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II. MONSTRES POLYMÉLIENS

Caractères des polyméliens. — Genre pygomèle. — Différents types de la pygomélie. — Observations de Joly, Guérin et Lancereaux. — Genre gastromèLe. — Genre notomèle. — Genre cèphalomèle. — Genre déromèle (Joly).

Dans cette famille, le sujet accessoire n'est plus représenté que par un ou plusieurs membres, affectant des relations plus ou moins étroites avec le sujet principal, et s'insérant sur des régions variables suivant les genres.

Genre pygomèle. — Dans le genre pygomèle le ou les membres supplémentaires sont situés dans la région fessière, derrière ou entre les membres pelviens normaux (fig. 265).

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Trois cas peuvent se présenter :

1° On trouve deux membres accessoires très voisins l'un de l'autre, insérés sur un bassin très petit et très

Fig. 265. — Monstre polymélien. — ■ Pygoraèle.

imparfait, fixés entre les deux membres pelviens de l'autosite.

A cette forme nous rattachons le cas observé par Joly,

sur une vache (flg. 266). — Il y avait deux membres surnuméraires, fixés entre les membres pelviens et divisant les mamelles en deux parties. L'un de ces membres était petit, contourné, et n'avait qu'un seul sabot; l'autre présentait au contraire tous les éléments d'un membre complet.

Fig. 266. — Vache pygomèle *. Fig. 267. — Monstre

pygomèle (Lancereaux).

* A, Anus commun aux deux individus ; B, vulve de l'autosile; C, l'une des jambes postérieures du parasite; D, l'autre jambe postérieure du même, incomplètement développée; E, sabot unique de ce membre; G, testicule; H, fourreau du pénis; FL, pénis (Joly).

De plus, entre la jambe droite de l'autosite et le membre le plus développé du parasite, on voyait une tmueur assez volumineuse, offrant l'apparence d'un testicule, et ayant des rapports étroits avec un fourreau court. Ce fourreau recouvrait une sorte de pénis, par lequel on voyait l'urine s'écouler goutte à goutte. — Il existait aussi quatre trayons supplémentaires placés

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sur une même ligue à la face interne de la cuisse du parasite.

Les deux sujets étaient donc de sexe différent ; mais ce n'est pas là le seul fait intéressant. — L'autosite ayant mis bas, 011 vit deux des trayons du taureau parasite, donner une assez grande quantité de lait; ce qui démontrait encore les relations étroites qui existaient entre les deux individus.

2° Dans la deuxième forme, on trouve deux membres souvent incomplets, confondus en un seul sur une partie plus ou moins grande ou sur la totalité de leur longueur.

C'est le cas de Gustave Evrard, jeune garçon de quatorze ans, cité par Jules Guérin, qui présentait, sur la fesse gaucbe, un arrière- train supplémentaire, véritable greffe animale composée d'une portion de bassin et d'une cuisse unique, laquelle donnait insertion à deux jambes terminées par deux pieds.

3° Enfin dans le troisième type on ne voit qu'un seul membre accessoire, plus ou moins incomplet, souvent rudimentaire, fixé en des points variables de la région fessière.

Nous pourrions multiplier les exemples de pygomélie rencontréssoitchez l'homme, soitcliez lesanimaux, mais, pour finir, nous rappellerons le cas curieux observé par Lancereaux sur un jeune Portugais (fig. 267).

Cet individu avait deux membres pelviens supplémentaires, fusionnés et incomplets, attachés à la partie inférieure du bassin, au niveau de l'arcade pubienne, et formant un appendice qui pendait entre les deux cuisses.

Ce sujet était, de plus, porteur de deux pénis, pa-

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rallèleraent disposés, et pouvant, paraît-il, fonctionner simultanément. — Il y avait bien deux scrotums, mais chacun ne contenait qu'un testicule.

La pygomélie est assez commune chez les oiseaux.

Genre gastromèle. — Dans le genre gaslromèle, on trouve un ou deux membres accessoires, insérés en avant de l'abdomen, entre les membres thoraciques du sujet principal, sans relations directes avec aucune partie du squelette de ce dernier. — C'est une monstruosité assez rare, se rencontrant le plus souvent chez les ovidés.

Fia. 26*. — Monstre polymélien, — Noloraéle.

Genre notomèle. — L'insertion d'un ou deux membres supplémentaires, sur le dos du sujet principal, caractérise le genre notomèle. Ce sont surtout les ani-

Le mode d'insertion de l'organe accessoire est va fiable. — Tantôt il affecte des relations directes avec

certaines pièces du squelette de l'autosite, le sommet des omoplates par exemple (voir fig. 269), tantôt il est greffé au sein d'une tumeur volumineuse qui se trouve fixée sur le dos, sans connexions directes avec le squelette du sujet principal.

Fig. 270. - Monstre polymèlien. — Céphaloinèle. (Is. Geoffroy-Saint-Hilaire).

En 1886, nous avons observé à Saint -Etienne, un cas de ce genre. 11 s'agissait d'une vache dont le dos était orné d'une tumeur énorme, ayant à sa base les dimensions d'un seau. — Cette tumeur molle et fluctuante tombait sur le côté et se terminait par un membre '

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complet, pourvu de quatre doigts ; les pièces osseuses supérieures se perdaient au sein de la masse qui les supportait et n'avaient aucune adhérence avec le squelette du sujet principal. En soulevant la tumeur on apercevait très bien deux mamelles glabres, recouvertes d'une peau fine, pourvues de petits mamelons aréoles, ce qui achevait de leur donner l'apparence de seins de femme ; particularité que ne manquait pas d'exploiter le barnum auquel appartenait la vache.

