Compression oualée au moyen d'une bande
sin en caoutchouc est exercée au sommet de la gibbosité postérieure dans la direction du diamètre diagonal allongé du thorax. Un espace libre est ménagé dans le corset au niveau des parties antérieures excavées du thorax. La compression a une action corrective sur la gibbosité, sur la forme du thorax et sur les courbes du rachis.
Grand appareil plâtré
Cet appareil (fîg. 69 et 70) fixe assez exactement le rachis en extension en agissant aux deux extrémités de la colonne, sur la tête d'un côté et sur le bassin de l'autre (appareil céphalothoracique). Il est non seulement indiqué dans les affections chirurgicales de la partie cervico-dorsale du rachis (maux de Polt cervicaux, cervicaux-dorsaux et dorsaux supérieurs, arthrites vertébrales cervicales, torticolis), mais encore dans les cas où l'on désire immobiliser le rachis en position redressée, le poids de la tète et de la partie supérieure du tronc n'agissant plus (scolioses dorsales et même lombaires).
En raison de l'action d'extension que le grand appareil a sur le rachis, il est très utile dans les paraplégies pottiques.
Le sujet est préparé comme pour l'application d'un corset plâtré simple, même maillot, même disposition du coton autour du tronc. On pratique la suspension à l'aide de la mentonnière en toile improvisée que nous décrivoDS page 147, fig. 158. On enroule régulièrement autour des épaules, du cou, de la tète, de la ouate collée ou du lint disposé sous forme de baades. Les régions mentonnières et occipitales sont protégées avec des morceaux de feutre blanc ou de lint assez
Fig. 68. — Mode d'application des bandes autour de la tête.
épais, taillés en croissant et recouverts de quelques doubles
de mousseline sans apprêt.
Les bandes plâtrées sont d'abord enroulées autour du tronc,
puis autour des épaules, sous les aisselles, suivant la technique habituelle, puis conduites autour du cou et de la tête, sans serrer ni tirailler. On enveloppe le front comme dans le pansement dit chevestre double de la tête. Plusieurs jets de bandes, horizontaux et verticaux, sont placés autour du front, de la nuque, de la mâchoire et du cou. On ramène ensuite la bande circulairement autour du cou, puis du côté des épaules.
La figure 68 représente le mode d'application des bandes autour de la tête.
Plusieurs jets de bandes légèrement obliques, en méridien, vont d'abord du vertex au-dessous du maxillaire, puis en équateur du front à la nuque.
Après avoir fait quelques circulaires autour des aisselles, on conduit
la bande obliquement, plusieurs fois, d'une épaule à l'autre. La bande plâtrée qui doit servir pour envelopper la tête et
le cou doit être assez étroite, de huit centimètres environ.
Fig.
— Grand appareil terminé.
plàtrt
BANDAGKS ET APPAREILS
11 faut que les bandes s'appliquent très exactement sur le cou, la mâchoire et la nuque, sans trop serrer cependant, afin que la forme de ces parties soit conservée On applique attentivement les bandes au niveau de la mâchoire et du cou, points d'appui essentiels de l'appareil. On enroulefranchement les bandes sans craindre d'emprisonner les oreilles et d'empiéter sur Sa face.
On peut renforcer la partie céphalique de l'appareil au moyen de bandes-attelles composées de plusieurs épaisseurs de tarlatane, larges de 10 centimètres environ, que l'on dispose, en arrière, de la partie supérieure de la tête à la partie supérieure interscapulaire; en avant, du menton à la partie supérieure du sternum, et même latéralement, en suivant la direction du sterno cléidouiastoïdien, de l'apophyse mastoïde à la partie supérieure du thorax.
Nous n'employons plus guère ces attelles de renforcement taillées à l'avancequi se plissent, s'appliquent difficilement. Nous préférons obtenir un appareil solide avec les seules bandes plâtrées bien appliquées.
€ËÊMÈ,:
Fig. 70. — Forme définitive du grand appareil plâtré.
On modèle soigneusement le bassin, les épaules, la tète.
Après solidification de l 'appareil (fig. 69), on enlève, avec une serpette bien tranchante, toutes les parties superflues, on pratique les échancrures nécessaires au niveau du menton, de la nuque, du bassin et des aisselles. On agrandit les ouvertures
Fig. 71. — Disposition de la partie céphalique de l'appareil plàlré, d'après W. Blanchard.
destinées aux membres supérieurs. On fait quelques fentes longitudinales au niveau de la poitrine et de l'abdomen et, dans quelques cas, des fenêtres thoraciques et abdominales.
