet appareil construit avec un matériel très simple, léger, solide, s'adaptant à tous les cas, pouvant se stériliser, se

Fig. 93. — Attelle de Lovett.

Fig. 94. — Appareil de Me Curdy.

transporter facilement, donne une immobilisation très exacte dans les attitudes de correction ou de redressement désirées.

2° Gouttières

Les gouttières construites avec diverses substances (til de fer, fer-blanc, plaques de zinc, aluminium, nickel, plâtre, celluloïd, carton, gutta-percha, feutre) servent à immobi-

Fig. 97

Fig. 98 Appareil de Heildelberg.

liser, soit le tronc (gouttière de Bonnet [fig. 100] et ses modifications [fig. 101 à 104]), soit les membres inférieurs.

Le fond de la gouttière de Bonnet doit être plat, formant un plan horizontal résistant.

L'échancrure postérieure pratiquée au niveau des fesses ne doit pas être profonde. La gouttière, doit avoir, à ce niveau

une forme convexe afin d'éviter l'ensellure et les positions vicieuses du bassin. Elle doit présenter une légère con\exité au niveau des genoux et des hanches.

Les gouttières de Bonnet, judicieusement construites, sont d'excellents appareils qui immobilisent d'une façon bien

Fig. 100. — Gouttière de Bonnet.

Fig. 101. — Grand appareil de Bonnet.

plus rigoureuse que les lits et cadres d'immobilisation.

On peut ajouter aux gouttières des mécanismes de pression, constante ou intermittente (fig. 102), ou d'extension (fig- 103).

La gouttière peut être pourvue de valves mobiles (Ni-

Fig. 102. - Appareil de P. Redard pour le redressement des gibbosités pottiques.

caise), articulée afin de pouvoir placer le membre inférieur en abduction et en rotation (Kirmisson) (fig. 104).

On peut improviser une sorte de gouttière qui immobilise en partie les articulations des hanches, au moyen de deux longues attelles placées de chaque côté des membres inférieurs et du tronc, remontant jusqu'au niveau des aisselles,

Fig. 103. — Gouttière avec mécanisme d'extension des membres inférieurs.

104. — Gouttière avec mécanisme permettant de placer le membre inférieur en abduction et en rotation.

reliées en arrière par une traverse de bois et fixées par un bandage de corps (Guersant).

On peut encore placer sur les deux membres un appareil de Scultet ou une bande, puis des coussins et des attelles, comme précédemment. Un bandage silicate fixe le membre, le bassin et le tronc du côté malade (Marjolin).

Ces appareils improvisés ont l'inconvénient de se déranger facilement, de comprimer la base du tronc et l'abdomen. Ils n'immobilisent qu'imparfaitement.

3° Lits et cadres d'immobilisation

Les lits d'immobilisation peuvent être construits d'une façon très simple, constitués par un fond et quatre planches latérales, formant cadre, avec poignées pour faciliter le transport et boucles destinées à recevoir les courroies de fixation (voir lit de Lannelongue, "fig. 121, page 118 et lit de Redard, fig. 105 et pages 136 à 138, fig. 144 à 146).

Le matelas peut faire corps avec le cadre de bois ou rendu mobile sur le cadre, ce qui facilite le nettoyage. Il doit être peu épais, de 8 à 10 centimètres d'épaisseur, très dur, bien égal, sans aucune dépression.

Afin d'éviter le déplacement du sujet pendant les garderobes, on peut ménager une ouverture médiane au niveau du siège. Un bassin de forme appropriée est glissé sous le cadre et vient s'appliquer exactement et se fixer contre les bords de l'ouverture.

Dans l'intervalle des garde-robes, l'ouverture est fermée par un coussin arrondi dans les bords s'adaptent exactement à cette ouverture et qui, de même que le bassin, est glissé sous le cadre, sans déplacer l'enfant.

Plus simplement encore, le cadre est constitué par une tige ou un tuyau de zinc ou un tuyau à gaz (Bradford), sur lequel on coud une pièce de toile résistante. Une large cein ture, fixée de chaque côté du cadre, entoure et immobilise le tronc. Des montants fixés aux extrémités permettent de faire l'extension et la contre-extension.

Nous indiquons^. 124, 125, fig. 129, 130) les ceintures ou brassières qui sont les plus convenables pour la fixation du tronc.

Les membres inférieurs sont maintenus par des lacs en toile, munis de boucles de 8 à 10 centimètres de large, placés à la partie supérieure des cuisses, au niveau du genou et du cou-de pied.

Ces lacs sont enroulés en boucle autour du membre et leurs extrémités sont attachées à l'aide de courroies, sur les parties latérales du lit. Ils sont fixés; par leur milieu, au matelas du cadre.

Les lits d'immobilisation, en raison de la simplicité et de la facilité de leur construction, de leur prix peu élevé, ont de fréquentes indications.

Ces appareils, chez les enfants, exigent une grande surveillance et ne donnent pas toujours l'immobilité nécessaire. Les ceintures et les lacs maintiennent mal le sujet qui prend des positions vicieuses sur son cadre.

