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CHAPITRE YII

MONSTRES TRIPLES

Définition de la monstruosité triple. — Mode d'union des sujets composants la monstruosité triple. — Observations de Lycosthène. d'Ambroise Paré et deGalvagni. — Monstres triples parasitaires étudiés par M. Lesbre, par Gaetano et par Fattoria. — Monstruosités multiples. - Monstruosités complexes.

Les monstres triples sont ceux qui renferment les éléments complets ou incomplets de trois individus. Ils sont excessivement rares.

Dans la monstruosité triple, on ne rencontre qu'exceptionnellement, pour ne pas dire jamais, trois individus unis tous ensemble et reliés par un même point. Le plus ordinairement un premier individu s'unit à un second, et celui-ci, placé intermédiairement, est uni avec le troisième. De cette façon, la monstruosité triple se ramène à deux monstruosités doubles, l'une résultant de l'union du premier jumeau avec le second, l'autre du second ou intermédiaire, avec le troisième.

Dans un premier cas, les deux individus extrêmes peuvent avoir le même degré de développement, et s'unir de la même manière avec le sujet intermédiaire; alors le monstre triple est symétrique et réductible a deux fois la même monstruosité double.

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Dans un deuxième cas, au contraire, les deux individus extrêmes différent entre eux par le degré de leur développement, ou parleur mode d'union, avec l'inter- .médiaire; alors la monstruosité triple est asymétrique et correspond à deux monstruosités doubles.

Un exemple de la première forme est mentionné par ILycosthène, qui dit avoir vu trois fœtus de chatte, réunis [latéralement dans la région sus- ombilicale ; c'était un wéritable monstre triple symétrique, monomphalien biœiphopage.

Dans les œuvres d'Ambroise Paré on voit représenter lia figure d'un agneau ayant trois tètes (fig. 271). Cet :iagneau « naquit au village nommé Blandy, une lieue et

Fig. 271. — Monstre triple, bi-iniodyme (Amb. Paré).

#mie près Melun. Maistre lean Bellanger, chirurgien, demeurant en la ville de Melun, affirme l'avoir veu, et m a fait portraire la figure, laquelle a été créée et vendue par ceste ville de Paris, avec privilège. »

Si le cas est bien authentique, il s'agissait d'un nions ire triple symétrique, monosomien bi-iniodyme.

La figure représente, en effet, trois têtes dont une,

Glinard, Tératologie. gg

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celle du milieu, est plus grosse que les autres, qui sont unies latéralement à elle par la région occipitale.

Galvagni, de Catane, a vu un monstrejiumain présentant deux cous ; le premier portait une tête normale ;

le second donnait insertion à deux têtes distinctes, il y avait à la fois dèrodymie et allodymie. Aussi ce monstre triple asymétrique pou vait-il être très justement nommé tri-dêroatlochjme (fig. 272).

Le monstre porcin ' étudié par M. Lesbre, monstre hêlèradelphe et augnalhe, constitue sans aucun doute un exemple de monstruosité triple bi- :

parasitaire.

En effet, le parasite hétéradelphe, réduit à une paire de membres postérieurs, greffés sur le côté gauche de l'autosite, et la mâchoire surnuméraire, fixée à l'extrémité de la mâchoire inférieure du même sujet, ne peuvent pas être considérés comme appartenant à un seul individu, car s'il en était ainsi, il faudrait supposer que le tronc de cet individu parasite a été absorbé par le. tronc de l'autosite, ce qui n'est pas facile à comprendre, étant donné le mode de jonction (bout à bout et en sens inverse) delà mâchoire surnuméraire avec la mâchoire du sujet principal.

Fia. 272.

- Monstre tri-déro-atlodyme humain.

MONSTRES TRIPLES /,<),-

D'ailleurs ce n'est pas la seule observation de monstruosité triple biparasitaire que nous ayons à enregistre r.

La famille des endocymiens en a déjà offert deux exemples : l'un dû à Gaetono-Nocito, cité par Phili— [peaux; l'autre publié par Fattoria, de Pavie, cité par (Cruveilhier.

Dans le cas de Gaetano, il s'agit d'un homme mort à ttrente-deux ans, dont la mère avait eu plusieurs grosssesses doubles. — A l'âge de vingt-sept ans cet individu aavait été pris de vives douleurs à l'hypocondre droit et iil s'était formé là un énorme abcès. Cet abcès s'était oouvert spontanément et il en était sorti les restes osseux et macérés de deux embryons humains, qui, d'après la llongueur des tibias, devaient avoir l'un deux mois, d'autre trois mois de vie intra-utérine.

Pour expliquer cette monstruosité triple par inclusion, Philipeaux invoque une compression ayant déterminé l'arrêt de développement des deux parasites et leur ^pénétration, dans l'autosite, par l'ouverture ombilicale, vrers la première quinzaine de la gestation?

L'existence de monstruosités plus que triples est absolument douteuse, et il n'y a pas lieu de s'arrêter aux récits fantastiques ayant trait à l'histoire de certains monstres humains à sept bras et à sept têtes avec uin seul corps. Tous les faits de ce genre, qui ont été rapportés, même par des auteurs consciencieux, sont empreints d'un caractère fabuleux qui leur enlève toute authenticité, et les savants, qui de bonne foi les ont Récrits, ont certainement été victimes de grossières ■supercheries.

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