Nous retranchons toujours la partie de l'appareil plâtré qui entoure le front et la partie supérieure de la tête, sui-
Fig. 72 Fig. 73
Grand appareil plâtré produisant la réclinaison du rachis, d'après L. Wullstein.
vant une ligne ovalaire faisant le tour de la tète, du lambda au menton, l'occiput et le maxillaire inférieur étant très exactement recouverts et maintenus (fig. 70).
L'appareil conserve, en effet, toute eon action et l'on peut donner hu cuir chevelu les soins hygiéniques nécessaires.
Après ablation de la calotte plâtrée, on retire les diverses parties de la mentonnière en toile.
La lig. 71 représente la disposition de la mentonnière du corset plâtré, recommandée par W. Blanchard.
On peut remplacer la portion céphalique de l'appareil plâtré, que quelques enfants supportent difficilement, par des appareils métalliques (jury-masts mât-de- for tune) qui sont lixés dans l'épaisseur du corset plâtré.
Le corset plâtré inamocible et le grand appareil plâtré peuvent être appliqués après les diverses manœuvres recommandées pour la réduction forcée des gibbosités et le redressement des courbures rachidiennes,\e sujet placé en suspension verticale ou en extension horizontale, maintenu par des machines qui agissent principalement par pression et par extension (voir mal dePott, p. 164, 167 et scoliose, p. 158, 171).
Les figures 72 et 73 représentent la disposition du corset plâtré recommandé par L. Wullstein pour placer le rachisen réciinaison.
Le corset est divisé dans un point qui permet d'obtenir la lordose du rachis au niveau de la partie culminante de la gibbosité.
Un treillage métallique, incorporé dans le bandage plâtré, sert à maintenir l'extension etla lordose (voir p. 214, fig. 257, corset en celluloïd basés sur le même principe).
a).- Appareil plâtré contentif après le redressement forcé des scolioses.
Après redressement aussi parfait que possible, les bandes plâtrées sont appliquées, suivant la technique décrite, sur un maillot en tissu des Pyrénées, une très petite quantité de
ouate protégeant la poitrine et l'abdomen. Du cototi ou du feutre mou garnit les épines iliaques, le front et l'occiput. La tête est maintenue en extension au moyen d'une mentonnière improvisée avec des bandes de toile.
On confectionne d'abord la partie du tronc, puis la partie céphalique de l'appareil.
Pendant la prise du plâtre, on applique de nouveau les diverses pièces (barre de contre-pression, pelotes de pression, lacs), qui ont déjà servi pour obtenir la correction de la difformité.
Les épaules et le bassin sont placés (voir fig. 207, 208, p. 178) par le réglage des appareils dans une attitude corrigée.
Après solidification du plâtre, on enlève les agents de compression et de redressement, on taille des fenêtres, on coupe au niveau des aisselles, du front, du menton, etc., suivant la technique habituelle.
Dans quelques scolioses peu prononcées, ne siégeant pas sur les vertèbres cervicales, on peut supprimer la partie céphalique de l'appareil.
b). Minerves
Les minerves en plâtre sont confectionnées suivant la technique décrite p. 76, fig. 68, pour le grand appareil plâtré. Suivant les indications, l'appareil prend son point d'appui sur le tronc, plus ou moins bas.
On peut très facilement confectionner une minerve plâtrée, en suivant la technique ci dessous (Gangolphe) :
Tailler une attelle en T dont les chefs transversaux, larges de 4 à 6 centimètres, sont assez longs pour entourer la tête, se croiser sur la nuque et revenir ensuite en avant en recouvrant la région sus-claviculaire et la face antérieure du thorax jusqu'au dessous du sein. Le chef vertical part du front, recouvre le sommet de la tête, la nuque, et descend en suivant le milieu du dos jusqu'à la ceinture.
Tremper cette attelle dans de la bouillie plâtrée, puis l'appliquer très exactement sur le patient dont on a préalablement garni le cou et la poitrine d'une mince couche de ouate. Les cheveux sont garantis par une capeline de gaze.
On peut consolider l'appareil en le recouvrant d'une bande plâtrée qui en renforce la partie cervicale et vient se terminer autour du thorax pour arrêter et réunir les trois chefs de l'attelle.
