CHAPITRE VI
MONSTRES DOUBLES COMPLEXES
Ce qu'il faut entendre par monstres doubles complexes. — Exemples de cette forme; observations de Leroux, Dareste, Goubaux, etc. — Désignation des types complexes.
Nous comprendrons par la désignation de monstres doubles complexes, les êtres qui, par leur mode d'union et de division, ne se rattachent pas exclusivement à un ides genres précédemment décrits, mais présentent une réunion des caractères de deux genres différents.
En effet, les monstres composés que nous avons étuidiés jusqu'ici, représentent les formes les plus habituelles, et tous les êtres doubles, qui se rencontrent ordinairement, peuvent être classés dans un des groupes précédemment déterminés. Mais ce ne sont pas les seuls types possibles. — On trouve parfois sur un même monstre un mélange des caractères de deux types et aine conformation qui, d'une part, appartient à un genre, et d'autre part, à un genre différent. Il est alors assez [difficile de classer le sujet, car, si on le compare aux formes connues, il montre une organisation beaucoup plus complexe.
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Ce sont ces monstres que nous avons voulu signaler et que nous isolons dans un chapitre spécial, pour n'avoir pas à compliquer la classification d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, par des intercalations difficiles à faire et ne comportant que des exceptions.
Nous bornerons notre étude à la citation de quelques faits.
En 1863, Leroux a décrit un monstre humain à la fois xiphopage et ischiopage, chez lequel les deux cavités thoraciques étaient indépendantes, mais qui avait une cavité abdominale unique. Ce sujet avait quatre poumons et deux cœurs bien conformés.
M. Dareste a étudié un monstre qui était simple dans la partie moyenne du corps et double à chaque extrémité, montrant une combinaison curieuse de Yiléadelp/iie et de Yopodymie.
Un squelette d'agneau, appartenant aux collections de l'École vétérinaire de Lyon, présente une conformation un peu analogue h la précédente. Simple au milieu du tronc, il est pourvu d'une face double et d'une division du train postérieur, qui est intermédiaire entre la conformation d'un thoradelphe et celle d'un iléadelphe.
Goubaux a disséqué un sujet plus intéressant encore. — Comme les précédents, il était simple dans la partie moyenne du corps, n'ayant qu'une seule poitrine et deux membres thoraciques, mais double à chaque extrémité.
L'une de ces extrémités était constituéepar deux cous, supportant deux tètes, comme dans la dèrodymie, l'autre par deux bassins et quatre membres pelviens, comme dans la thorodelphie.—Ce sont des êtres qu'on pourrait qualifier de monstres en X, si on les comparait à ceux des autres tribus de la même classe.
MONSTRES DOUBLES COMPLEXES
On [a cité d'autres formes plus simples, telle que l'existence de sujet synote d'un côté, iniopede l'autre etc.
Ce sont, en somme des exceptions, mais des exceptions sur l'existence desquelles il faut être prévenu. Sans songer le moins du monde à en faire des genres nouveaux et des familles particulières, nous les distin guerons simplement parle nom de monstruosités doubles complexes et qualifierons chaque cas en nous servant des termes déjà adoptés pour les monstres doubles, termes que nous associerons pour faire comprendre l'organisation de chaque type.
Ainsi le sujet de M. Dareste pourra être appelé monstre double iléadelpho-opodyme, celui de Goubaux monstre double thoradelpho- dérodyme, etc. De cette façon, on s'entendra parfaitement sur la conformation générale de chacun de ces monstres, d'ailleurs très rares.