VI. ANOMALIES DES TESTICULES
Anomalies de développement des testicules. — Anorchidie. — Polyorchidie. — Hommes et chevaux triorchides, — ■ Anomalies de volume. — Atrophie et hypertrophie des testicules. — Fusion des testicules; synorchidie. — Ectopies testiculaires. — Ectopies abdominale, inguinale, cruro-scrotale et crurale. — Monocryplorchidie et dicryptorchidie.
Nous verrons successivement les anomalies de développement, les anomalies de volume et les déplacements des testicules.
Anomalies de développement. — L' anorchidie ou l'absence complète des testicules est une anomalie relativement rare ; il faut, en effet, savoir distinguer Y anorchidie vraie de la simple atrophie par arrêt de développement, qui est beaucoup plus fréquente. Cependant Grùber en signale trente et un cas absolument authentiques, parmi lesquels se trouvent vingt-trois cas d'anorchidie simple et huit cas d'anorchidie bilatérale.
Il y a des degrés dans les différentes formes connues: ainsi, il y peut y avoir absence du testicule, avec persistance de l'épididyme et du canal déférent, ou bien absence de tout l'appareil génital interne, testicule, épididyme, canal défèrent et vésicule séminale.
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Que l'anorchidie soit double ou unilatérale, limitée ou complète, elle est souvent accompagnée de malformations concomitantes, parmi lesquelles nous citerons l'atrophie de la verge et du scrotum, l'atrophie ou l'absence d'un rein, l'anus contre nature, l'exstrophie de la vessie.
Polyorchidie. — La polyorchidie, caractérisée par l'existence de plus de deux testicules chez un même individu, est une anomalie sur laquelle il faut faire souvent des réserves, car il importe de ne pas prendre, pour testicules supplémentaires, des tumeurs situées dans la gaine vaginale.
Les observations où il est parlé de quatre, et même de cinq testicules, sont très probablement mal faites et constituent des erreurs de diagnostic. On connaît pourtant des exemples positifs de triorchidie, chez l'homme et chez le cheval; c'est d'ailleurs à cette forme que se borne la polyorchidie.
Chez le cheval, nous connaissons les observations de Vauthrin, Letard, Nocard et Labat ; ce sont celles qui nous paraissent offrir le plus de garanties, mais nous regrettons cependant que les trois organes n'aient pas été examinés avec le même soin, car il est toujours possible d'objecter que, dans les deux organes enlevés d'abord par le vétérinaire, et non examinés par lui, se trouvaient un testicule et une tumeur ; le deuxième testicule, ayant effectué sa descente après la première opération, aurait été pris ensuite pour une troisième glande.
Anomalies de volume. — Quand les lesticules conservent, pendant toute la vie, les caractères qu'ils ont chez les enfants ou les très jeunes sujets, on dit qu'ils Gu nar», Tératologie js
sont frappés à! atrophie. Dans ces conditions, ils ne fonctionnent pas, l'individu est infécond, souvent même impuissant. Les cas de ce genre chez l'homme et chez les animaux, particulièrement chez le cheval et le porc, sont relativement fréquents.
L'anomalie contraire, Y hypertrophie congénitale des testicules, est très rare. Quand elle existe, elle est ordinairement liée à l'arrêt de migration ou à l'absence d'un de ces organes.
Fusion des testicules. — Nous en dirons autant de la fusion des testicules, ou synorchidie, fusion abdominale ou fusion scrotale ; une de ces formes rappellerait la disposition normale chez les batraciens, l'autre celle des kanguroos. On n'en connaît qu'un très petit nombre d'observations.
Eotopies testiculaires. — Les anomalies par déplacement, ou ectopies testiculaires, sont excessivement communes ; on estime même à 1 pour 1000 le nombre de cas qui peuvent se rencontrer chez l'homme. -
Chez les animaux, cheval et porc principalement, on les observe non moins souvent et, comme chez l'homme, elles proviennent d'arrêts de migration qui ont laissé les testicules soit dans la cavité abdominale, eclopie abdominale, soit dans le canal inguinal, ectopie inguinale*
Ces deux formes sont les plus fréquentes, mais il est possible de rencontrer aussi une ectopie cruro-scrotale et même une ectopie crurale, cas exceptionnel, à la vérité, dans lequel le testicule, sortant par l'anneau crural, vient se placer sous la peau de la région périnéale, un peu en avant de l'anus.
Quelle que soit la situation anormale occupée par les
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testicules, les ectopies de ces glandes peuvent être unilatérales ou bilatérales ; ces dernières se rencontrent moins souvent.
Pour désigner ces anomalies, on se sert couramment des termes de monorchidie, pour le déplacement simple, de cryptorchidie , pour le déplacement double.
Le dernier n'est pas mauvais ; sa signification étymologique (xpxnrcàç, caché, et opxic, testicule) exprime ce qui est ; mais le premier semble trop indiquer que le testicule non apparent n'existe pas.
Nous préférons de beaucoup les expressions de monoeryptorchidie pour le déplacement simple, et dicryptorchidie pour le déplacement double; ces expressions, proposées par Trélat et Peyrot, sont certainement plus vraies.
Le ou les testicules contenus dans l'abdomen sont toujours mous, flasques et ne produisent pas de spermatozoïdes ; les sujets cryptorchides sont, par conséquent, inféconds, mais ils conservent cependant leurs appétits sexuels.
Lorsque l'individu, homme ou animal, est simplement monocryptorchide et possède un testicule normalement placé, il peut parfaitement se reproduire ; mais on a observé que, très souvent, il transmettait ce vice de conformation à ses descendants.
Nous terminerons enfin rénumération de ces anomalies de déplacement en signalant les inversions ou changement s de situation que peuvent présenter les testicules dans les bourses elles-mêmes; inversions latérales, supérieures ou horizontales, décrites principalement par Maisonneuve et Royet, dont les conséquences et l'étude sont pour nous sans intérêt.
Nous ne traiterons pas des anomalies des canaux déférents et des vésicules séminales qui, en dehors des cas d'hermaphrodisme, sont peu nombreuses et peu intéressantes.