En divisant la minerve plâtrée, en deux valves, par une section, antérieure et postérieure, médiane, ou par deux sections latérales, on obtient un excellent appareilamovible.
2° Corset plâtré amovible
Le corset amovible se confectionne avec une technique analogue à celle décrite pour l'application des corsets inamovibles.
Le sujet est revêtu d'un long maillot en tricot ou en jersey descendant jusqu'au niveau des genoux. Une petite quantité de coton est placée entre le maillot et la peau, au niveau des seins, de l'abdomen, des épines iliaques antérieures et supérieures. Une lame de zinc de 4 centimètres de largeur environ et de la longueur du corset, est placée sur la ligne médiane antérieure entre le maillot et la peau (voir page 44, fig. 27). Ce dispositif permettra de couper franchement et rapidement le corset à ce niveau, sans crainte d'entamer la peau.
Le sujet est placé en suspension modérée. Les bandes plâtrées sont enroulées suivant la technique ordinaire.
Après solidification du plâtre, on coupe franchement, avec une serpette très tranchante, l'appareil sur la partie médiane jusqu'à la lame en zinc. On doit préférer la section sur la ligne médiane, aux deux sections latérales, recommandées par quelques auteurs, qui divisent le corset en deux valves, l'une antérieure, l'autre postérieure.
On enlève le corset en le faisant tourner et en présentant son ouverture médiane au plan latéral du tronc.
Quelques jours après, on l'essaie ; on enlève les parties superflues; on échancre au niveau des aisselles, de l'abdomen.
On le donne enfin à l'ouvrier qui doit le garnir.
Fig. 74. Corset plâtré amovible.
Le bord inférieur du maillot est cousu au bord supérieur, le plâtre se trouvant ainsi complètement caché et recouvert par du tissu.
Deux bandes de cuir portant des crochets sont solidement cousues sur les bords (fig. 74). Un lacet permet de serrer à volonté.
Des bretelles en tissu peuvent être fixées au niveau du bord supérieur, et postérieur. Maintenues au degré de tension
voulu, par des boucles fixées à la partie antérieure et latérale du corset, elles rejettent en arrière les épaules et corrigent la cyphose dorsale.
Les corsets plâtrés peuvent être modifiés dans le but d'obtenir une action spéciale.
Le bandage à traction latérale (fig. 75, d'après Lorenz), est destiné à lutter contre l'inflexion latérale et à fixer la partie supérieure du corps dans une position inverse à celle qu'elle a prise d'une façon vicieuse. Il est construit et disposé suivant les indications de la fig. 75.
Cette figure représente l'appareil appliqué dans un cas de scoliose dorsale primitive à convexité droite assez marquée, avec inclinaison notable à gauche de la partie supérieure du tronc.
Le bandage à pression est destiné à corriger les altérations dépendant de la torsion dans les cas de scolioses dorsales, et principalement la déformation thoracique. Soit un cas de scoliose dorsale à convexité droite. On confectionne un corset plâtré amovible suivant les règles techniques habituelles, en ayant soin de placer des plaques de feutre mou dans les régions aplaties ou excavées, c'est-à-dire au niveau de la région des angles costaux, à gauche et de la partie antérieure du thorax, à droite.
Lorsque le corset est appliqué de nouveau, après garni-
Fig. 75. — Bandage à traction latérale.
ture, on met alors des morceaux de feutre épais au niveau de la partie antérieure du thorax, à gauche, et de la région
à droite.
une correction importante.
la
des angles costaux,
On obtient ainsi pression obtenue dans le sens du diamètre diagonal droit, les parties creuses permettant un élargissement du thorax dans le sens du diamètre diagonal gauche primitivement raccourci.
On peut aussi pratiquer sur le corset, amovible ou inamovible, au niveau de la bosse costale postérieure, une fenêtre à travers laquelle on introduit des tampons de ouate qui sont fortement appliqués contre la
gibbosité par la pression d'une bande en caoutchouc. Pendant la confection du corset, on a soin de placer des morceaux de feutre au niveau des parties aplaties de la région antérieure du thorax, afin d'obtenir des parties creuses qui permettent à la poitrine de se dilater, lorsque la gibbosité postérieure est comprimée (Forgue).
