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VIII. LOIS DES VARIATIONS ET DU DEVELOPPEMENT ANORMAL

Lois de corrélation; du balancement organique; des répétitions; du développement tardif; du développement centripète; des connexions; d'union des parties similaires.

Nous sommes amenés tout naturellement à parler des [lois des variations et des anomalies.

L'exposé de ces lois n'appartient pas exclusivement au tératologiste, car, se réduisant en somme aux lois générales de l'organisation, elles intéressent tous ceux qui s'occupent de sciences biologiques. — Nous en avons trouvé des énoncés très clairs dans l'ouvrage de M. le professeur Cornevin \ aussi, il nous semble que nous ne pouvons mieux faire que de les reproduire dans [Tordre indiqué par cet auteur, en y ajoutant celles qui ont des applications plus immédiates à la tératologie.

1° Loi de corrélation. — La première, dite loi de ^corrélation ou des variations corrélatives (Darwin), est lidue à Guvier.

Elle exprime qu'une conformation ou modification organique en entraîne d'autres nécessairement. Les exe mples les plus beaux se trouvent en anatomie comparée, mais certains faits anormaux la démontrent également. 11 nous suffira de rappeler la corrélation qui existe entre le nombre, la disposition des dents et les dimensions de la face.

2° Loi du balancement organique. — Plus intéressante pour le tératologiste, cette loi, dueàE. Geoffroy -

1 Ch. Cornevin, Traite de zootechnie générale, Paris 1891.

r,o GÉNÉRALITÉS

Saint-Hilaire, nous apprend que l'atrophie ou l'excès de développement d'un organe, d'une série d'organes, est toujours compensée par une modification en sens contraire des organes voisins. — Les individus dont nous parlerons plus loin sous le nom à! hommes-chiens, à cause de la longueur exagérée et de l'abondance des poils qui couvraient leur corps, se faisaient remarquer par leur dentition très imparfaite.

3° Loi des répétitions organiques. — Désignée par Darwin sous le nom de loi de la variabilité des par lies multiples, formulée par Milne-Edwards, cette troisième loi exprime que les organes les plus variables sont ceux qui ont plusieurs homologues placés en série, comme les doigts, les dents, les vertèbres, les côtes, les mamelles, etc.

4° Loi du développement tardif (Isidore Geoffroy - Saint-Hilaire). — Toutes choses égales d'ailleurs, ce sont les organes dont le développement complet est le plus tardif, qui sont les plus variables.

La fréquence des anomalies des organes génitaux en est un exemple.

5° Loi du développement centripète . — Nous lui conservons ce titre, car c'est ainsi qu'elle a été indiquée par Serres.

Réduite à ce qu'elle a de vrai, cette loi exprime que les parties périphériques d'un système ou d'un appareil sont plus constantes que ses parties centrales ; par exemple, les vaisseaux plus que le cœur, les nerfs plus que l'axe cérébro-spinal.

6° Loi des connexions . — Celle-ci est due à Isidore Geoffroy-Saint- Hilaire ; elle indique que les organes gardent toujours les relations qu'ils ont entre eux et

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