Genre céphalomèle. — Quand l'insertion d'un membre supplémentaire se fait sur la tête, on a affaire au genre céphalomèle, dont on a observé des types chez les oiseaux, le canard en particulier (fig. 270).

Genre déromèle. — Joly a enfin ajouté à cette série un genre nouveau qu'il a étudié sur un agneau, et qui pour lui constitue le genre déromèle, ce qui signifie membre sur le cou. Il le définit de la façon suivante : Un ou deux membres accessoires, fixés sur le cou du sujet principal et soudés aux vertèbres delà région cervicale.

Tribu III. — Le parasite est inclus dans le sujet principal.

Dans les monstres doubles parasitaires appartenant à cette tribu, le sujet accessoire étant inclus et plus ou moins caché dans le sujet principal, la duplicité n'est plus aussi évidente que dans les genres précédents. — On ne trouve qu'une seule famille, celle des monstres doubles par inclusion ou endocymiens.

MONSTRES ENDOGYMIENS

Distinction des deux formes d'endocymiens. — Genre dermocyme.

Genre endocyme. — Inclusions abdominales, rectales, vaginales, etc.

Il y a deux formes principales dans cette famille : 1° le sujet parasite occupe une situation superficielle, genre dermocyme; 2° le sujet parasite est plus profondément situé et se trouve dans une des cavités de l'autosite, genre endocyme.

Genre dermocyme. — Dans la monstruosité par inclusion superficielle, genre dermocyme, l'autosite présente dans certaines régions du corps, le plus souvent dans la partie postérieure et inférieure du tronc, une tumeur faisant saillie au-dehors, tumeur constituée par une poche sous- cutanée, qui contient le parasite.

Genre endocyme. — Dans la monstruosité double par inclusion profonde, genre endocyme, la poche qui renferme le parasite est contenue, soit dans l'abdomen, soit dans le rectum, soit dans l'utérus ou le vagin, soit enfin, dans les bourses du sujet principal, devenant ainsi la cause de désordres fonctionnels, souvent très graves.

Les cas d'inclusion abdominale chez l'homme sont assez nombreux et sans nous arrêter à la citation d'un fait particulier, nous noterons qu'ils se caractérisent par la présence, dans l'abdomen, de poches plus ou moins volumineuses contenant soit un embryon entier, mais très imparfait, soit des fragments d'os, de poils, de muscles, etc., disséminés au sein d'un amas liquide ou graisseux.

ENDOCYMIENS .',87

Quand le sujet qui naît porteur d'une semblable monstruosité peut vivre et grandir, il est ordinaire de lui voir présenter, à un moment donné, une série de troubles et de symptômes, qui dépendent de la gêne apportée aux fonctions des organes abdominaux par le développement souvent excessif de la tumeur parasi - Ltaire.

En 1863, Lbommea publié une observation de fœtus in f'œlu, qu'il a rencontrée sur une jeune mule. — Le wentre de cet animal était énorme, fluctuant ; il contenait un sujet parasite, dans une pocbe qui paraissait -s'attacher au niveau de la grande mésentérique, par un ligament suspenseur. — Ce parasite était bien dessiné; il aavait une tète circonscrite, avec des yeux très rapprochés, une bouche grande, des oreilles pendantes, des maxillaires à l'état cartilagineux, mais pas de crâne ni de colonne vertébrale. Quelques points osseux mé- Ilangés à un tissu rouge noirâtre, de composition très ccomplexe, représentaient les autres organes.

Plusieurs cas semblables ont été observés depuis dans d'autres espèces.

Comme exemple d'inclusion foetale dans le rectum, nous citerons l'observation faite par Bouchacourt, sur urne jeune fille de six ans, à laquelle il extirpa une itumeur. intra-rectale du poids de 70 grammes. — Cette Humeur, recouverte d'un tégument épais et rosé, semblable à la peau d'un enfant, pourvue, sur une de •ses faces, de poils assez longs, contenait un os arrondi, qui supportait trois dents et se trouvait mélangé, avec d'autres fragments osseux, au milieu d'un tissu fîbro - .graisseux qui formait la masse.

Nous ne parlerons pas des cas d'inclusion dans les

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bourses et nous terminerons en rappelant que Pipet, d'Yssingeaux, a vu une petite chienne de cinq semaines, qui a rejeté par les organes génitaux un autre fœtus, I dont l'organisation était assez régulière.

Ce cas d'inclusion utérine n'est d'ailleurs pas le seul que l'on connaisse.

On a observé aussi des cas d'inclusion testiculaire, ovarienne, stomacale, intestinale, etc., mais ils sont , beaucoup moins fréquents que les précédents et se rattachent toujours au genre endooyme.

Pour compléter ce qui a trait à cette monstruosité, nous rappellerons encore que l'organisation du fœtus inclus est toujours très simple et très imparfaite. Tantôt il représente un monstre paracèphalien ou un acèphalien; tantôt, au contraire, ce n'est qu'une masse informe d'os, de dents et de poils, comparable à un anidien.

Chez les femelles en âge de reproduire, on trouve, quelquefois, des fœtus développés dans la cavité abdominale; ce sont des cas de gestation extra-utérine qui ne doivent pas être confondus avec les monstruosités doubles par inclusion.

De même il ne faut pas davantage prendre pour des kystes fœtaux, les kystes dermoïdes dont nous avons déjà parlé; ils ne constituent pas des êtres accessoires parasites, mais de simples développements hétérotopiques de quelques tissus ou organes.

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