Le bandage-ceinture de Lorenz peut être exécuté dans le but de corriger les courbures des scolioses lombaires et, aussi, de modifier la courbure dorsale de compensation.
La figure 76 représente un de ces appareils agissant
Fie 76.
Bandage-ceinture.
dans un cas de scoliose lombaire primitive à convexité gauche.
Le corset est confectionné dans la position représentée, la partie gauche du bassin élevée grâce à une semelle de liège de 2 à 3 cent., placée sous le pied gauche.
Lorsque le corset, rendu amovible, est utilisé ensuite, il maintient le redressement du rachis lombaire, en contredévialion à droite.
Lorsque le sujet est en position verticale, il incline à droite la partie supérieure du tronc, la moitié droite du thorax presse contre la partie droite et interne du bandage et corrige ainsi partiellement la déviation dorsale convexe à droite.
Le corset plâtré peut enfin être appliqué, après correction de la difformité par divers moyens : pression au moyen de plaques (pages 155, 158) ; correction par l'application d'une bande spirale en caoutchouc (fig. 173); attitudes spéciales, etc.
a). Ceinture plâtrée
Cette ceinture de soutien peut rendre des services dans quelques cas de gibbosité pottique ou par traumatisme.
Le sujet est placé en légère extension ; on enroule autour du tronc une mince couche de coton. On protège les parties saillantes et la gibbosité avec des épaisseurs de lint ou de coton. On applique ensuite des bandes plâtrées en ne remontant pas au-dessus du sommet de la gibbosité ; on moule, au-dessous, très exactement, le bassin et les hanches. La ceinture est rendue amovible et garnie de la même façon que les corsets plâtrés.
3° Lit plâtré
Le lit plâtré, sorte de gouttière rigide en plâtre, exactement moulée sur le dos du sujet placé en attitude de réclinaïson, de redressement, d'extension ou de contre-déviation, est un appareil de haute valeur qui est fréquemment indiqué dans le traitement des déviations du rachis. Il immobilise très exactement, sans pression fâcheuse localisée. Il maintient le redressement et se prête à l'extension continue. Il peut être facilement construit, à peu de frais, et maintenu dans un état de propreté parfaite. Il permet le transport facile des sujets.
Fig. 77. — Attitude en réclinaison.
1° Lit plâtré dans le traitement du mal de Pott. — a). Lit plâtré dans V attitude dite de réclinaison. — Le sujet est placé sur un plan résistant dans le décubitus abdominal, dans la position représentée dans la figure 77, avec un petit coussin sous le front, sous la région claviculaire, sous les cuisses et sous les pieds. La partie du rachis atteinte de mal de Pott ou gibbeuse doit s'affaisser vers le plan sous-jacent et prendre la forme lordotique.
On doit attendre que la contracture cède et que le rachis se mette lentement en lordose. On évite de presser sur le dos, afin d'activer l'affaissement.
Les bras sont étendus en adduction horizontale, maintenus, ainsi que la tète et les membres inférieurs, par des aides.
La tête est légèrement fléchie, l'occiput plus haut que le niveau du rachis dorsal.
Une ou deux couches de coton hydrophile recouvrent la face postérieure du corps, du vertex aux plis fessiers, ou poplités.
On évite les plis. On tasse et on déprime au niveau des jambes, entre le tronc et les bras.
On applique ensuite les bandes plâtrées.
Technique n° 1. — On peut se servir : a), de petites bandes de tarlatane coupées d'avance, qui ont la largeur donnée à la pièce de coton hydrophile, plus 1/2; b). débandes qui ont la longueur de la pièce de coton plus 1/5, que l'on applique les premières (a) transversalement, les secondes (b) longitndinalement, après les avoir trempées dans de la bouillie plâtrée.
Il vaut mieux employer les bandes plâtrées roulées qui servent à confectionner les corsets plâtrés et que l'on coupe, avec de forts ciseaux, après application, aux dimensions voulues.
On les laisse tremper dans de l'eau pendant un certain temps. On les exprime avec soin, avant l'application.
On les conduit d'abord longiludinalement depuis le vertex, par-dessus le dos, jusqu'aux plis poplités. Plusieurs systèmes de bandes sont disposés d'abord sur la ligne médiane, puis sur les côtés. Quelques-unes partent du vertex et rayonnent, ou vont en diagonale, du vertex à la moitié pelvienne correspondante.
Quelques bandes longitudinales, placées sur la partie latérale du tronc, vont du creux axillaire à la limite inférieure du lit.