Le lit de Phelps est constitué par une caisse en bois construite sur le dessin du contour de l'enfant, placé les jambes écartées. Des échancrures sont ménagées pour les bras. Une excavation est pratiquée au niveau des fesses, des talons et de

Fig. 105. — Lit d'immobilisation de P. Redard.

la moitié postérieure de la tête. On matelasse soigneusement dans toute l'étendue du lit, avec des coussins de crin recouverts de tissu imperméable. Sur le coussin, on place encore une légère couche de ouate hydrophile. Des tours de bandes fixent le tronc et les membres inférieurs.

Ce lit, très fréquemment employé en orthopédie, dans le mal de Pott, la coxalgie et après diverses opérations pratiquées sur le membre inférieur, a l'avantage de donner une bonne immobilisation, tout en permettant de déplacer le sujet et de le promener au grand air. Il permet de maintenir écartés les membres inférieurs, de les placer en abduction plus ou moins marquée.

Un grand nombre de lits orthopédiques ont été proposés pour le traitement des scolioses. En général, l'immobilisation

est combinée avec des mécanismes de pression, et souvent d'extension et de contre-extension, avec des dispositifs permettant d'obtenir des attitudes fixes spéciales. La figure 106 représente un des modèles des lits orthopêdi-

Fig. 106. — Lit orthopédique de Pravaz.

Fig. 107. Lit de A. Chipault.

ques de Pravaz, si employés autrefois dans le traitement des scolioses.

Ces lits sont constitués par un plan résistant sur lequel le sujet est placé en décubitus horizontal, par des moyens

d'extension ou de contre- extension, par des plaques de pression latérale.

V appareil de A. Chipault, par une attitude spéciale et des

Fig. 108. — Appareil de Bùhring, modifié par Hueter.

plaques de pression convenablement disposées, permet d'obtenir la réduction nocturne des scolioses (fig. 107),

Les lits représentés iig. 108, 109, 110, modifications de Cappareil de Bùhring, donnent l'immobilisation dans une attitude de correction spéciale.

Le lit de décubitus de Beely (fig. 111 et 112) est très utile dans le traitement de certaines scolioses flexibles.

Nous avons décrit les lits et les gouttières d'immobilisation Fig. 109. - Lit de décubiius. confèCtionnées avec le plâtre

ou avec diverses substances.

Nous signalons les lits à extension dans la position horizontale ou oblique (pages 115, 137), les appareils d'attitude, les lits

Fig. 110. — Le même appareil, pendant son application

Fig. 111. — Lit de décubitus de Beely.

à réclinaison (page 113), les lits plâtrés à détorsion (fig. 84.

page 94), les gouttières ou les corsets qui soutiennent le

tronc du sujet dans le sens opposé à l'inclinaison vicieuse, de façon à modifier les conditions statiques qui ont présidé au développement des difformités (traitement antistatique des scolioses).

Des lits analogues aux lits plâtrés, peuvent être construits avec du cuir (fig. 113), du celluloïd.

Lits à plans brisés.

Lits à réclinaison

Ces lits permettent d'exercer une extension sur des portions déter-

Fig. 112. — Lit de dècubilus de Beely, après application.

Fig. 113. — Lit d'immobilisation en cuir, d'après Rainai.

minées du rachis. Ils placent et maintiennent en lordose une partie de la colonne vertébrale. Ils agissent enfin par le poids du corps placé plus ou moins obliquement, la traction, dans quelques cas, s'exerçant des deux côtés, du côté de la tête et du côté des membres inférieurs.

Les fi g. 114 et 1 15, représentent le lit à rêçlinaison de Wullstein et son mode d'action.

Les différentes parties de ce lit sont en celluloïd, construites d'après un modèle en plâtre.

Nous recommandons aussi le lit à rêçlinaison représenté fig. 116.

Un fort et large ressert d'acier formant un arc, plus ou moins convexe, suivant les cas, est fixé à ses deux extrémités sur une planche. Le ressort e^t recouvert par une feuille de feutre assez épais. Le sujet est fixé par des lacs reliés à une brassière.

Nous utilisons souvent dans le traitement de la cyphose rachitique et de la cyphose du mal de Pott, notre appareil représenté dans les fig. 117, 118, 119.

Cet appareil qui, par un mécanisme très simple, place la région cyphotique du rachis en lordose plus ou moins prononcée, se compose essentielle- Fig. lli. — Lit à réclinaison de Wullstein.

ment de plusieurs lames d'acier juxtaposées qui peuvent être plus ou moins courbées, grâce à une vis de pression placée à l'une des extrémités.

Fig. Ho. - Lit à réclinaison de Wullstein.

Fig. 116.

Lit à réclinaison de P. Redard.

La courbe, en forme d'arc, doit exactement correspondre à la région cyphotique. Un matelas, peu épais et fortement capitonné, est placé au-dessus des parties métalliques. Le sujet est mis dans la position représentée dans la figure 119.

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