Les bandes doivent être en contact exact avec le coton. On accentue par des pressions avec la main les dépressions au niveau de la tête, de la nuque, sur les côtés, au niveau des fesses et des membres inférieurs. La carapace prend la forme du corps.
Dès que la couche plâtrée a une certaine épaisseur, on place les bandes transversales du vertex à la limite inférieure de l'appareil, en les imbriquant légèrement.
On renforce avec de la bouillie plâtrée.
Technique n° 2. — Quelques orthopédistes placent le sujet en extension verticale ou horizontale. Ils enroulent autour du tronc, du cou, de la région occipito mentonnière, des bandes plâtrées.
Lorsque le plâtre est pris, ils enlèvent, avec un bistouri bien tranchant, toute la partie antérieure de l'appareil. La gouttière postérieure reste seule.
D'autres laissent subsister certaines parties du plastron antérieur, au niveau du menton, du cou, de la partie supérieure du thorax et du bassin. Il s'agit dans ces cas de véritables corsets très largement ouverts en avant.
Technique n° 3. — Au lieu de bandes plâtrées, nous employons depuis plusieurs années des pièces de tarlatane ou de toile d'emballage, imprégnées de bouillie plâtrée, appliquées suivant la technique suivante :
Le sujet est revêtu d'un jersey descendant au-dessous des genoux, la tête et la nuque protégées par une capeline de ga^e ou de calicot et placées en bonne attitude. Plusieurs épaisseurs de lint, ou une très petite quantité de coton, recouvrent les parties saillantes ou gibbeuses.
On taille dans une pièce de tarlatane composée de six à huit feuilles, un modèle ayant la forme représentée figure 78. Ce modèle est établi d'après des lignes tracées au crayon sur la tarlatane, conformes aux chiffres donnés par la mensuration en divers points, de l'hémicirconférence de la tête, du cou, du tronc et des membres inférieurs, en ajoutant 2 à
Fig. 78. — Patron de la pièce de tarlatane.
3 centimètres de chaque côté, afin de tenir compte de la rétraction qui se produit au moment de la solidification du plâtre.
On réunit les différents feuillets par quelques points de suture. On fait quelques sections sur les bords, principalement au niveau du cou, afin d'obtenir une adaptation exacte.
On gâche le plâtre et on trempe l'attelle dans la bouillie plâtrée, on l'applique sur le sujet, en évitant les plis. Quelques tours de bandes facilitent l'adaptation au niveau du cou et des plis fessiers.
De larges pièces de toile d'emballage trempées dans la
Fig. 79. - Lit plâtré.
bouillie plâtrée, renforcent le lit en divers points. Une seule épaisseur de toile suffît en général. Pour obtenir un lit plâtré très solide, pour un adulte, on peut disposer deux, ou même trois épaisseurs.
On recouvre enfin le tout par une pièce de tarlatane analogue à celle appliquée au début, ou plus simplement par quelques bandes plâtrées dirigées d'abord transversalement, puis longitudinalement.
On ajoute un peu de bouillie plâtrée et on lisse soigneusement.
On fixe tout l'appareil avec quelques tours d'une bande en vieille toile.
On obtient ainsi en quelques minutes, à peu de frais, un excellent lit plâtré très solide, très résistant.
Quelle que soit la technique employée, que le lit plâtré soit
constitué pas des bandes ou par des épaisseurs de tarlatane ou de toile d'emballage, on termine en fixant tout l'appareil par quelques tours de bande.
Après la prise du plâtre, on soulève et on enlève la coque. Le coton est retiré, la surface interne est lissée, aplatie, au ni-
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Fig. 80. — Notre modèle de lit plâtré avec support.
Fig. 81. — Position du sujet dans le lit plâtré avec support.
veau des plis ou des saillies, avec les doigts, ou avec un marteau ou un couteau. On régularise les bords, on augmente les échancrures. On découpe au niveau de l'anus et de l'entrecuisse un large orifice pour le passage des fèces et des urines. On laisse sécher, on garnit les bords avec du sparadrap ou
de l'étoffe, on imperméabilise avec une solution de gomme laque ou de paraffine.
Le lit plâtré ne doit servir que lorsqu'il est absolument sec. Avant son application, on garnit le fond de la gouttière d'une couche peu épaisse de coton, recouverte d'une serviette ou d'une couche.
Le sujet revêtu d'un maillot est placé et fixé dans la position de la figure 79.
Afin de faciliter le transport du malade couché sur son lit plâtré, on peut déposer le lit sur un hamac de toile solide, composé de sangles transversales, ou mieux encore, sur des billots en bois excavés ou sur des pièces métalliques disposées suivant les indications des figures 80 et 81.
Des poignées permettent de déplacer l'appareil en agissant soit avec la main, soit avec des poulies.
La ouate et la couche sont changées de temps en temps. On examine s'il y a quelque pression anormale et menace d'escarre.
La gouttière plâtrée peut servir comme moule destiné à faire unlit en bois rembourré en dedans avec du crin, recouvert de peau de chevreau et fixé à l'aide de billots sur une planche.
b). Lit plâtré pouf extension. — L'extension est obtenue en agissant sur la tête au moyen d'un jury-mast.
Toute la face antérieure du tronc, des clavicules aux cuisses, est soutenue par un matelas ayant une hauteur uniforme de 5 à 6 centimètres. On place, sous le front, un coussin peu épais.
La gouttière est confectionnée suivant la technique décrite plus haut. Dans les couches superficielles, on introduit un arc en fer portant un étrier transversal qui correspond à peu près au milieu des os pariétaux et qui vient donner appui à une mentonnière de Glisson.
Afin de faciliter l'application du lit plâtré et d'obtenir une bonne position en lordose du rachis, nous employons souvent l'appareil représenté fig. 82 et 83.
S'agit-il d'un mal de Pott lombaire, les sangles à coulisse
des montants pelviens sont placées au niveau du bassin et des membres inférieurs, les deux sangles mobiles, ou une seule sangle, sont tendues à la partie supérieure du thorax, la tête et les mains en bonne position, appuyées sur le croissant frontal et les poignées.
Fig. 82. — Appareil de P. Redard pour l'application des lits plâtres.
Fig. 83.
Position du sujet dans l'appareil de P. Redard.
Pour un mal de Pott dorsal, les sangles pelviennes à coulisse sont remontées au niveau de l'abdomen, une seule sangle mobile en place, ou toutes les sangles mobiles enlevées.
Pour un mal de Pott cervical, le tronc et la partie supé-
rieure du thorax sont maintenus en rectitude au moyen des diverses sangles tendues. Le croissant frontal relève plus ou moins la tête et place la portion cervicale du rachis dans la position voulue.
On peut encore se servir de l'excellent appareil de Nebel (fig. 198), très utile pour l'application des lils plâtrés en position de redressement.
Nous renvoyons à la description des appareils qui permettent d'appliquer des corsets ou des lits plâtrés pendant
Fig. 84. — Lit plâtré à détorsion.
l'attitude en récliriaison du sujet (p. 167). Voir p. 113 et fig. 114 lit à réclinaison de L. Wullstein.
2° Lit plâtré dans le traitement des déviations du rachis. — La technique pour la confection de ce lit diffère peu de celle que nous venons de décrire.
Le lit plâtré est surtout utilisé pour le traitement des déviations latérales. Le sujet est placé dans une attitude de contre-déviation, incliné du côté de la convexité de la courbure principale, des courroies impriment au tronc uue tor-
sion sur le bassin, en sens inverse de la déviation pathologique (lit plâtré à détorsion de Lorenz).
On obtient facilement la position de redressement désirable, en mettant le sujet dans l'extension horizontale obtenue avec notre appareil pour le redressement forcé des scolioses (voir page 178, fig. 206 à 208).
Le lit plâtré doit descendre assez bas jusqu'à la partie moyenne des cuisses, se terminer en haut au niveau de la septième cervicale, bien emboîter le thorax et les épaules. Il doit être muni de deux tiges verticales en fer. placées en des points opposés, qui servent à fixer la courroie à détorsion et à traction latérale, de courroies axillaires, de larges bandes en toile avec boucles qui entourent le thorax et l'abdomen.
La disposition des courroies et des bandes de traction varie suivant la forme de la difformité.
Afin d'obtenir la fixation parfaite et d'éviter le balancement, le lit plâtré est disposé sur un plancher en bois, muni de deux planchettes verticales, excavées suivant la forme extérieure de l'appareil.
La figure 84 représente un de nos modèles de lit plâtré à détorsion.
L'appareil de Nebel (voir page 175, fig. 198) permet d'immobiliser le sujet en extension. Des bandes disposées en plusieurs points maintiennent le redressement. Des tampons servent à former des creux dans lesquels se placent les parties concaves, lorsque la gibbosité sera pressée, que le rachis sera incliné en contre-déviation.
3° Le lit plâtré est très utile pour l'immobilisation dans le décubitus dorsal des paraplégies par traumatismes vertébraux. Il doit, dans ces cas, être épais, solide, résistant.
II. — Appareils constitués par de larges pièces de tarlatane Attelles et gouttières plâtrées
Les attelles (Maisonneuve) et les gouttières (F. Hergott) plâtrées, constituées par de larges pièces de tarlatane imprégnées de bouillie plâtrée, sont principalement utilisées dans
le traitement des fractures et ont des indications moins fréquentes en chirurgie orthopédique que les appareils en bandes plâtrées.
Elles ont l'avantage de laisser à découvert une partie du corps, mais elles immobilisent imparfaitement les membres.
Nous indiquerons seulement ici les règles générales qui servent pour la confection de ces appareils appliqués sur les diverses parties du corps.
La tarlatane est pliée de façon à présenter de huit à seize épaisseurs, suivant la résistance que l'on désire obtenir.
On la découpe sur le membre malade, ou mieux sur le membre sain, en donnant aux diverses dimensions un travers de doigt en plus, afin de tenir compte du retrait du plâtre.
Des incisions obliques sont pratiquées au niveau des articulations, au niveau du coude, au niveau des malléoles, afin d'obtenir l'imbrication au moment de l'application. Un surjet de gros fil, à grands points, réunit les diverses épaisseurs, à la partie médiane et sur les bords.
La bouillie plâtrée est alors préparée, en mélangeant, à parties égales, l'eau et Le plâtre à mouler, mesurés à l'aide d'un verre, cinq verres de plâtre pour trois verres d'eau froide sans sel, ou mieux, suivant l'excellent procédé des mouleurs, en « semant » le plâtre que l'on laisse échapper lentement à travers les doigts dans une cuvette à moitié remplie d'eau tiède, jusqu'à ce qu'il émerge en îlots ; alors seulement on plonge la main et on remue, de façon à obtenir une bouillie crémeuse, sans grumeaux.
La gouttière, ou l'attelle, est alors roulée dans la bouillie plâtrée, bien imprégnée par des malaxations. Elle est ensuite saisie et soulevée hors du vase par un aide, et pendant que le chirurgien faisant glisser à plat sur ses deux faces ses deux mains, ou mieux, seulement leurs bords cubitaux, la comprime et l'essorre de haut en bas.
On l'applique sur le membre préalablement lavé avec de l'eau chaude, rasé et très légèrement enduit d'huile ou de va-
seline, ou mieux, recouvert d'un tricot en fin tissu. On la maintient avec des bandes de toile, en évitant les plis, sans pression brusque et irrégulière.
Pendant la dessiccation, un aide immobilise le membre dans la position de redressement ou d'extension voulue. Des attelles, fixées quelquefois par des bandes en caoutchouc et agissant sur des points déterminés, maintiennent la correction désirée.
Pour le membi'e inférieur, on peut appliquer une simple gouttière plâtrée (Hergott) avec incisions malléolaires, ou une attelle postérieure avec ètrier (Maisonneuve).
La tarlatane peut être remplacée par du chanvre (Beely) du tricot (Braatz), de la ouate (Breger), de la toile d'emballage (P. Redard).
Nous avons décrit, page 89 et 90, la technique de la confection et de l'application des lits plâtrés constitués par de la toile d'emballage ou des pièces de tarlatane ayant plusieurs épaisseurs, imprégnées de bouillie plâtrée. Nous avons fait ressortir les avantages de ces appareils.
Nous avons signalé (p. 90) l'utilité, dans quelques cas, des attelles de renforcement obtenues par cette méthode.
Avec cette même technique, on peut aussi confectionner très rapidement des corsets plâtrés au moyen de deux valves s'imbriquant l'une sur l'autre au niveau des parties latérales du thorax.
Ces valves constituées par plusieurs épaisseurs de tarlatane, convenablement taillées, sont imprégnées de bouillie plâtrée, exactement appliquées sur le tronc, sans plis, maintenues par quelques tours de bande plâtrée ou ordinaire.